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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402793

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402793

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402793
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantNDAYISABA

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I.- Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, sous le n° 2402793, M. C D, représenté par Me Ndayisaba, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé son transfert aux autorités suédoises ;

2°) d'enjoindre au préfet d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 17 du pacte international relatif aux droits civils et politiques et de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- il méconnaît les dispositions du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est exposé à un risque de renvoi par ricochet.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. D a déposé une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 3 juillet 2024.

II.- Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, sous le n° 2402813, Mme B E, représentée par Me Ndayisaba, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé son transfert aux autorités suédoises ;

2°) d'enjoindre au préfet d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 17 du pacte international relatif aux droits civils et politiques et de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- il méconnaît les dispositions du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle est exposée à un risque de renvoi par ricochet.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un courrier du 17 juillet 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête en raison de sa tardiveté, faute d'avoir été introduite dans le délai de quinze jours suivant la notification de l'arrêté attaqué.

Mme E a présenté des observations en réponse enregistrées le 22 juillet 2024.

Mme E a déposé une demande d'aide juridictionnelle enregistrée au greffe du tribunal le 16 juillet 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le pacte international relatif aux droits civils et politiques ;

- la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 modifié ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;

- l'avis n° 438152 du 1er juillet 2020 du Conseil d'Etat ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 2 avril 2024, le président du tribunal a désigné M. A comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 25 juillet 2024, après avoir présenté son rapport, le magistrat désigné a entendu les observations de Me Ndayisaba représentant M. D et Mme E, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête et a produit des pièces à l'audience dans les deux instances. Après avoir rappelé, s'agissant de la requête de Mme E, qu'il avait rencontré des difficultés informatiques ayant fait obstacle à ce qu'il dépose sa requête le 15 juillet, concomitamment à celle pour son époux, il a ajouté, pour les deux requérants, que ceux-ci ont été victimes de persécutions au Rwanda, M. D étant considéré à tort comme un opposant au régime, membre d'une organisation considérée terroriste et qu'en cas de transfert en Suède, où ils ont fait l'objet d'une mesure d'éloignement après le rejet de leurs demandes d'asile, ils seraient renvoyés au Rwanda, où ils subiront de nouveau des actes de torture et des traitements inhumains. Il a à cet égard souligné les conséquences psychologiques des sévices déjà subis par M. D. Il a enfin relevé que l'état de santé de l'enfant du couple n'a pas été pris en charge en Suède. Ont également été entendues les observations de M. D, qui a apporté des précisions sur les risques encourus en cas de retour au Rwanda et sur les conditions de son séjour en Suède. Il a par ailleurs insisté sur l'intensité de ses liens avec la France. Ont enfin été entendues les observations de Mme E.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était pas présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, à 11 h 44, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes nos 2402793 et 2402813, qui concernent la situation administrative d'un couple de ressortissants étrangers, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

2. M. C D, ressortissant rwandais né le 23 juillet 1978, et Mme B E, son épouse, née le 2 mars 1982 et de même nationalité, ont déposé une demande d'asile, le 28 mai 2024, en préfecture de la Seine-Maritime. La consultation du fichier Eurodac, après relevé de leurs empreintes, a permis de constater que M. D et Mme E ont été identifiés, le 6 février 2023, comme demandeurs d'asile par les autorités suédoises, qui ont accepté la requête aux fins de reprise en charge des autorités françaises. Par les arrêtés attaqués du 5 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime a décidé le transfert de M. D et de Mme E aux autorités suédoises.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 susvisé : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application des dispositions précitées.

5. En second lieu, aux termes de l'article 38 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " La contribution versée par l'Etat est réduite, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, lorsqu'un avocat ou un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est chargé d'une série d'affaires présentant à juger des questions semblables ". Aux termes de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020 susvisé : " La part contributive versée par l'Etat à l'avocat, ou à l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, choisi ou désigné pour assister plusieurs personnes dans une procédure reposant sur les mêmes faits en matière pénale ou dans un litige reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire dans les autres matières est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire, de 40 % pour la troisième, de 50 % pour la quatrième et de 60 % pour la cinquième et s'il y a lieu pour les affaires supplémentaires ".

6. Dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 1, les requêtes nos 2402793 et 2402813 concernent la situation administrative d'un couple de ressortissants étrangers qui, assistés d'un même avocat, conduisent à trancher des questions semblables, la part contributive de l'Etat sera réduite de 30 % dans l'instance n° 2402813 en application des dispositions précitées.

