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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403315

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403315

mercredi 14 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403315
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationURGENCES JU
Avocat requérantNJEM EYOUM

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B, ressortissant marocain, qui contestait l'arrêté du préfet d'Eure-et-Loir du 2 août 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant son pays de destination et prononçant une interdiction de retour de trois ans. Le juge a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de la méconnaissance des droits de la défense, du défaut de motivation et de l'atteinte à sa vie privée et familiale (article 8 de la CESDH) ou à l'intérêt supérieur de ses enfants (article 3-1 de la CIDE). La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les conventions internationales applicables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par une ordonnance n° 2403351 du 13 août 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif d'Orléans a transmis la requête présentée par M. A B, enregistrée le 6 août 2024 au greffe de ce tribunal.

Procédure devant le tribunal administratif de Rouen :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 14 août 2024, M. B, retenu au centre de rétention de Oissel, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 août 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination, l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle été prise en méconnaissance des droits de la défense ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle été prise en méconnaissance des droits de la défense ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- elle est illégale dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle été prise en méconnaissance des droits de la défense ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- elle est illégale dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle été prise en méconnaissance des droits de la défense ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait sa situation personnelle.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 et 14 août 2024, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Delacour comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Delacour, magistrate désignée ;

- les observations de Me Njem Eyoum, avocate désignée d'office, représentant

M. B, assisté de Mme C, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

Le préfet d'Eure-et-Loir n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 22 octobre 1994 à Oujda (Maroc), de nationalité marocaine, déclare être entré sur le territoire français en 2018. Par un arrêté du 2 août 2024, dont le requérant demande l'annulation, le préfet d'Eure-et-Loir l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, M. E D, sous-préfet de Dreux, qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet d'Eure-et-Loir en date du 19 juillet 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les arrêtés en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait.

3. En deuxième lieu, il ressort des termes du procès-verbal d'audition en date du 12 juillet 2024 que M. B a été entendu par les services de gendarmerie nationale sur ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire français, ainsi que sur sa situation personnelle et familiale, et a été invité à s'exprimer sur la perspective d'une mesure d'éloignement à destination de son pays d'origine ou de tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Le requérant a eu ainsi la possibilité, au cours de cet entretien, de faire connaître des observations utiles et pertinentes de nature à influer sur la décision prise à son encontre. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B disposait d'informations tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise à son encontre la mesure qu'il conteste et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de cette décision. Par suite, le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée, qui fait référence aux dispositions et stipulations dont il est fait application, fait état des conditions d'entrée et de séjour de

M. B, des condamnations pénales dont il a fait l'objet ainsi que de sa situation familiale et personnelle. La circonstance alléguée selon laquelle les éléments figurant au sein de l'arrêté serait erronée est insusceptible de révéler son insuffisante motivation. Dès lors, la décision qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Eure-et-Loir n'aurait pas examiné de manière approfondie la situation de M. B.

6. En troisième lieu, M. B soutient qu'il est entré sur le territoire français en 2018, et qu'il y a noué une relation sentimentale avec une ressortissante française avec laquelle il précise résider depuis six ans et est devenu parent de deux enfants âgés de 2 et 9 ans nés en France, dont l'une est française. Toutefois, il n'apporte aucun élément permettant de justifier de telles allégations. Dès lors, le préfet n'a pas, en l'obligeant à quitter le territoire français, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.

7. En dernier lieu, M. B, qui ne justifie pas entretenir de liens avec ses enfants, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit donc être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, la décision attaquée, qui fait référence aux dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève que M. B constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'ordre public, qu'il n'a pas déféré à la mesure d'éloignement dont l'intéressé a fait l'objet le 24 novembre 2022, avant de préciser qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, en l'absence de tout document d'identité ou de voyage et d'adresse stable. Dès lors, la décision qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.

9. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Eure-et-Loir n'aurait pas examiné de manière approfondie la situation de M. B.

10, En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Dès lors, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Selon l'article L. 612-2 du code précité : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

12. Pour refuser d'octroyer à M. B un délai de départ volontaire, le préfet d'Eure-et-Loir s'est fondé à la fois sur l'existence d'une menace pour l'ordre public, sur l'absence de garanties de représentation suffisantes, et sur le fait qu'il n'a pas déféré à la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet. Si, ainsi que le soutient le requérant, il n'est pas établi que ce dernier ait fait l'objet des condamnations pénales pour les infractions relevées dans l'arrêté, M. B ne conteste pas être dépourvu de tout document de voyage et d'identité, ni ne justifie d'une adresse stable et durable. Il n'établit, ni même n'allègue avoir en outre exécuté spontanément l'arrêté du 24 novembre 2022 pris par le préfet de la Haute-Garonne l'obligeant à quitter le territoire français. Dès lors et alors qu'il n'apporte aucun élément permettant de caractériser l'existence de circonstances particulières faisant obstacle à l'édiction de la décision contestée, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté, ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 6 et 7, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui fait référence aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi qu'aux dispositions des articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève que cette décision ne contrevient pas aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, elle comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, dès lors, suffisamment motivée.

15. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Eure-et-Loir n'aurait pas examiné de manière approfondie la situation de M. B.

16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés aux points 6 et 7, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

17. En premier lieu, la décision contestée, qui mentionne les dispositions des articles

L. 612-6 et L. 612-10, fait référence aux condamnations pénales dont il a fait l'objet ainsi qu'à sa situation personnelle et familiale. Dès lors, elle comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

18. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Eure-et-Loir n'aurait pas examiné de manière approfondie la situation de M. B.

19. En dernier lieu, selon l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles

L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

20. Ainsi qu'il a été dit au point 6, M. B n'apporte aucun élément permettant de démontrer qu'il dispose d'attache personnelle et familiale sur le territoire français, ni d'une insertion sociale ou professionnelle. Dès lors, sa situation ne relève pas de circonstances humanitaires qui feraient obstacle à ce que le préfet d'Eure-et-Loir lui interdise le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi soulevé ne peut qu'être écarté.

21. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, ainsi qu'au point 20, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Eure-et-Loir.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 août 2024.

La magistrate désignée,

signé

L. DELACOUR

Le greffier,

signé

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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