LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403432

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403432

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403432
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantRIPOLL GAELLE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de Mme E G, ressortissante paraguayenne, qui contestait un arrêté du préfet du Nord du 23 août 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, la méconnaissance du droit d'être entendu, l'insuffisance de motivation et l'erreur de fait, en se fondant sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a jugé que la requérante, entrée irrégulièrement en France après un séjour prolongé en Espagne, ne pouvait se prévaloir de la dispense de visa pour court séjour. La solution retenue confirme la légalité des décisions préfectorales d'éloignement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 et 27 août 2024, Mme C E G demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 23 août 2024 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée et l'a interdite de retour sur le territoire français pendant un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation.

Elle soutient que l'obligation de quitter le territoire français :

- a été signée par une autorité incompétente ;

- n'a pas été précédée du recueil de ses observations, en méconnaissance de son droit d'être entendue ;

- est insuffisamment motivée et méconnaît sa situation personnelle ;

- est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'elle n'est pas entrée en France de façon irrégulière ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Elle soutient que la décision fixant son pays de renvoi :

- a été signée par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée et méconnaît sa situation personnelle ;

- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'elle n'est pas entrée en France de façon irrégulière.

Elle soutient que la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation du risque qu'elle se soustraie à son obligation de quitter le territoire.

Elle soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français :

- a été signée par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire et du refus de délai de départ volontaire ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers sur lesquelles il est statué selon les procédures visées au chapitre Ier du titre II du livre IX du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Gaëlle Ripoll, avocate commise d'office représentant Mme E G ;

- les observations de Mme E G assistée de Mme A y Tapia, interprète en langue espagnole.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E G, ressortissante paraguayenne née le 19 mars 1988, est entrée une première fois en France le 18 août 2022. Elle déclare avoir continué son trajet vers l'Espagne où elle réside depuis cette date, puis être entrée à nouveau en France en août 2024. Par arrêté du 23 août 2024, le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée et l'a interdite de retour sur le territoire français pendant un an.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme F B, adjointe au chef du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière de la préfecture du Nord, en vertu de la délégation que lui a accordée le préfet par un arrêté du 5 mars 2024, régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées est donc infondé.

3. En deuxième lieu, il ressort du procès-verbal d'audition versé au dossier par le préfet que Mme E G a été entendue le 22 août 2024 par les services de la police aux frontières et qu'elle a été expressément invitée à présenter ses observations sur l'éventualité qu'une décision d'éloignement à destination de son pays d'origine soit prononcée à son encontre. Le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendue manque donc en fait.

4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet pour obliger Mme E G à quitter le territoire français à destination du pays dont elle a la nationalité : ces décisions sont ainsi suffisamment motivées, et il résulte de leurs termes mêmes qu'elles ont été précédées d'un examen particulier de la situation personnelle de la requérante.

5. En quatrième lieu, si les ressortissants paraguayens sont dispensés d'obtenir un visa pour entrer sur le territoire des États parties aux accords de Schengen en vue d'un séjour inférieur à trois mois, il ressort des pièces du dossier que Mme E G est entrée en France le 18 mars 2022 sans visa, puis s'est rendue en Espagne, État partie aux accords de Schengen, y est demeurée jusqu'en août 2024 et est à nouveau entrée en France à cette date. En se prévalant de la dispense de visa applicable aux courts séjours afin d'effectuer un long séjour sur le territoire des États parties aux accords de Schengen, Mme E G est entrée irrégulièrement sur le territoire, et c'est sans erreur de motif que le préfet s'est fondé sur cette circonstance dans l'arrêté attaqué.

6. En cinquième lieu, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de la requérante doivent être écartés pour les motifs exposés au point précédent.

7. En sixième lieu, dès lors que les moyens de légalité soulevés contre l'obligation de quitter le territoire français sont écartés par les points précédents du présent jugement, Mme E G n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant son pays de renvoi.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi.

Sur la légalité du refus de délai de départ volontaire et de l'interdiction de retour sur le territoire français :

9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

10. Si Mme E G a déclaré lors de son audition par les services de police qu'elle voulait " retourner en Espagne par ses propres moyens ", il ne ressort ni de cette déclaration, ni d'aucune pièce du dossier qu'elle aurait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. D'autre part, il est constant qu'elle a présenté aux services de police un passeport en cours de validité, et elle justifie disposer d'une résidence effective et permanente à Madrid. C'est donc à tort que le préfet s'est fondé sur les 4° et 8° de l'article L. 612-3 précité pour lui refuser un délai de départ volontaire. Si le préfet s'est également fondé sur le 1° du même article et s'il est exact que Mme E G, qui ne peut justifier de son entrée régulière en France, n'y a pas demandé de titre de séjour, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif, compte tenu des motifs et des conditions de son séjour en France - la requérante établissant s'y être rendue uniquement pour ses vacances prévues jusqu'au 26 août.

11. Il résulte de ce qui précède que Mme E G est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet lui a refusé un délai de départ volontaire. Par conséquent, l'interdiction de retour sur le territoire prononcée à son encontre, qui repose sur cette décision, doit également être annulée.

12. L'exécution du présent jugement n'impliquant pas qu'une autorisation provisoire de séjour soit délivrée à la requérante, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les décisions par lesquelles le préfet du Nord a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à Mme E G et l'a interdite de retour sur le territoire français pendant un an sont annulées.

Article 2 : Il est rappelé à Mme E G, en application de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle est obligée de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E G, à Me Gaëlle Ripoll et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.

Le magistrat désigné,

Philippe D

La greffière,

Armelle LENFANT

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026