mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402922 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | Billel ZEKRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées le 22 juillet 2024, le 28 juillet 2024 et le 29 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Billel Zekri demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 15 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
2) d'enjoindre au préfet de l'Eure de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que l'arrêté :
* n'a pas été adopté à la suite d'un examen complet et sérieux de sa situation ;
* est entaché d'incompétence ;
* a été adopté à la suite d'une consultation irrégulière du fichier automatisé des empreintes digitales et du traitement des antécédents judiciaires ;
* procède d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mise en œuvre des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des pièces et un mémoire en défense, enregistrés le 23 juillet 2024 et le 26 juillet 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 26 juillet 2024, présenté son rapport et entendu les observations orales de :
* Me Billel Zekri, avocat représentant M. A qui soutient que :
- il abandonne le moyen tiré de la consultation irrégulière du fichier automatisé ;
- l'arrêté n'a pas été adopté à la suite d'un examen personnalisé de sa situation ;
- il n'a pas d'attaches dans son pays d'origine, où il n'est pas allé, et où réside sa seule demi-sœur qu'il ne connaît pas ;
- il n'a pas régularisé sa situation administrative avant son incarcération en raison des difficultés pour obtenir les documents nécessaires des autorités sénégalaises ;
- il a toujours résidé chez sa mère ;
* M. A qui soutient qu'il n'a pas souhaité infliger à ses proches de venir le visiter en prison.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 14 heures 21, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais, né le 19 février 1999, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 2000. Par arrêtés du 15 juillet 2024, le préfet de l'Eure a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans aux motifs qu'il a fait l'objet de plusieurs obligations de quitter le territoire français non exécutées, qu'il présente une menace pour l'ordre public, qu'il n'a fait aucune démarche tendant à ce que lui soit délivré un titre de séjour depuis sa majorité, que célibataire et sans enfant il ne justifie pas de liens forts et intenses en France et notamment pas des liens avec ses parents de sorte qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et que M. A n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il n'est pas contesté que M. A est entré sur le territoire français en 2000 et y réside depuis lors. Il y est demeuré aux côtés de sa mère et de ses frères jusqu'à sa majorité. Il est constant que le requérant a été condamné à une peine d'un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis par jugement du tribunal judiciaire d'Évreux le 8 décembre 2022 pour des faits d'offre ou cession non autorisée de stupéfiants et refus de mis en œuvre de la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie, a fait l'objet, le 2 mars 2023, d'une condamnation à trois mois d'emprisonnement et d'une révocation partielle de son sursis probatoire du 8 décembre 2022 pour usage et détention de stupéfiants en récidive. Ses demandes de remise de peine et de liberté surveillé ont été refusées et il a été condamné à une peine de cinq mois d'emprisonnement par jugement du tribunal judiciaire d'Évreux du 23 février 2024 pour des faits de violence commise en réunion sans incapacité en récidive. Ces différents éléments sont constitutifs d'une menace à l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et des déclarations faites à l'audience à laquelle étaient présents la mère et les frères du requérant, que le centre des intérêts privés et familiaux de l'intéressé se trouve sur le territoire français depuis 2000. Par suite, sans minimiser la nature des faits reprochés et sans préjudice des évolutions qui seraient susceptibles d'intervenir en cas de nouvelle condamnation du requérant, au regard de la durée de la présence en France de l'intéressé - arrivé à l'âge d'un an sur le territoire où il dispose encore de l'ensemble des membres de sa famille avec qui il entretient des liens forts - la décision de l'obliger à quitter le territoire français du préfet de l'Eure du 15 juillet 2024 a, dans les circonstances de l'espèce, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. M. A est donc, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, fondé à en demander l'annulation ainsi, par voie de conséquence, que l'annulation de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, de la décision fixant le pays de son renvoi et de la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "
4. Le présent jugement, implique seulement qu'il soit enjoint au préfet territorialement compétent de statuer à nouveau sur le cas de M. A, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Eure a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la situation de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Billel Zekri et au préfet de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe 31 juillet 2024.
Le magistrat désigné,La greffière,
T. CA. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026