mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403211 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 août 2024, M. A se disant M. B D alias C E demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2024 par lequel le préfet de l'Aisne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que :
-il est arrivé en France il y a 20 jours ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 14 août 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. M. A se disant B D né le 26 août 1989 de nationalité marocaine, alias C E, né le 26 août 1989 de nationalité lybienne, a été interpellé par les services de police le 3 août 2024. Par un arrêté du 4 août 2024, le préfet de l'Aisne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté du même jour, le préfet a placé l'intéressé en rétention administrative. Par une ordonnance du 9 aout 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné la libération de l'intéressé.
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-05 du 29 février 29024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Aisne le même jour, le préfet de ce département a donné délégation à Mme F G, sous-préfète de l'arrondissement de Vervins à l'effet de signer, lorsqu'elle assure la permanence du corps préfectoral, à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives à l'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué, qui a été signé le dimanche 4 août 2024 durant la permanence assurée par Mme G, doit être écarté comme manifestement infondé.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. A se disant M. B D alias C E ne présente aucun document l'autorisant à séjourner en France, qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire en 2011 selon ses déclarations et s'y est maintenu sans titre de séjour. L'arrêté précise la situation personnelle de l'intéressé et précise qu'il est connu sous différentes identités, pour différentes infractions pénales. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée. L'arrêté attaqué vise également les dispositions des articles L. 612-2(1°et3°) et L. 612-3 (1°, 4° et 8°) et précise que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public du fait de son interpellation et de son placement en garde à vue pour des violences en état d'ivresse, qu'il a explicitement déclaré qu'il n'entendait pas quitter la France, qu'il ne possède pas de titres d'identité et de voyage, ni de garanties de représentation suffisantes dès lors qu'il ne dispose pas d'une résidence effective et permanente. Par suite, la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est suffisamment motivée. Enfin, l'arrêté attaqué vise les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont celui dont il a la nationalité ou de tout pays où il est légalement admissible à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse. Par suite, l'arrêté comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Enfin, l'arrêté attaqué vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne la date d'entrée en France déclarée par l'intéressé, précise la situation personnelle et familiale de l'intéressé, et indique que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Il suit de là que le moyen tiré d'une motivation insuffisante des décisions attaquées doit être écarté comme manifestement non fondé.
5. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, ce moyen n'est manifestement assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors que le requérant, qui n'a pas communiqué au tribunal son adresse ou un moyen de le contacter après sa libération du centre de rétention administrative, n'a pas mis la juridiction en mesure de le convoquer utilement à une audience ni de lui faire parvenir une ordonnance de clôture de l'instruction.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A se disant M. B D alias C E ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés, et un moyen de légalité interne qui n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le délai de recours contentieux étant expiré, cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A se disant M. B D alias C E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A se disant M. B D alias C E et au préfet de l'Aisne.
Fait à Rouen, le 2 octobre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026