vendredi 30 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | PARAISO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 août 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 août 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a maintenu en rétention administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- méconnaît l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête, en soutenant qu'elle n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les observations de Me Paraiso représentant M. C, qui développe les moyens soulevés dans la requête ;
- les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant tunisien né le 25 janvier 1993, déclare être entré en France en 2009. Après plusieurs mesures d'éloignement non exécutées prononcées en 2013, 2016, 2018 et 2020, il a fait l'objet le 8 décembre 2023 d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans. Écroué du 9 mars 2022 au 19 juillet 2024, il est en rétention administrative à Oissel depuis le 19 juillet 2024. Au cours de sa rétention, il a présenté une demande d'asile. Par arrêté du 14 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son maintien en rétention administrative pendant l'examen de sa demande par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme B E, cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture de la Seine-Maritime, en vertu de la délégation que lui a accordée le préfet par un arrêté du 12 juillet 2024 régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque donc en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté, qui énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, est suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C, présent sur le territoire français depuis de nombreuses années, a demandé un titre de séjour en 2018, a fait l'objet d'obligations de quitter le territoire français prononcées en 2013, 2016, 2018 et 2020 et a été incarcéré à plusieurs reprises jusqu'en 2022, n'a jamais présenté de demande d'asile et n'a jamais exprimé aucune crainte de persécution ou d'atteinte à sa vie ou son intégrité en cas de retour en Tunisie. Lors de son audition par les services de police le 24 août 2023, il a déclaré vouloir " rester pour [ses] enfants en France " et n'avoir " aucune vie en Tunisie ". Il a par ailleurs été condamné à deux reprises, en 2020 et 2021, à des peines correctionnelles pour s'être soustrait à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français. En se fondant sur ces critères objectifs pour estimer que la demande d'asile de M. C a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de son obligation de quitter le territoire français, le préfet a exactement appliqué l'article L. 754-3 précité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Sa requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.
Le magistrat désigné,
signé
Philippe D
Le greffier,
signé
Jean-Luc MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026