lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402855 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2402855 du 2 août 2024, la juge des référés a suspendu l'exécution de la décision implicite du préfet de l'Eure refusant d'admettre Mme A au séjour, a enjoint au préfet de l'Eure de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de la même date, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond ou jusqu'à l'adoption d'une nouvelle décision sur le droit de Mme A au séjour.
Par des mémoires, enregistrés le 7 octobre 2024 et le 21 octobre 2024, Mme et M. A doivent être regardés comme demandant au juge des référés de prescrire, sur le fondement de l'article L 521-4 du code de justice administrative, au préfet de l'Eure de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le même délai.
Les mémoires de Mme et M. A ont été communiqués au préfet de l'Eure qui n'a produit aucune observation.
Vu :
- la requête n° 2402853, enregistrée le 18 juillet 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision litigieuse du préfet de l'Eure ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gaillard, vice-présidente, comme juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Le rapport de Mme Gaillard a été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 25 octobre 2024 à 10 heures en présence de Mme Pinheiro-Rodrigues, greffière d'audience, à laquelle n'étaient présents ou représentés ni les demandeurs ni le préfet de l'Eure.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
2. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant une injonction sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet en en modifiant le délai d'exécution ou en prononçant une astreinte destinée à assurer cette exécution, l'inexécution de la décision juridictionnelle présentant le caractère d'un élément nouveau au sens des dispositions dudit article L. 521-4 du code de justice administrative.
3. Par une ordonnance n° 2402855 en date du 2 août 2024 notifiée à l'administration le jour même, la juge des référés a suspendu l'exécution de la décision implicite du préfet de l'Eure refusant d'admettre Mme A au séjour, a enjoint au préfet de l'Eure de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de la même date, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond ou jusqu'à l'adoption d'une nouvelle décision sur le droit de Mme A au séjour. L'administration n'ayant toutefois pas réexaminé la demande selon M. et Mme A, ce que l'administration ne conteste pas, les intéressés ont saisi de nouveau le juge des référés en lui demandant de prescrire au préfet de l'Eure de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le même délai. L'exécution de l'ordonnance de la juge des référés du 2 août 2024 n'implique pas nécessairement que le préfet de l'Eure délivre un titre de séjour à Mme A, le juge des référés, statuant par des mesures qui présentent un caractère provisoire, ne pouvant enjoindre la prise d'une telle mesure. En revanche, eu égard à l'inexécution de l'injonction de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance du 2 août 2024, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Eure de procéder à ce réexamen, matérialisé par la prise d'une décision explicite, dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des époux A, à supposer qu'ils aient entendu les présenter, aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Eure de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de Mme A, matérialisé par la prise d'une décision explicite, dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Les conclusions aux fins qu'il soit enjoint au préfet de l'Eure de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à M. C A, au ministre de l'intérieur et au préfet de l'Eure.
Fait à Rouen, le 28 octobre 2024.
La juge des référés,
signé
A. GAILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
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