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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403310

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403310

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403310
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantFRANCE TERRE D'ASILE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. C, qui contestait un arrêté préfectoral du 13 mai 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai. La requête, enregistrée le 13 août 2024, a été jugée irrecevable car introduite après l'expiration du délai de recours de quarante-huit heures prévu par l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a également estimé que le délai raisonnable d'un an pour contester la décision était dépassé, en application du principe de sécurité juridique. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation et les demandes d'injonction ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 août 2024, M. A C demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté, notifié le 13 mai 2022, par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation ;

3°) d'enjoindre au préfet compétent de procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Le préfet de la Seine-Maritime a produit le 13 août 2024 la décision attaquée datant du 13 mai 2022, en application de l'article R. 776-18 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, le magistrat désigné par le président du tribunal peut, par ordonnance, rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance.

2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'arrêté attaqué : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure () ". Selon l'article R. 776-2 du code de justice administrative, applicable à la date de l'arrêté attaqué : " () / II.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ".

3. D'autre part, il résulte du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. C a effectivement fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, par un arrêté du 13 mai 2022, lequel a également fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et l'a assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Cet arrêté a été notifié par voie administrative le 13 mai 2022, avec mention des voies et délais de recours. Ainsi, si l'heure de notification n'y est pas précisée, la requête de M. C, qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 13 août 2024, l'a été nécessairement après l'expiration du délai de quarante-huit heuresprévu par les dispositions précitées, ou en tout état de cause, après l'expiration du délai raisonnable d'un an suivant la connaissance qu'il a eu de la décision.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 20 août 2024.

La magistrate désignée,

L. B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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