mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402874 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, Mme F C, représentée par la SELARL DAMC, demande :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 juin 2024 par laquelle la commission d'appel a maintenu la décision de redoublement en classe de seconde de son fils A D ainsi que les décisions de rejet de ses recours gracieux et hiérarchique ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
* la condition tenant à l'urgence à suspendre est remplie dès lors que la poursuite de la scolarité de son fils en classe de première professionnelle dans un établissement adapté est remise en cause ;
* la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision du 13 juin 2024 attaquée est remplie dès lors que :
- la commission d'appel, dont la composition n'est pas connue et qui aurait dû comporter un médecin de santé scolaire compte tenu des troubles d'apprentissage du jeune A, a été irrégulièrement constituée ;
- l'identité du signataire de l'acte n'apparaît pas sur la décision attaquée, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision de rejet d'un recours administratif préalable obligatoire n'est pas suffisamment motivée au sens du 8° de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'administration a commis une erreur d'appréciation dans l'application de l'article D. 331-62 du code de l'éducation dans la mesure où il est constant que A bénéficiait d'un plan d'accompagnement personnalisé lors de l'année scolaire 2022/2023 qui n'a pas été reconduit l'année suivante, en classe de seconde, en dépit d'une demande en ce sens auprès de l'infirmier scolaire, aggravant ses difficultés ;
- le conseil de classe et la commission d'appel auraient pu accéder au vœu de passage en classe de première technologique ;
- les résultats insuffisants signalés par le conseil de classe proviennent de l'absence de mesure des difficultés d'apprentissage de l'élève, non compensées en raison de l'absence de mise en place d'un plan d'accompagnement personnalisé au cours de l'année scolaire écoulée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, la rectrice de l'académie de Normandie conclut au rejet de la requête.
La rectrice soutient que :
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à soulever un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 13 juin 2024 attaquée.
Vu :
- la décision par laquelle le président a désigné M. B comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 18 juillet 2024 sous le n° 2402873, tendant, notamment, à l'annulation de la décision du 13 juin 2024 attaquée ;
- les autres pièces du dossier, notamment celles produites pour Mme C le 2 août 2024 et le 5 août 2024 à 9 h 13.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 90-484 du 14 juin 1990 ;
- l'arrêté du 14 juin 1990 relatif à la commission d'appel ;
- le code de justice administrative.
Après avoir convoqué à l'audience publique :
- la SELARL DAMC,
- et la rectrice de la région académique Normandie.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 5 août 2024 à 9 h 31, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Lahaye, pour Mme C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et, y ajoutant, observe que les représentants de parents d'élèves ne figurent pas dans la composition de la commission d'appel et soutient que le projet de A D est en cohérence avec les vœux d'orientation qu'il avait formulés,
- et les observations de M. E, pour la rectrice de l'académie de Normandie, qui reprend les termes du mémoire en défense et soutient que d'éventuelles irrégularités de procédure n'auraient pas eu d'influence sur le sens de la décision attaquée.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () "
2. A l'issue de l'année scolaire 2023/2024, le jeune A D, élève de seconde au lycée Augustin Fresnel de Bernay, a fait l'objet d'une décision de redoublement que Mme C, sa mère, a contestée devant la commission d'appel. Par délibération du 13 juin 2024, dont Mme C a été informée de la teneur par une lettre datée du 14 juin 2024, cet organisme, statuant sur le recours administratif préalable obligatoire dont il était saisi, a maintenu la décision de redoublement au motif que le projet d'orientation du lycéen n'était pas construit. La mère de ce dernier a vainement saisi la directrice des services départementaux de l'éducation nationale de l'Eure et la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de recours gracieux et hiérarchique et a vainement alerté le médiateur de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens visés ci-dessus n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération du 13 juin 2024 de la commission d'appel attaquée et qui est la seule à pouvoir l'être dès lors que la lettre du 14 juin 2024 se borne à informer la requérante de la teneur de la délibération en cause.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence à statuer, que Mme C n'est pas fondée à demander la suspension des effets, d'une part, de la délibération du 13 juin 2024 par laquelle la commission d'appel a maintenu la décision de redoublement en classe de seconde de son fils et, d'autre part, des décisions de rejet de ses recours gracieux et hiérarchique. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F C et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera transmise, pour information, à la rectrice de l'académie de Normandie.
Fait à Rouen, le 6 août 2024.
Le juge des référés,
signé
P. B Le greffier,
signé
N. BOULAY
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
N°2402874
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