lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 23 juillet 2024 et le 26 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Veyrieres, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
M. A soutient que :
* Les décisions :
sont entachées d'incompétence ;
sont insuffisamment motivées ;
sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
* La décision portant obligation de quitter le territoire français :
méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;
méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
* La décision de refus d'un délai de départ volontaire est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
* La décision fixant le pays de destination :
est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
* La décision portant interdiction de retour sur le territoire français est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2024 , la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 29 juillet 2024, présenté son rapport et entendu les observations orales de :
* Me Veyrieres, avocat représentant M. A qui soutient que :
- il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance à son arrivée en France et que sa condamnation est relative à des faits commis alors qu'il n'était que récemment majeur ;
- M. B, qui projette de l'adopter, lui offre un hébergement et s'est rendu au parloir deux fois par semaine depuis 2023 ;
- les différents éléments relatifs aux liens entretenus avec M. B étaient connus de l'administration avant l'adoption de la décision mais n'ont pas été pris en compte ce qui traduit un défaut d'examen de sa situation ;
* M. A qui soutient que :
- le projet d'adoption date de plus de six mois ;
- la venue de M. B en détention n'a commencé qu'en 2023 car il n'était pas au courant avant cette date.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 15 heures 30, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain, né le 16 décembre 2002, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 2019. Par arrêté en date du 22 juillet 2024, la préfète de l'Oise a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai aux motifs qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il est sans emploi et sans ressources, qu'il ne justifie pas d'une intégration ancienne en France, que condamné à cinq ans d'emprisonnement par jugement du tribunal correctionnel d'Amiens le 2 mai 2023 pour agression sexuelle commise en réunion il constitue une menace pour l'ordre public, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et que M. A n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier et des déclarations faites à l'audience, à laquelle était présent M. B, que ce dernier et M. A entretiennent de longue date un fort lien affectif s'apparentant à un lien filial. La réalité de ce lien s'est notamment traduite par la visite bi-hebdomadaire de M. B à M A lorsqu'il était en détention ainsi que par le projet d'adoption initié et l'hébergement fournit par M. B à l'intéressé. Il ressort des pièces produites que ces différents éléments étaient connus de l'autorité préfectorale avant l'adoption de l'arrêté contesté. En n'en tenant pas compte alors que, malgré la réalité de l'atteinte à l'ordre public causée par les faits commis par M. A ces éléments n'étaient pas sans incidence sur la teneur des décisions à intervenir, la préfète de l'Oise n'a pas fait précéder leur adoption d'un examen particulier de la situation de M A lequel est, pour ce motif et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, fondé à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "
4. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint au préfet territorialement compétent de statuer à nouveau sur le cas de M. A, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et qu'il le munisse dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Veyrieres et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
Le magistrat désigné, La greffière,
Signé : Signé :
T. D P. His
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026