lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403460 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2024, et un mémoire, enregistré le 8 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Leroy, demande :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 août 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a retiré la carte de séjour dont il est titulaire jusqu'au 6 février 2028 et a abrogé les titres de séjour qui lui ont été délivrés depuis le 6 avril 2018 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui restituer sa carte de séjour " salarié " pluriannuelle et de suspendre tout signalement de la mention de l'abrogation des cartes de séjour l'ayant précédée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, subsidiairement, de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
* la condition tenant à l'urgence à suspendre est remplie dès lors que le retrait d'une carte de séjour constitue un cas d'urgence présumée et qu'en l'espèce, la décision attaquée porte une atteinte grave à sa situation professionnelle dès lors qu'il travaille en vertu d'un contrat à durée indéterminée qui risque d'être rompu ;
* la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision du 2 août 2024 attaquée est remplie dès lors que :
- il a été privé du respect de son " droit à une bonne administration ", comprenant le droit d'être entendu, l'obligation de motivation et d'examen complet, loyal et sérieux de sa demande ;
- la procédure contradictoire préalable au retrait du titre n'a pas été respectée en ce qui concerne cette décision ;
- la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;
- la preuve de la fraude n'est pas apportée par l'autorité administrative ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a entaché son appréciation d'une erreur manifeste quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est de nature à soulever un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la décision par laquelle le président a désigné M. A comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 26 août 2024 sous le n° 2403457, tendant, notamment, à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 2 août 2024 attaqué ;
- les autres pièces du dossier, notamment celles produites pour M. B le 27 août 2024.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Après avoir convoqué à l'audience publique :
- Me Leroy,
- et le préfet de la Seine-Maritime.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 9 septembre 2024 à 9 h 00, présenté son rapport et entendu les observations de Me Leroy, pour M. B, qui reprend les conclusions et moyens de la requête.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () "
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
3. La circonstance que, par l'article 2 de l'arrêté du 2 août 2024 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime ait cru préciser, de façon superfétatoire, qu'il abrogeait les trois titres de séjour mention " salarié ", annuels ou pluriannuels, dont M. B, ressortissant marocain, avait été titulaire du 6 avril 2018 au 6 février 2024 n'entraîne aucun effet de droit dès lors que ces cartes de séjour étaient en tout état de cause venues à expiration. Par suite, les conclusions tendant à suspendre les effets d'une décision qui abroge inutilement des titres de séjour expirés sont irrecevables.
4. Le retrait d'une carte de séjour pluriannuelle " salarié ", par la rupture de droits qu'il entraîne, porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation personnelle du requérant, titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée.
5. En l'état de l'instruction, les deux moyens susvisés tirés, d'une part, de ce que le retrait de la dernière carte de séjour détenue par M. B n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire adaptée et, d'autre part, de ce que le préfet de la Seine-Maritime n'apporte pas la preuve qui lui incombe de la fraude qu'il invoque sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté préfectoral attaqué.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est seulement fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 août 2024 du préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il a retiré sa carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 6 février 2028.
7. Eu égard à son caractère provisoire, la suspension de la décision préfectorale attaquée implique seulement que l'autorité compétente réexamine la situation de M. B à la lumière, notamment, des deux motifs de suspension énoncés au point 5. Il y a lieu d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance sans qu'il soit utile d'assortir cette injonction d'une astreinte.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme d'argent au titre des frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision de retrait de la carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 6 février 2028 contenue dans l'arrêté du 2 août 2024 que le préfet de la Seine-Maritime a notifié à M. B est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Magali Leroy et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 9 septembre 2024.
Le juge des référés,
P. A Le greffier,
N. BOULAY
N°2403460
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026