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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402792

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402792

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402792
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Arvis demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision référencée 48 SI en date du 21 mai 2024 portant invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 15 juillet 2024 sous le n°2402791 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code autorise le juge des référés à rejeter, par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire et sans audience, une demande en référé notamment lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision d'invalidation d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision 48 SI en date du 21 mai 2024 constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, M. B soutient qu'il appartient à la communauté des gens du voyage, qu'il est président de deux associations de défense des intérêts de cette communauté, qu'il est régulièrement présent, en sa qualité de membre de toutes les commissions départementales, sur l'ensemble du territoire national pour assister à des réunions de travail relatives à la préparation des grands passages estivaux des gens du voyage ainsi que cela ressort des courriels des préfectures produits et du courrier du préfet référent ministériel pour les gens du voyage, qu'il est membre de la commission nationale consultative des gens du voyage et enfin qu'en tant que pasteur évangéliste il se rend à des grands rassemblements évangéliques. Toutefois, d'une part il n'établit pas qu'il ne pourrait pas se rendre aux différentes réunions ministérielles et préfectorales en transport commun, les différents lieux de réunion se situant soit à Paris, soit en préfecture de département, ni qu'il ne pourrait pas être accompagné lorsqu'il se rend aux manifestations cultuelles auxquelles, comme il le relève, assistent des milliers de personnes. D'autre part, il ressort des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B qu'entre mai 2018 et mars 2023, M. B a commis six infractions au code de la route (entraînant une perte de 12 points), dont trois ayant entraîné chacune la perte de trois points. Cette situation révèle une méconnaissance grave et réitérée des dispositions du code la route. Ainsi, eu égard à la fréquence et à la gravité des infractions commises au code de la route par le requérant, l'invalidation de son permis de conduire répond à des exigences de protection et de sécurité routière. Par suite, et à supposer même que l'invalidation de son permis de conduire rendait moins aisée son activité de défense des intérêts des membres de la communauté des gens du voyage, les exigences qui s'attachent à l'intérêt public de la sécurité routière font obstacle à ce que la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, soit regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Rouen, le 19 juillet 2024.

La juge des référés,

C. VAN MUYLDER

La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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