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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403065

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403065

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403065
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique 1
Avocat requérantKWEMO STÉPHANIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, M. E A, assisté par Me Kwemo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours, sous astreinte journalière de 100 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence de son auteur ;

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination méconnaissent l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2024, complété le même jour par une production de pièce, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle M. B a été désigné comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024, le rapport a été présenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 24-026 du 7 juin 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 76-2024-088, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à M. D C, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de sa direction à l'exception de cinq rubriques dont ne relèvent pas les mesures de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté préfectoral du 26 juin 2024 attaqué en litige reproduit les termes du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application à M. A, ressortissant du Bangladesh né le 20 septembre 1995, et précise que sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 27 mai 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, l'obligation de quitter le territoire français en litige mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle repose. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté en toutes ses branches.

4. En troisième lieu, aucun élément personnalisé n'assortit le moyen de la requête tiré de ce que M. A serait exposé à des risques de mauvais traitements en cas de retour au Bangladesh. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, auxquelles renvoient les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

5. En dernier lieu, le requérant, entré récemment en septembre 2023, s'y est maintenu pour les besoins de la procédure d'examen de sa demande de protection internationale et n'y a pas tissé de liens établis. Non dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, il n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement attaqué porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'erreur manifeste d'appréciation invoquée n'est pas établie.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Stéphanie Kwemo et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

P. BLe greffier,

signé

N. BOULAY

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2403065

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