mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402822 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | LAUNOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, M. A, représenté par Me Launois, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 novembre 2023 par laquelle la commission de médiation de la Seine-Maritime a rejeté son recours tendant à reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement présentée sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 441-2-3, II du code de la construction et de l'habitation ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation concernant sa situation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, en application de l'article R. 778-3 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à cet article.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon, greffier, le rapport de Mme Van Muylder.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a saisi le 24 juillet 2023 la commission de médiation du département de la Seine-Maritime d'un recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, au motif qu'il est dépourvu de logement ou qu'il est hébergé chez un particulier. Par une décision du 22 novembre 2023, la commission de médiation a rejeté son recours. M. A demande l'annulation de la décision de la commission de médiation du 22 novembre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter sa demande, la commission de médiation s'est fondée sur les dispositions des articles L. 300-1 et L. 441-2-3, II, du code de la construction et de l'habitation. La commission a retenu que le requérant a déclaré qu'il ne souhaitait pas de logement dans le parc social après avoir manqué un rendez-vous proposé par l'Association Garantie Logement, qu'ainsi faute d'éléments permettant une évaluation aboutie, il n'y avait pas lieu de déclarer M. A comme prioritaire et devant être logé en urgence. Ces considérations sont suffisamment développées pour avoir mis le requérant à même d'en apprécier la valeur et d'en discuter la légalité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; / () / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ".
4. Pour rejeter le recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. A, la commission de médiation de la Seine-Maritime a retenu que les conclusions du diagnostic social qu'elle a demandé révèlent que le requérant ne s'est pas présenté au rendez-vous proposé par l'Association Garantie Logement (AGL) et que celui-ci a précisé qu'il ne souhaitait pas de logement dans le parc social, que faute d'éléments supplémentaires elle ne pouvait désigner M. A comme prioritaire et devant être logé en urgence.
5. Selon les termes mêmes de la décision attaquée, M. A a effectué une demande de logement social depuis plus de dix-huit mois. Dès lors, il pouvait saisir la commission de médiation d'un recours et se trouvait parmi les demandeurs pouvant être désignés par la commission comme prioritaires et devant être logés d'urgence. Toutefois, l'appartenance à l'une des catégories mentionnées à l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation ne suffit pas à elle seule à être désigné prioritaire et devant être logé en urgence, la commission disposant d'un large pouvoir d'appréciation pour déterminer, dans un second temps, si la situation des demandeurs remplissant cette condition présente en outre un caractère d'urgence justifiant qu'il soit fait droit à leur recours amiable.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du diagnostic social effectué par l'Association Garantie Logement, que M. A a fait savoir qu'il ne souhaitait pas disposer d'un logement dans le parc locatif, et qu'il disposait déjà d'une chambre qu'il louait rue Lafayette à Rouen pour une somme de 200 euros par mois. Il résulte également de l'instruction que le requérant ne s'est pas rendu au rendez-vous avec l'AGL, malgré plusieurs sollicitations par téléphone. M. A soutient qu'il cherchait effectivement un logement social pour pouvoir également accueillir sa fille mineure, et qu'il n'a jamais renoncé à cette demande. Toutefois, le requérant ne conteste pas bénéficier d'un logement dans le parc privé. En outre, la circonstance qu'il ait fait une demande de logement pour pouvoir y accueillir sa fille mineure est sans incidence sur le caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement. Par suite, si M. A remplissait les conditions afin que sa demande de logement se voit être reconnue par la commission de médiation comme prioritaire et urgente, celui-ci n'a pas démontré une implication suffisante dans sa recherche de logement social, comme l'a soulevé la commission de médiation de la Seine-Maritime, ni qu'il remplissait encore les conditions prévues aux articles cités précédemment pour se voir reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. Par suite, la commission de médiation de la Seine-Maritime n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent en rejetant son recours amiable.
7. En troisième lieu, il résulte des points précédents que c'est sans erreur de fait ni erreur manifeste d'appréciation que la commission de médiation a estimé que les critères prévus par les dispositions applicables du code de la construction et de l'habitation n'étaient pas réunis.
8. En dernier lieu, en se bornant à soutenir qu'il se trouve dans une situation de grande précarité et vulnérabilité, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 novembre 2023 par laquelle la commission de médiation du droit au logement de la Seine-Maritime a rejeté son recours. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Launois et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.
La magistrate désignée,
Signé : C. VAN MUYLDER
Le greffier,
Signé : J-B. MIALON
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026