LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402901

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402901

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402901
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme C, ressortissante marocaine, qui contestait l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 14 juin 2024 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a examiné les moyens soulevés, notamment la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, mais a estimé que la décision préfectorale était justifiée. Le tribunal s'est fondé sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, pour conclure que la requérante ne justifiait pas d'une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Azoulay-Cadoch, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 14 juin 2024 du préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, en toute hypothèse, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la même date, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- est entachée d'une méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que le préfet s'est borné à examiner sa situation au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- l'accord franco-marocain modifié du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,

- et les observations de Me Lebon, substituant Me Azoulay-Cadoch pour Mme C.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était pas présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante marocaine née le 12 mars 1988, est entrée en France le 13 septembre 2019, munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour, valable du 9 septembre au 9 décembre 2019, délivré par les autorités consulaires françaises. Le 18 mai 2022, l'intéressée a déposé une demande de titre de séjour en préfecture de la Seine-Maritime. Par un arrêté du 25 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté cette demande et a fait obligation à Mme C de quitter le territoire français. Par un jugement n° 2202595 du 17 janvier 2023, le tribunal administratif de Rouen a rejeté le recours de l'intéressée contre cet arrêté. Le 6 mai 2024, cette dernière a déposé une nouvelle demande de titre de séjour. Par arrêté du 14 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté cette demande, a fait obligation à Mme C de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C réside en France depuis environ cinq ans, où elle est entrée de manière régulière. Elle y a épousé, le 2 septembre 2020, son mari, de même nationalité, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 30 juillet 2027, qui, en parallèle de l'exploitation, depuis le 13 juin 2019, d'un établissement de restauration rapide, au sein duquel son épouse a d'ailleurs travaillé, exerce la profession de conducteur de véhicule poids lourd depuis le 22 novembre 2023. Ils justifient d'une vie commune au plus tôt depuis le mois de décembre 2019. Aucune pièce du dossier ne vient démontrer que cette vie commune, au demeurant présumée entre époux, aurait été interrompue depuis cette date. De cette relation est né un enfant le 27 janvier 2022, âgé de deux ans et demi à la date de la décision attaquée. Le jeune âge de cet enfant et les conditions d'emploi de l'époux de Mme C font obstacle à la séparation de son épouse d'avec sa famille le temps de l'instruction, dans son pays d'origine, d'une demande de regroupement familial. Dans ces conditions, alors même que Mme C n'y serait pas dépourvue d'attaches familiales et eu égard à ses perspectives d'emploi au sein de l'entreprise familiale, la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être accueilli.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués au soutien des conclusions dirigées contre la décision attaquée et dans la limite de ses conclusions, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 14 juin 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, de même que, par voie de conséquence, de la décision du même jour lui faisant obligation de quitter le territoire français.

Sur les conséquences de l'annulation :

5. Compte tenu du motif qui la fonde, l'annulation des décisions attaquées implique nécessairement, sous réserve d'un changement de circonstances de fait ou de droit, qu'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " soit délivrée à Mme C. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet territorialement compétent d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, dans un délai de quinze jours à compter de la même date, un récépissé de demande de titre de séjour. Les dispositions de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font en revanche obstacle à ce que ce récépissé autorise Mme C à travailler. Il n'y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

6. En second lieu, cette annulation implique également l'abrogation des décisions du 14 juin 2024, non contestées, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays de renvoi de la mesure d'éloignement et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois, ainsi que la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dans les conditions prévues à l'article 7 du décret du 28 mai 2010 susvisé, en tant qu'il découle de l'interdiction de retour à abroger.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 14 juin 2024 par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande de titre de séjour de Mme C et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de cette même date.

Article 3 : L'Etat versera à Mme C une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

M. Armand, premier conseiller,

M. Cotraud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 décembre 2024.

Le rapporteur,

J. Cotraud

La présidente,

C. Van MuylderLe greffier

J.-B. Mialon

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions