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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402906

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402906

mardi 26 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402906
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSOUTY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par M. A, ressortissant sénégalais, d’un recours pour excès de pouvoir contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Seine-Maritime sur sa demande de titre de séjour. En cours d’instance, le préfet a fait droit à la demande en délivrant une carte de séjour temporaire, ce qui a privé d’objet les conclusions en annulation et injonction. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions, en application du code de justice administrative. Les conclusions relatives aux frais de procès ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 juillet 2024 et 20 juin 2025, M. B A, représenté par Me Souty, demande au tribunal :

1) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite née du silence gardé par le préfet de la Seine-Maritime sur la demande qu'il lui a adressée tendant à la délivrance d'un titre de séjour ;

3) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation sous quinze jours et, dans l'un et l'autre cas de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous huit jours ; enfin, d'assortir ces injonctions d'une astreinte de cinquante euros par jour de retard.

4) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 400 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à défaut la somme de 1 200 euros à son profit.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au non-lieu à statuer.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Mulot, premier conseiller, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que M. B A, ressortissant de la république du Sénégal né en 1964 a déposé le 14 novembre 2023 une demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire. Par la présente requête, il demande à titre principal au tribunal d'annuler le refus né du silence gardé par le préfet de la Seine-Maritime sur cette demande pendant quatre mois.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ".

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juillet 2024. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :

4. Il ressort des éléments produits par le préfet de la Seine-Maritime que par une décision du 20 mai 2025, l'autorité administrative a fait droit à la demande de M. A et qu'une carte de séjour temporaire valable du 13 mai 2025 au 12 mai 2026 a été fabriquée et est prête à être remise au requérant. Dans ces conditions, la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour a été implicitement mais nécessairement abrogée. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte se sont trouvées, postérieurement à leur introduction, privées d'objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur la demande de frais de procès :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Me Souty présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ni à celles présentées par le requérant à titre subsidiaire.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête de M. A.

Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Souty et au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 26 août 2025.

Le magistrat désigné,

R. Mulot

La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402906

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