vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403116 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2024, Mme C D , représentée par Me Dandan, Sarl RD AVOCAT demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 janvier 2024 par laquelle la cheffe d'établissement du centre de détention de Val-de-Reuil a refusé de lui accorder un permis de visite au bénéfice de M. F A ;
2°) d'enjoindre à l'administration pénitentiaire de lui délivrer un permis de visite au profit de son conjoint dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 juin 2024 sous le n° 2402255 par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 dudit code permet au juge des référés de rejeter une demande sans mener de procédure contradictoire et sans audience notamment lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Mme D demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 janvier 2024 par laquelle la cheffe d'établissement du centre de détention de Val-de-Reuil a refusé de lui accorder un permis de visite au bénéfice de M. F A. Elle avait formulé la même demande, par une requête enregistrée le 11 juin 2024, et rejetée pour défaut d'urgence par le juge des référés par ordonnance du 2 juillet 2024, après mise en œuvre d'une procédure contradictoire et convocation d'une audience. Le juge des référés relevait notamment que, pour justifier de l'urgence à suspendre, Mme D se prévalait de la relation de concubinage qu'elle entretient avec M. A alors que, pour justifier de la réalité de cette relation, la requérante ne produisait que deux attestations, du frère de M. A et d'un ami de la famille, qu'il résultait de l'instruction que M. A bénéficiait de neuf permis de visite, dont l'un a été délivré le 16 juillet 2020 à Mme " B " en sa qualité de concubine, que Mme D, n'avait pas présenté de demande de permis de visite durant les huit premières années d'incarcération de M. A et ne figurait pas sur la liste des contacts téléphoniques de l'intéressé, contrairement à la personne qui lui rend visite en sa qualité de concubine.
3. Si Mme D soutient, dans la présente requête, qu'une démarche est en cours afin qu'il soit mis fin au permis de visite de Mme " B ", et qu'elle entretient des relations téléphoniques avec M. A, l'existence d'une relation de concubinage avec ce dernier n'est toujours pas établie par les pièces produites, soit une attestation du frère de M. A et d'une amie, et il n'est pas contesté que Mme D n'a pas présenté de demande de permis de visite pendant les huit premières années d'incarcération de M. A, l'état de santé de sa mère, dont elle s'occupe toujours aujourd'hui, n'étant pas susceptible d'expliquer un tel délai. Dans ces conditions, eu égard en particulier à ce délai et à la persistance d'un doute sur l'existence d'une relation de concubinage entre la requérante et M. A, la condition d'urgence n'est toujours pas établie et les conclusions aux fins de suspension doivent être rejetées sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D.
Copie en sera adressée à la cheffe du centre de détention de Val-de-Reuil.
Fait à Rouen, le 2 août 2024.
La juge des référés,
A. E
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
nd
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