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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402800

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402800

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402800
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête de M. A contestant un arrêté de non-opposition à déclaration préalable pour des travaux d'isolation. Les conclusions à fin d'annulation ont été jugées manifestement irrecevables, faute pour le requérant d'avoir justifié de la notification obligatoire de son recours au titulaire de l'autorisation et à la commune, conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Les conclusions indemnitaires dirigées contre le particulier ont été rejetées car relevant de la compétence du juge judiciaire. Enfin, les conclusions indemnitaires contre la commune ont été rejetées pour irrecevabilité manifeste, en l'absence de décision préalable de l'administration sur une demande indemnitaire, comme l'exigent les articles R. 421-1 du code de justice administrative et L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 juillet, 7 août et 14 octobre 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° DP 76540 24 M0400 en date du 21 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Rouen ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. C D en vue d'une isolation et d'un essentage en ardoise d'une maison d'habitation, sur un terrain situé au 67 rue d'Ernemont ;

2°) de condamner M. D à lui verser une somme de 10 000 euros au titre des préjudices causés et des risques d'inondation et de destruction de sa maison ;

3°) de condamner la commune de Rouen à lui verser une somme de 5 000 euros au titre des préjudices moral et financier subis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas () de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. (). / L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt () du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ".

3. Une demande de régularisation a été adressée par le greffe par un courrier du 16 juillet 2024, reçu par le requérant le 18 juillet 2024, afin que le requérant produise la preuve qu'il s'est conformé à l'obligation posée par les dispositions de l'article R. 600-1 précité du code de l'urbanisme. Si M. A a annoncé, dans un mémoire enregistré le 7 août 2024, qu'il avait notifié son recours contentieux à la commune de Rouen et au titulaire de l'autorisation, il n'a pas fourni les certificats de dépôt des lettres recommandées qu'il aurait adressées, et n'a produit aucune autre preuve établissant qu'il aurait procédé à la notification de son recours dans les conditions prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 21 juin 2024 par lequel le maire de Rouen ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. D, qui n'ont pas été régularisées, doivent être rejetées comme manifestement irrecevables.

En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :

4. En premier lieu, les conclusions indemnitaires de M. A à l'encontre de M. D au titre des préjudices causés par les travaux réalisés et des risques d'inondation et de destruction de sa maison relèvent manifestement de la compétence du juge judiciaire. Dès lors, il y a lieu de rejeter ces conclusions comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

5. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". En vertu de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet lorsque la demande présente un caractère financier.

6. En l'espèce, d'une part, le courrier en date du 10 octobre 2024 que M. A a adressé à la commune de Rouen à la suite de la demande de régularisation adressée par le tribunal ne comporte aucune demande claire tendant à ce que la commune de Rouen lui verse une indemnité en réparation de préjudices liés à l'illégalité de la décision du 21 juin 2024 portant non opposition à la déclaration préalable déposée par M. D. D'autre part et en tout état de cause, à la date de la présente ordonnance, aucune décision n'est intervenue de la part de la commune de Rouen sur la demande indemnitaire préalable de M. A qui serait contenue dans ledit courrier du 10 octobre 2024. Par suite, en application des dispositions précitées, les conclusions indemnitaires présentées par le requérant à l'encontre de la commune de Rouen sont donc manifestement irrecevables.

7. Par conséquent, la requête de M. A, qui n'a pas été régularisée, comporte des conclusions présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre d'une part, et est entachée d'autre part d'irrecevabilités manifestes, de sorte qu'elle peut être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Les conclusions indemnitaires présentées par M. A à l'encontre de M. D sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Rouen, le 5 novembre 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

C. Galle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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