jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
Vu les procédures suivantes :
I./ Par une requête enregistrée le 24 juillet 2014, et des mémoires et des pièces enregistrés les 4 et 5 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Elatrassi, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour valable un an portant la mention " vie privée et familiale " ou de réexaminer sa demande de titre de séjour, et dans les deux cas dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de refus d'admission au séjour :
*est entachée d'incompétence ;
*est insuffisamment motivée ;
*est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
*a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
*est entachée d'erreur de fait ;
*est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
*méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
*méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
- la décision portant obligation de quitter le territoire français :
*est entachée d'incompétence ;
*est insuffisamment motivée ;
*est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
*est illégale compte-tenu de l'illégalité de la décision de refus d'admission au séjour qui lui sert de fondement ;
*méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
*méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
*est illégale dès lors qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
- la décision fixant le pays de destination :
*est insuffisamment motivée ;
*méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*est illégale compte-tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui sert de fondement.
- la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
*est entachée d'incompétence ;
*est insuffisamment motivée ;
*méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
*est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
*est illégale compte-tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui sert de fondement.
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
*est entachée d'incompétence ;
*est insuffisamment motivée ;
*méconnaît les articles L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
*est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
*est illégale compte-tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui sert de fondement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 septembre 2024 à 12 heures.
II./ Par une requête et des pièces enregistrées le 3 septembre 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 août 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Il soutient que l'arrêté attaqué porte atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale et l'empêche d'exercer son activité professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Armand comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces des dossiers.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024, ont été entendus :
- le rapport de M. Armand ;
- les observations orales de Me Labelle, substituant Me Elatrassi, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, que la décision de refus d'admission au séjour méconnaît l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 5 septembre 1996, a déclaré être entré en France le 18 août 2015. Le 11 janvier 2024, il a sollicité son admission au séjour en qualité de conjoint de français. Par un arrêté du 25 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans puis, par un arrêté du 29 août 2024, a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par deux requêtes enregistrées sous les n° 2402995 et 2403570, qu'il convient de joindre pour y statuer par un seul jugement dès lors qu'elles concernent un même ressortissant étranger et qu'elles ont fait l'objet d'une instruction commune, le requérant demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la requête n° 2402995
S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par arrêté du 18 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 22 décembre, M. D C, directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer, dans le cadre des attributions de sa direction, les décisions relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions en litige énoncent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont donc suffisamment motivées.
4. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle du requérant. Le moyen ne peut donc être accueilli.
S'agissant de la décision de refus d'admission au séjour :
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de ses contrats de travail et bulletins de salaires, que M. A a été recruté par la société Issac Trans comme chauffeur-livreur. Dans ces conditions, et sans qu'il puisse utilement faire valoir qu'il exerce, en réalité, le métier de ripper, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur de fait au motif qu'elle mentionne sa qualité de " chauffeur livreur " pour l'exercice de laquelle il ne détient pas de permis de conduire français. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
7. M. A se prévaut de sa résidence en France depuis huit années et de ce qu'il a épousé le 5 août 2023 une ressortissante française qui est la mère d'un enfant issu d'une précédente union et qui est enceinte de ses œuvres. Toutefois, cette relation est récente et les pièces produites au dossier sont insuffisantes pour établir son intensité. En outre, la circonstance que le requérant travaille depuis le mois de février 2024 en qualité de chauffeur livreur est insuffisante pour démontrer qu'il a fixé le centre de ses intérêts privés sur le territoire national. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que M. A a fait l'objet de trois condamnations pénales, les 18 août et 16 décembre 2021 et le 12 janvier 2024, pour des faits de violence contre une personne dépositaire de l'autorité publique, conduite d'un véhicule sans permis, refus d'obtempérer dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité et conduite d'un véhicule sans permis en récidive et délit de fuite, de sorte que, contrairement à ce qu'il soutient, sa présence sur le territoire français constitue une menace réelle et actuelle pour l'ordre public. Enfin, la décision attaquée ne fait pas obstacle à ce que le requérant sollicite un visa long séjour en cas de retour dans son pays d'origine, où il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales et dans lequel il a vécu la majeure partie de sa vie, pour rejoindre les membres de sa famille résidant en France. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur qualification juridique des faits doivent être écartés.
8. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; ()4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ; ".
10. Pour contester la décision attaquée, M. A soutient que le préfet aurait dû, préalablement à l'examen de sa demande, saisir la commission du titre de séjour mentionnée à l'article L. 432-13 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il résulte des dispositions de cet article que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions relatives à la délivrance de plein droit des cartes de séjour citées à cet article, auxquels il envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. En l'espèce, M. A ne remplit pas les conditions prévues à l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'est pas entré en France sous couvert d'un visa de long séjour, conformément à l'article L. 412-1 du même code. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime n'était pas tenu de soumettre la situation du requérant à la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande. Le moyen tiré du vice de procédure doit donc être écarté.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant un titre de séjour de M. A n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour doit donc être écarté.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".
14. Ces dispositions sont issues en dernier lieu, dans leur rédaction applicable au litige, de l'article 37 de la loi du 26 janvier 2024 susvisée pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration. Il ressort des travaux parlementaires ayant précédé son adoption que le législateur a notamment entendu codifier le principe selon lequel un étranger devant se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il a ainsi entendu imposer au préfet, avant l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français, de vérifier, compte tenu des informations en sa possession, si un étranger peut prétendre à se voir délivrer de plein droit un titre de séjour et, dans le cas contraire, si la durée de sa présence en France et la nature et l'ancienneté des liens qu'il y entretient ou des circonstances humanitaires justifient qu'il se voit délivrer un tel titre.
15. En l'espèce, si l'arrêté attaqué ne mentionne pas expressément que l'autorité préfectorale aurait procédé à la vérification mentionnée au point précédent, la décision portant obligation de quitter le territoire français a néanmoins été prise après un examen de l'atteinte qu'elle était susceptible de porter au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 613-1 et de ce que le requérant ne pourrait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire dès lors qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, le requérant ne produit aucun élément de nature à établir la réalité et le caractère personnelle des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut donc être accueilli.
17. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté.
S'agissant de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
18. En premier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7.
19. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant un délai de départ volontaire en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté.
20. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A n'a pas déféré aux mesures d'éloignement prises à son encontre en 2016 et 2020. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime a pu refuser de lui accorder un délai de départ volontaire en application des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 et 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen doit être écarté.
S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ;
21. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
22. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. A est marié avec une ressortissante française, qui est la mère d'un précédent enfant, et qui est enceinte de ses œuvres, l'accouchement par césarienne étant programmé pour le 18 septembre 2024. Dès lors que la décision attaquée fait obstacle au retour du requérant sur le territoire français, qui plus est pour une durée de trois ans, elle a ainsi porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit, par suite, être accueilli.
23. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de ses prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du préfet de la Seine-Maritime du 25 juin 2024 interdisant le retour de M. A sur le territoire français pour une durée de trois ans doit être annulée.
En ce qui concerne la requête n° 2403570 :
24. Aux termes de l'article L. L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ".
25. M. A ne démontre pas que la décision l'assignant à résidence du 31 août 2024 au 15 octobre 2024 et lui interdisant de quitter les communes de la circonscription de sécurité publique de Rouen, et d'ailleurs uniquement sauf autorisation administrative, ferait obstacle à ce qu'il s'occupe de son beau-fils durant l'hospitalisation et le congé maternité de son épouse, ni à ce qu'il maintienne des liens avec les autres membres de sa famille présents sur le territoire français. Il ne peut, par ailleurs, utilement faire valoir que la décision en litige l'empêche d'exercer la profession de chauffeur livreur, alors qu'il n'est pas titulaire d'un permis de conduire français. Le moyen tiré de la méconnaissance du droit au respect de la vie privée et familiale doit donc être écarté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
26. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent, dès lors, être rejetées.
27. En revanche, en application de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient au préfet de la Seine-Maritime ou tout préfet territorialement compétent de procéder à la suppression du signalement de M. A aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur les frais liés au litige :
28. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 juin 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a interdit le retour de M. A sur le territoire français pour une durée de trois ans est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 240295 et de la requête n° 2403570 sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
G. ArmandLa greffière,
Signé
C. Dupont
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
N°2402995, 2403570
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026