mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Marianne Njem Eyoum, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a interdit de retour sur le territoire français pendant un an ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent de procéder à l'abrogation de cette décision et de l'effacer des fichiers pertinents.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé ;
- est issu d'une procédure ayant méconnu son droit d'être entendu ;
- méconnaît l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 613-8 du même code ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est illégal en raison des circonstances humanitaires propres à sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête, en soutenant qu'elle est tardive et infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Njem Eyoum représentant M. B, qui reprend et développe les conclusions et moyens de la requête, et qui demande en outre au tribunal d'abroger l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée contre M. B.
Les parties ont été informées pendant l'audience publique, en application des articles R. 611-7 et R. 776-25 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office et tiré de l'irrecevabilité de la demande d'abrogation contentieuse de l'interdiction de retour sur le territoire français.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'annulation de l'arrêté du 15 novembre 2023 :
1. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. / L'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-7, notifiée postérieurement à la décision portant obligation de quitter le territoire français, peut être contestée dans les mêmes conditions () ".
2. L'arrêté attaqué a été envoyé au domicile déclaré de M. B, situé à Petit-Quevilly, par lettre recommandée avec avis de réception. Cette lettre a été avisée à cette adresse le 24 novembre 2023, mais est retournée à son expéditeur le 13 décembre suivant avec la mention " pli avisé et non réclamé ". M. B, qui soutient avoir alors quitté la France pour l'Espagne, n'a pas informé la préfecture de son changement de domicile et ne justifie pas avoir pris ses dispositions pour faire transférer son courrier à sa nouvelle adresse. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué est réputé valablement notifié à la date de sa première présentation postale, soit le 24 novembre 2023. La demande de M. B tendant à l'annulation de cet arrêté, enregistrée le 3 septembre 2024, est par conséquent tardive : elle ne peut qu'être rejetée, de même que la demande d'injonction qui lui est accessoire.
Sur la demande d'abrogation de l'arrêté du 15 novembre 2023 :
3. Si l'étranger faisant l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français peut demander à l'autorité administrative l'abrogation de cette décision en application des articles L. 613-7 et L. 613-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et si un éventuel refus de sa demande peut faire l'objet d'un recours contentieux, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de prononcer lui-même cette abrogation. La demande en ce sens formulée par M. B n'est donc pas recevable.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
Le magistrat délégué,
signé
Philippe C
Le greffier,
signé
Henry TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026