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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403067

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403067

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403067
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique 1
Avocat requérantVEYRIERES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, et un mémoire, enregistré le 28 août 2024, M. C F A, assisté par Me Veyrières, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence de son auteur ;

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination méconnaissent l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle M. B a été désigné comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024, après la présentation du rapport, ont été entendues les observations de Me Veyrières, qui reprend les conclusions et moyens de la requête.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 24-026 du 7 juin 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 76-2024-088, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à M. E D, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de sa direction à l'exception de cinq rubriques dont ne relèvent pas les mesures de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté préfectoral du 26 juin 2024 attaqué en litige reproduit les termes du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application à M. A, ressortissant nigérian né le 23 mai 1979, et précise que sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 17 mai 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, l'obligation de quitter le territoire français en litige mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle repose. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté en toutes ses branches.

4. En dernier lieu, aucun élément personnalisé n'assortit le moyen de la requête tiré de ce que M. A serait exposé à des risques de mauvais traitements en cas de retour au Nigeria en raison de son origine ethnique Igbo et de la sympathie qu'il voue au mouvement pour l'indépendance du Biafra. Aucune justification n'est produite. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, auxquelles renvoient les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C F A, à Me Hélène Veyrières au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

P. BLe greffier,

signé

N. BOULAY

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2403067

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