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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403215

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403215

mardi 6 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403215
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait la suspension de la décision du ministre de l'intérieur invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, compte tenu du comportement dangereux du requérant (multiples infractions en période probatoire) et des exigences de sécurité routière, malgré l'impact professionnel de la décision. Aucun texte spécifique n'a été appliqué au fond, la décision étant fondée sur l'appréciation de l'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 août 2024, M. B A, représenté par la SELARL Cabinet Kirmen et Lefebvre, demande d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision n° 48 SI du 21 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et des décisions de retrait de points l'ayant précédée.

M. A soutient que :

* la condition tenant à l'urgence est remplie ;

* la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées est remplie dès lors que :

- les décisions de retrait de points antérieures à la décision récapitulative attaquée n'ont pas été précédées de la délivrance des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions n'est pas établie ;

Vu :

- la requête, enregistrée le 29 juillet 2024 sous le n° 2403091, tendant, notamment, à l'annulation des décisions attaquées ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Minne, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code pénal ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " En vertu de L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.

2. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral édité le 21 juin 2024 produit par M. A, que ce jeune conducteur a commis cinq infractions routières pendant la durée de sa période probatoire du 22 mars 2021 au 22 mars 2023 et qu'il n'a alors échappé à l'invalidation de son permis de conduire affecté de 6 points qu'en raison d'un stage novice effectué en mars 2022, une année à peine après avoir obtenu son titre de conduite. Lorsque son capital de points a été étendu à 12 le 22 mars 2023, il n'en disposait plus que de 4 et il les a perdus au cours des deux mois suivants en raison d'une infraction d'arrêt ou de stationnement dangereux et d'un sixième excès de vitesse. Contrairement à ce que soutient le requérant, cette série d'infractions relevées dans une période brève n'était pas sans gravité et elle caractérise un comportement de nature à constituer un danger pour les autres usagers de la route. Compte tenu des exigences de protection et de sécurité routières dont il convient de tenir compte pour apprécier objectivement et globalement si la condition d'urgence est satisfaite, l'atteinte, réelle, portée à la situation professionnelle et familiale du conducteur, qui exerce des fonctions de chauffeur par ailleurs tenu de justifier de la validité de son titre de conduite auprès de son employeur, et sans que sa situation de handicap reconnu par les organismes compétents puisse constituer un élément justificatif du danger qu'il représente, n'a pas un caractère grave et immédiat qui justifierait que l'exécution des décisions administratives contestées soit suspendue dans l'attente du jugement au fond.

3. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision n° 48 SI du 21 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et des décisions de retrait de points l'ayant précédée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Rouen, le 6 août 2024.

Le juge des référés,

signé

P. MINNE

La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

S. Combes

N°2403215

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