LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403440

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403440

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403440
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 26 juin 2024 par laquelle la commission académique de Normandie a refusé l'autorisation d'instruction dans la famille pour l'enfant F. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les requérants n'apportant pas la preuve d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à leur situation, et qu'aucun des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'erreur de droit au regard de l'article L. 131-5 du code de l'éducation et de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée dans son intégralité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 août 2024, Mme D B et M. C G, représentés par la SELAS Nausica, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 26 juin 2024 par laquelle la commission académique de Normandie a rejeté leur recours préalable obligatoire formé contre la décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille prise le 13 mai 2024 par la directrice académique des services départementaux de l'éducation nationale (DASEN) de la Seine-Maritime, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de la région académique Normandie de leur délivrer l'autorisation demandée ou, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation de leur fils F ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

' la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée les contraint à trouver rapidement une place dans un établissement, va bouleverser le parcours scolaire de leur fils ; la mise en place des matériels pédagogiques implique que la famille soit fixée sur la légalité de la décision ; la scolarisation créerait une rupture dans la continuité pédagogique dont bénéficie F jusqu'à présent ; la scolarisation n'est pas compatible avec l'itinérance familiale ; la scolarisation le forcerait à abandonner l'apprentissage de l'anglais et de l'arabe ; la scolarisation entrainera beaucoup de souffrance pour l'enfant qui est hypersensible ; la scolarisation n'est pas adaptée pour son âge car il est en avance ; aucun intérêt public ne vient s'opposer à l'urgence pour la famille de voir le juge statuer ;

' la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ; la seule réalité du projet sérieux et son adaptation à l'enfant qui en est l'objet permet de remplir la condition posée par le 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, à condition d'exposer, et non de justifier, la situation propre à l'enfant afin de permettre à l'autorité administrative de la contrôler ; l'instruction en famille ne répond en aucun cas à une impossibilité de scolarisation, à une inadaptation scolaire ou à une situation propre, reconnue ab initio mais qui resterait à établir ; en l'espèce, le projet éducatif était développé et comportait les éléments essentiels de la pédagogie, et était en lien direct avec la situation de l'enfant telle que décrite dans le projet éducatif de manière suffisamment étayée ; il ne leur appartient donc pas de démontrer une situation propre à l'enfant par des circonstances particulières dans la mesure où l'élaboration d'un projet d'enseignement sérieux suffit à caractériser cette situation propre ; l'administration a, dans ces conditions, entaché sa décision d'une erreur de droit dans la mesure où elle s'est cru autorisée à contrôler l'appréciation de la situation personnelle F alors qu'elle devait se borner à contrôler l'adaptation du projet éducatif à la situation décrite ; l'autorité administrative n'invoque aucun grief en ce qui concerne le contenu du projet éducatif ;

- la décision attaquée méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par le 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- à titre subsidiaire, il n'est pas justifié que la commission était régulièrement composée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, la rectrice de l'académie de Normandie conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 août 2024 sous le N° 2403441 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Tostivint, greffier d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me de Bezenac, substituant Me Fouret, représentant les requérants, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et ajoute que :

o s'agissant de l'urgence : l'urgence est caractérisée dès lors que le refus opposé entraine une rupture dans la pédagogie dont bénéficie l'enfant ; il a toujours été instruit en famille ; la pédagogie dont il bénéficie n'est pas enseignée à l'école ; il est habitué aux cours par correspondance ; il attend pour débuter un parcours international en ligne en anglais et arabe ; une scolarisation n'est pas compatible avec l'itinérance familiale ; en cas de scolarisation, F devra s'absenter durant de longues semaines, créant une absence de scolarisation effective ; il serait obligé d'abandonner l'apprentissage de l'anglais et de l'arabe, ce dernier lui permettant de communiquer avec sa famille paternelle ; une scolarisation classique serait source de souffrance ; trop de stimulation, de bruit, et d'agitation l'épuisent ; la scolarisation n'est pas adaptée car il est en avance sur son âge et a déjà le niveau CE1 ; la scolarisation équivaudrait pour lui à un redoublement et aurait un impact sur sa construction affective car vécu comme un échec et ainsi source de risque de décrochage scolaire ;

o s'agissant du doute sérieux :

* il renvoie aux écritures et rappelle la teneur des débats législatifs, de la décision du Conseil constitutionnel, et de la jurisprudence du Conseil d'Etat sur le contrôle que peut et doit opérer l'administration, contrôle qui ne peut porter sur l'existence d'une situation particulière ; le code civil prévoit qu'il appartient aux parents d'assurer l'éducation des enfants jusqu'à leur majorité, en les associant à la prise de décision ; en dépit du projet éducatif important, développé, et étayé, le rectorat a voulu étendre son contrôle et a commis une erreur de droit ;

* la décision est entachée d'une erreur de droit et méconnait l'intérêt supérieur de l'enfant ; l'intérêt supérieur de l'enfant doit guider la décision du juge des référés ; F connaît l'instruction en famille depuis toujours ; il est incohérent de lui opposer aujourd'hui un refus alors que les contrôles ont été positifs ; il est habitué aux pédagogies qui lui sont appliquées et qui lui conviennent, ainsi qu'aux cours particuliers ; ces pédagogies ne sont pas disponibles en scolarisation classique ; l'itinérance familiale n'est pas compatible avec la scolarité classique ;

* il renvoie aux écritures s'agissant de la composition irrégulière de la commission ;

- les observations de M. E, pour la rectrice de la région académique Normandie, qui s'en remet aux écritures en défense et ajoute que le voyage et l'apprentissage d'une langue étrangère ne saurait justifier la délivrance d'une autorisation ou l'urgence ; l'anglais est enseigné à l'école ; si des difficultés avec le bruit et l'agitation sont évoquées, il peut être noté que F pratique le football et le rugby ; aucun document ne vient étayer ces difficultés ; dans le projet éducatif, sa mère a indiqué que s'il a un peu d'avance, il doit consolider les acquis ; la nécessité de consolider les acquis dans certaines matières est ressortie des contrôles effectués ; les conclusions de ces contrôles relèvent des incertitudes quant à l'acquisition des connaissances du cycle 2 ; il est indiqué que la mère de l'enfant n'est pas en capacité d'assurer l'apprentissage de la langue arabe et que cet apprentissage sera effectué par son père ; ce dernier n'est toutefois pas titulaire du diplôme nécessaire ; l'administration n'est pas liée par la délivrance d'autorisations au cours des années précédentes ou par les résultats positifs de contrôles ; si des plaquettes commerciales ont été transmises comportant le nom des intervenants, aucune articulation avec les projets développés n'est apportée ; il a déjà été jugé par le juge des référés du tribunal administratif de Rouen que l'itinérance familiale n'est pas un motif suffisant.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B et M. G ont déposé, le 28 avril 2024, une demande d'instruction en famille pour leur fils F, né le 21 novembre 2017, au titre de l'année scolaire 2024-2025 auprès de la directrice académique des services de l'éducation nationale de la Seine-Maritime en vertu des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation en invoquant l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif. Par une décision du 30 mai 2024, la DASEN de la Seine-Maritime a rejeté cette demande. Le 13 juin 2024, les intéressés ont formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision. Par une décision du 26 juillet 2024, notifiée le 29 juillet 2024, dont les requérants demandent la suspension de l'exécution, la commission de l'académie de Normandie a rejeté leur recours administratif.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions relatives aux frais d'instance présentées par les requérants.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B et de M. G est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B, à M. C G, et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de la région académique Normandie.

Fait à Rouen, le 30 août 2024.

La juge des référés

signé

C. A

Le greffier,

signé

H. TOSTIVINT

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions