mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403099 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler les décisions d'obligation de quitter le territoire français, de refus de délai de départ volontaire, de fixation du pays de destination, et d'interdiction de retour sur le territoire français prises à son encontre.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle.
Le préfet de la Seine-Maritime a produit des pièces enregistrées le 1er août 2024 et le 12 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. M. B, ressortissant syrien né le 5 mai 2004 a été écroué à maison d'arrêt de Rouen le 13 janvier 2023. Par un jugement du tribunal judiciaire de Rouen du 13 janvier 2023, il a été condamné à une peine de dix mois d'emprisonnement. Par un jugement du 5 juin 2023 du tribunal judiciaire de Rouen, il a été condamné à une peine de six mois d'emprisonnement, assortie d'une peine d'interdiction du territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du 23 novembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé. M. B a été placé en rétention administrative par une décision du 28 juillet 2024. M. B a présenté une requête enregistrée le 30 juillet 2024. Par une décision du 1er août 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné la libération de M. B.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de décisions d'obligation de quitter le territoire français, de refus de délai de départ volontaire et d'interdiction de retour sur le territoire français :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a fait l'objet d'aucune décision portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, et interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, ses conclusions dirigées contre de telles décisions sont manifestement irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 23 novembre 2023 fixant le pays de destination :
4. Par l'arrêté attaqué du 23 novembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays de destination de la peine d'interdiction judiciaire du territoire français pour une durée de deux ans à laquelle M. B a été condamné par un jugement du tribunal judiciaire de Rouen du 5 juin 2023.
5. En premier lieu, par un arrêté n° 23-033 du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime, le préfet de ce département a donné délégation à Mme C E, cheffe du bureau de l'éloignement, à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives à l'éloignement des étrangers ainsi qu'à leur assignation à résidence, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F D, directeur des migrations et de l'intégration, et de Mme G, directrice adjointe. Il n'est pas établi ni même allégué que ces deux personnes n'étaient ni absentes ni empêchées à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manifestement infondé.
6. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit sur laquelle elle se fonde, notamment les articles L. 722-6, L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 131-30 du code pénal. Elle indique la nationalité de M. B et précise qu'il a fait l'objet d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire français pour deux ans, en date du 5 juin 2023, qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et prévoit qu'il sera éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays où il sera légalement admissible. Par suite, l'arrêté attaqué du 23 novembre 2023 est suffisamment motivé et ce moyen de légalité externe doit être écarté comme manifestement infondé.
7. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, ce moyen n'est manifestement assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés, et un moyen de légalité interne qui n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le délai de recours contentieux de deux mois étant expiré, cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 2 octobre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4ah
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