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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402960

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402960

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402960
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique 2

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. B, ressortissant turc, qui demandait l'annulation d'un arrêté préfectoral du 12 juin 2024. Cet arrêté refusait un titre de séjour, l'obligeait à quitter le territoire français et prononçait une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a jugé l'arrêté suffisamment motivé et a estimé que le préfet avait procédé à un examen complet de la situation. Il a écarté les moyens tirés des risques en cas de retour en Turquie et de l'atteinte à la vie privée et familiale, faute d'éléments probants. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 611-1, 4°, L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur les articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, M. A B, demande au tribunal de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et d'annuler l'arrêté du 12 juin 2024 par lequel le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de réfugié, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- est illégal car il prépare une demande de réexamen de sa demande d'asile au vu de nouveaux éléments ;

- il encourt des risques en cas de retour dans son pays ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et familiale ;

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024 à 8h38, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Galle comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 9 septembre 2024 à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée, Mme Galle, magistrate désignée, a présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né le 16 septembre 2000, déclare être entré en France en 2022. Il a demandé son admission au séjour au titre de l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision du 13 juin 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 26 janvier 2024. Par un arrêté du 12 juin 2024 dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé à l'expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an.

2. En premier lieu, l'arrêté vise les textes dont il fait application, notamment les articles L. 611-1, 4°, L. 721-3 et L. 721-4 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne, notamment, que la demande d'asile de l'intéressé a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, que cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile, et que M. B, qui est célibataire et sans charge de famille, ne justifie pas de liens familiaux anciens et intenses en France. Il précise la nationalité de l'intéressé et indique qu'il pourra être reconduit à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible, à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse. Il mentionne également la durée de séjour en France de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Eure a procédé à un examen complet de la situation du requérant avant de prendre l'arrêté attaqué

4. En troisième lieu, la circonstance que M. B prépare une demande de réexamen de sa demande est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, qui s'apprécie à la date à laquelle il a été pris.

5. En quatrième lieu, si le requérant fait valoir qu'il encourt des risques en cas de retour en Turquie du fait de ses activités en faveur de la cause kurde, du fait qu'il est recherché par les autorités et du harcèlement dont serait victime sa famille, ses allégations restent très générales et dépourvues de précision quant aux actions qu'il a personnellement menées en Turquie, et aux motifs pour lesquels il serait recherché par les autorités turques. M. B ne produit en outre aucun document susceptible d'étayer ses allégations. Enfin, l'OFPRA et la CNDA ont rejeté sa demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachées la décision d'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi compte tenu de tels risques doit être écarté.

6. En dernier lieu, si le requérant soutient qu'il a créé des liens en France et que " toute sa famille " est en France, il ne produit aucun élément de précision ni de justification pour étayer cette allégation. M. B est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français et ne réside sur le territoire français que depuis l'année 2022. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 juin 2024 du préfet de l'Eure.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Eure.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La magistrate désignée,

C. GalleLa greffière,

N. Drouilhet

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.nd

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