mercredi 21 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, M. A C et Mme B D, représentés par Me Elatrassi, demandent au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1) de leur accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2) de suspendre l'exécution de la décision du 31 juillet 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté leur demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a procéder au réexamen de leur situation dès l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
Sur l'urgence :
- la décision ne prend pas en compte leur vulnérabilité ;
- ils sont dépourvus de ressources et parents de trois jeunes enfants ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- elle a été signée par un auteur ne justifiant pas de sa compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans un examen particulier et attentif de la vulnérabilité de leur situation ni de leur situation personnelle ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur leur situation personnelle.
Vu :
- la requête n°36721 (numéro provisoire), par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n°2024-799 du 2 juillet 2024 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Mulot, premier conseiller, en qualité de juge des référés sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requérants, tous deux ressortissants de nationalité nigériane, entrés en France avec leurs enfants pour, selon leurs déclarations, solliciter le bénéfice d'une protection internationale, se sont présentés le 25 avril 2022 à la préfecture de la Seine-Maritime pour y déposer leur demande, qui a été placée en procédure dite " Dublin ", et ils ont fait l'objet d'arrêtés de transfert vers l'Allemagne, restés inexécutés. La France étant redevenue compétente pour connaître de leurs demandes d'asile, M. C et Mme D ont sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 31 juillet 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté leur demande. Par la présente requête, M. C et Mme D, qui ont par ailleurs sollicité l'annulation de cette décision, demandent au juge des référés d'en suspendre l'exécution.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ", et aux termes de l'article R. 552-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Enfin, l'article L. 522-3 de ce code prévoit que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Aux termes de l'article L. 555-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Les décisions qui refusent, totalement ou partiellement, au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou qui y mettent fin, totalement ou partiellement, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ", et aux termes dudit article L. 921-1 : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours ".
5. Depuis l'entrée en vigueur de ces dispositions, fixée au 15 juillet 2024 par les dispositions de l'article 9 du décret du 2 juillet 2024, les recours dirigés contre les décisions relatives aux refus, à la cessation ou au refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil relèvent de la procédure à juge unique prévue à l'article L. 921-1 du code de justice administrative, et doivent être jugés dans un délai de quinze jours. Par suite, compte-tenu des délais applicables à la procédure de référé-suspension, qui impliquent pour qu'il y soit fait droit l'organisation d'un contradictoire et d'une audience publique, en l'absence de circonstances particulières, le juge du fond se prononcera dans un délai proche, si ce n'est moindre, de celui dans lequel le juge des référés est susceptible d'intervenir. Dès lors, les requérants ne peuvent être regardés comme justifiant d'une situation d'urgence justifiant que le juge des référés se prononce à très bref délai, sans attendre que le juge du fond ne statue.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C et Mme D ne présente pas un caractère d'urgence au sens des dispositions relatives à la procédure de référé ; par suite, leur requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu de les admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. C et Mme D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C et Mme D est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et Mme D et à Me Elatrassi.
Fait à Rouen, le 21 août 2024.
Le juge des référés,
Signé : R. Mulot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. HENRY
N°2403379
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026