Sur la requête n° 2402793 :

7. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. D'autre part, aux termes de l'article 17 du pacte international relatif aux droits civils et politiques : " 1. Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. / 2. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ".

9. Enfin, aux termes de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications ".

10. M. D fait valoir qu'il a rejoint en France la cousine de son épouse et une de leurs amis, ancienne collègue de travail de cette dernière, qui se sont toutes deux vues reconnaître la qualité de réfugiée. Il indique également que l'aîné de ses enfants est scolarisé et que le second est en passe de l'être. Toutefois, en dehors d'attestations des intéressées, il n'apporte aucune pièce pour établir d'une part, le lien de parenté allégué, et d'autre part, l'ancienneté et l'intensité de la relation amicale invoquée. Les allégations quant à la scolarité des enfants ne sont pas davantage démontrées. Par suite, et alors en outre que la présence en France de M. D est très récente et qu'il n'y dispose pas d'attaches significatives, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées doivent être écartés.

11. En dernier lieu et d'une part, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat ".

12. La faculté laissée à chaque Etat membre par l'article 17 du règlement cité au point précédent de décider d'examiner une demande d'asile qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés par ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

13. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. Enfin, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " () / 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable () ".

15. Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.

16. D'une part, M. D n'apporte aucune pièce permettant d'établir les défaillances rencontrées en Suède concernant la prise en charge de l'état de santé de son enfant. Il n'en produit pas davantage pour démontrer qu'il ne pourrait pas subir l'opération envisagée en France et bénéficier de soins appropriés, ni même qu'il encourt un risque d'aggravation irrémédiable de son état de santé. D'autre part, à supposer même établis les risques encourus en cas de retour au Rwanda dont M. D fait état, en produisant une attestation de l'avocat l'ayant défendu en Suède et le pourvoi formé contre la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, il n'établit pas avoir épuisé les voies de recours ouvertes contre cette mesure, dont l'exécution conduirait à l'éloigner vers son pays d'origine et à l'exposer au risque évoqué. Il ne démontre pas davantage que les autorités suédoises ne procèderont pas à un examen particulier de sa situation, au regard des stipulations citées au point 13, compte tenu de ce risque, ni qu'il n'existe en Suède aucune voie administrative ou juridictionnelle permettant, le cas échéant, en urgence, le réexamen de sa situation avant que les autorités de cet Etat ne procèdent à son éloignement. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 17 cité au point 11 et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées doivent être écartés.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 5 juin 2024 du préfet de la Seine-Maritime doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Sur la requête n° 2402813 :

19. Aux termes de l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction antérieure à sa modification par l'article 72 de la loi du 26 janvier 2024 susvisée pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, applicable au litige : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de transfert mentionnée à l'article L. 572-1 peut, dans les conditions et délais prévus à la présente section, en demander l'annulation au président du tribunal administratif. () ". Aux termes de l'article L. 572-5 du même code, dans la même rédaction, applicable au litige : " Lorsque la décision de transfert est notifiée sans assignation à résidence ou placement en rétention de l'étranger, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. () ".

20. Les délais de contestation de la décision de transfert, en particulier le délai de quinze jours, doivent être regardés comme des délais non-francs. Lorsque le délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il y a lieu, par application de l'article 642 du code de procédure civile, d'admettre la recevabilité d'une demande présentée le premier jour ouvrable suivant.

21. Il ressort des pièces du dossier que Mme E s'est vue notifier, en main propre, l'arrêté attaqué, ainsi qu'une notice comportant une mention régulière des voies et délais de recours, le 1er juillet 2024. Ainsi, sa requête, qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 16 juillet 2024, l'a été après l'expiration du délai de quinze jours prévu par les dispositions précitées. Si l'intéressée fait valoir que son conseil a rencontré des difficultés informatiques persistantes pour déposer sa requête dans le délai requis, elle n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de ses allégations, alors en outre que rien ne faisait obstacle à ce que sa requête soit déposée par tout autre moyen, à titre conservatoire, à charge pour son conseil de la régulariser par la suite sur l'application Télérecours. Par suite, la requête de Mme E est dès lors tardive et doit être rejetée comme irrecevable.

22. Au surplus et en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme E, identiques à ceux invoqués dans la requête n° 2402793 et exposés dans les mêmes termes, doivent être écartés pour les mêmes motifs.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 5 juin 2024 du préfet de la Seine-Maritime doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. D et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans les conditions fixées aux points 4 et 6 du jugement.

Article 2 : Les requêtes de M. D et de Mme E sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme B E, à Me Ndayisaba et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

J. ALa greffière,

A. Lenfant

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2402793 ; 2402813

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