mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402829 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MONANGE VICTOIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024, et des pièces, enregistrées le 29 juillet 2024, M. A E, représenté par Me Monange, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 23 mai 2024 portant retrait du bénéfice de l'épreuve théorique du permis de conduire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- La condition d'urgence est remplie car, sans son permis de conduire, il ne pourra réaliser sa formation pratique d'éducateur spécialisé ;
- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* Elle méconnaît les dispositions de l'article L 242-1 du code des relations entre le public et l'administration car elle intervient dans un délai de plus de quatre mois après l'obtention de l'examen théorique du permis de conduire ;
* Elle méconnaît l'article L 241-2 du code des relations entre le public et l'administration, aucune fraude n'étant démontrée ;
* Elle méconnaît les dispositions de l'article L 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, faute d'avoir été précédée d'une procédure contradictoire ;
* Elle méconnaît les dispositions de l'article 5 de l'arrêté du 20 avril 2012 ;
* Elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- La condition d'urgence n'est pas remplie ;
- Il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision du 23 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 juin 2024 sous le n°2402468 par laquelle M. E demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Pinheiro Rodrigues, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :
- Les observations de Me Monange, pour M. E,
- Les observations de Mme D et de M. B, représentants le préfet de la Seine-Maritime,
- Les nouvelles observations de Me Monange,
- Les nouvelles observations de Mme D ;
- Les ultimes observations de Me Monange puis de M. B.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 10 heures 25.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant de Guinée Equatoriale, a obtenu le permis de conduire français, après avoir notamment réussi le 27 décembre 2022 l'épreuve théorique générale d'amissibilité. Il a été informé, par courrier du 27 avril 2023, qu'il était envisagé de procéder à l'invalidation de son épreuve théorique générale d'admissibilité compte tenu des doutes sur la réalité de cet examen et invité à présenter ses observations sous dix jours. Par décision du 30 mai 2023, l'épreuve théorique générale d'admissibilité de M. E a été invalidée. Toutefois, par décision du 23 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime a, d'une part, abrogé la décision du 30 mai 2023, d'autre part, procédé de nouveau à l'invalidation de l'épreuve théorique générale d'admissibilité de M. E comme ayant été obtenue par fraude. Par la présente instance, M. E demande, ainsi que son avocat l'a précisé à l'audience, la suspension de l'exécution de la décision du 23 mai 2024 en tant qu'elle procède de nouveau à l'invalidation de l'épreuve théorique générale de son permis de conduire.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. M. E avait sollicité la suspension de l'exécution de la décision du 30 mai 2023 par une requête enregistrée le 29 août 2023 en faisant notamment valoir qu'il avait besoin du permis de conduire pour suivre sa formation d'éducateur spécialisé débutant le 25 septembre 2023, requête rejetée pour défaut d'urgence par ordonnance du 1er septembre 2023. A l'appui de la présente instance, il soutient qu'il nécessite le permis de conduire pour se rendre au centre éducatif fermé de Saint Denis le Thiboult avec lequel un contrat de professionnalisation aurait été signé. S'il ressort de l'instruction que M. E a sollicité, par courrier du 12 février 2024, alors qu'il était en possession de la décision du 30 mai 2023, toujours en vigueur, et alors au demeurant que, selon les informations non contestées fournies lors de l'audience par la représentante de l'administration, il n'avait jamais tenté de solliciter la délivrance de son permis de conduire auprès de l'Agence nationale des titres sécurisés, un contrat de professionnalisation avec ce centre, la signature d'un tel contrat ne ressort pas des pièces du dossier, le requérant et le centre échangeant toujours des pièces. L'absence de production de ce contrat empêche, notamment, d'apprécier les obligations mises à la charge de M. E en termes de présence à Saint Denis le Thiboult, et, dès lors, la possibilité pour lui de s'y rendre autrement qu'avec son véhicule personnel. Le seul contrat versé au dossier, signé entre le requérant et la fondation les Nids, d'une part, l'institut de développement social (IDS) de Canteleu d'autre part, ne fait pas apparaître l'exercice de fonctions à Saint Denis le Thiboult. Eu égard aux circonstances de l'espèce, et dès lors, en outre, que M. E a pu effectuer des stages au cours de sa première année de formation, ainsi qu'il résulte de son courrier du 12 février 2024 sollicitant un contrat de professionnalisation, la condition d'urgence ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme remplie. Il en résulte que les conclusions aux fins de suspension doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance de référé.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 31 juillet 2024.
La juge des référés, La greffière,
A. C C. Pinheiro-Rodrigues
La république mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026