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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403240

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403240

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403240
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAIT-TALEB

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B qui demandait son affectation en classe de terminale STMG au lycée Val-de-Seine. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, compte tenu des engagements de l'administration à trouver une solution et de l'absence d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par conséquent, la demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 août 2024 à 23 h 45, M. A B, représenté par Me Aït Taleb, demande :

1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Normandie de l'affecter dans une classe de terminale Sciences et technologies du management et de la gestion (STMG) du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly dans le délai de 48 heures, sous astreinte journalière de 500 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Minne, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique permet d'admettre provisoirement un demandeur à l'aide juridictionnelle. S'il n'appartient qu'au bureau d'aide juridictionnelle de statuer sur toutes les conditions d'admission à l'aide juridictionnelle, l'admission provisoire à cette aide peut être refusée si une de ces conditions apparaît manifestement non remplie.

3. Les dispositions de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 prévoient que l'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement. Ainsi qu'il est dit ci-après, la requête de M. B ne remplit pas les conditions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et se trouve manifestement dénuée de fondement. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle doit être rejetée.

Sur le bien-fondé de la demande :

4. Il ressort des pièces jointes à la demande de référé, notamment de la lettre du 17 juillet 2024 de la directrice académique des services de l'éducation nationale de la Seine-Maritime, que l'administration a pris note de l'emménagement de la famille du jeune A B dans la commune de Bois-Guillaume, qu'une place en classe de terminale dans un établissement compatible avec cette implantation pour qu'il y accomplisse son année en tant que redoublant serait bienvenue, que la situation particulière du lycéen intéressé est connue du lycée Val-de-Seine où il était scolarisé jusqu'alors et qu'il serait contacté à la fin du mois d'août 2024 en vue d'une solution. Compte tenu de la situation de tension, non contestée, des effectifs de terminale STMG dans ce dernier établissement à la rentrée scolaire 2024/2025, de la situation familiale nouvelle, pas davantage contestée, et des engagements de l'administration, aucune atteinte grave à la situation A B n'impose l'intervention dans le très bref délai de 48 heures d'une mesure en référé pour ordonner son inscription dans les effectifs du lycée Val-de-Seine. Par suite, la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie pour la mise en œuvre des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Normandie de l'affecter dans une classe de terminale STMG du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Akli Aït Taleb.

Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Normandie.

Fait à Rouen, le 8 août 2024.

Le juge des référés,

P. MINNE

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2403240

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