vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403405 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, M. A F et Mme B G, représentés par Me Djehanne Elatrassi, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 31 juillet 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé le rétablissement de leurs conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer leur situation sans délai, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État et au bénéfice de Me Elatrassi la somme de 1 000 euros en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision attaquée :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- n'a pas été précédée d'une évaluation de leur vulnérabilité et de leurs besoins particuliers en matière d'accueil ;
- méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- n'a pas été précédée d'un examen particulier de leur situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 août 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête, en soutenant que la requête :
- est irrecevable, les moyens soulevés n'étant pas assortis de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé ;
- est infondée.
Vu :
- la décision du président du tribunal désignant M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'ont été ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F et Mme B G, ressortissants du Nigéria, ont présenté le 25 avril 2022 une demande d'asile à la préfecture de la Seine-Maritime. Par arrêté du 13 mai 2022, le préfet a ordonné leur transfert aux autorités allemandes, responsables de leur demande. Les requérants s'étant soustraits à l'exécution de cette décision, la France est devenue responsable de leur demande d'asile. Le 15 juillet 2024, ils ont sollicité le rétablissement de leurs conditions matérielles d'accueil. Par décision du 31 juillet 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé leur demande.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Contrairement à ce que soutient l'OFII en défense, la requête de M. F et Mme G comporte des moyens d'illégalité assortis de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. La fin de non-recevoir ainsi opposée manque en fait.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, d'admettre provisoirement les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de la décision du 31 juillet 2024 :
4. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
5. En premier lieu, la décision a été signée par M. C E, directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Rouen, en vertu de la délégation de signature que lui a accordée le directeur général de l'Office par décision du 21 juin 2023, régulièrement publiée. Le moyen tiré de l'incompétence de son auteur manque donc en fait.
6. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée, et il ressort de ses termes mêmes qu'elle a été précédée d'un examen particulier de leur situation personnelle.
7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision de ne pas rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit des requérants a été prise au vu d'un examen de leur situation personnelle et de leur vulnérabilité, reposant notamment sur un entretien avec eux daté du 15 juillet 2024. Ceux-ci ne sont donc pas fondés à soutenir que le défaut d'un tel examen entacherait d'illégalité la décision litigieuse.
8. En dernier lieu, si M. F et Mme G font valoir qu'ils sont privés de toutes ressources et qu'ils sont parents de trois enfants nés en 2018, 2019 et 2021, cette circonstance ne suffit pas à caractériser leur vulnérabilité au sens de l'article L. 551-16 précité et de l'article 21 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale. C'est donc sans méconnaître ces dispositions ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le directeur général de l'OFII a refusé leur demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée. L'ensemble de leurs conclusions, à l'exception de celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire, doivent donc être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. F et Mme G sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, premier requérant dénommé, à Me Djehanne Elatrassi et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
Philippe D
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026