mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | INTER-BARREAUX EMO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 554-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du 11 avril 2024 du conseil municipal de Petit Quevilly portant cession d'un immeuble situé au 8 rue Jacquard au profit de la société anonyme d'habitations à loyer modéré (SA d'HLM) Seine-Habitat au prix de l'euro symbolique.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération prévoit que l'immeuble soit cédé pour un prix inférieur à sa valeur telle qu'estimée par le service du Domaine ;
- la jurisprudence pose deux critères de légalité d'une telle cession, soit l'existence d'un motif d'intérêt général et l'existence de contreparties suffisantes et qu'en l'espèce, il n'est justifié d'aucune contrepartie de nature à permettre une cession à un prix inférieur à la valeur du bien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, la commune de Petit-Quevilly, représentée par Me Gillet, conclut au rejet de la requête à titre principal comme irrecevable, subsidiairement comme non fondée et demande en outre au juge des référés à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête du préfet est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération dès lors qu'il existe un intérêt général à la cession et que les contreparties justifient le prix à l'euro symbolique.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 septembre 2024 sous le n° 2403642 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime demande l'annulation de la délibération attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 24 septembre 2024 en présence de Mme Hussein, greffière de l'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Van Muylder,
- les observations de Mme A représentant le préfet de la Seine-Maritime qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient en outre que la délibération méconnaît les dispositions de l'article L. 1111-6 du code général des collectivités territoriales dans la mesure où la maire de Petit-Quevilly, qui est présidente de la société privée d'HLM à qui le bien est cédé, a participé au vote de la délibération sur le cession à l'euro symbolique, cession qui peut être regardée comme une subvention au sens de l'article L. 1511-3 du code général des collectivités territoriales ;
- et les observations de Me Gillet, représentant la commune de Petit-Quevilly, qui insiste sur l'inutilité des pièces complémentaires demandées par le préfet, concluant ainsi à titre principal à la tardiveté du déféré et indique que le bien est invendable.
La clôture de l'instruction a été différée au 26 septembre 2024 à 12 heures, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Un mémoire a été enregistré le 24 septembre 2024 présenté par le préfet de la Seine-Maritime qui conclut aux mêmes fins et par le moyen développé à l'audience.
Un mémoire a été enregistré le 26 septembre 2024 et non communiqué, par lequel la commune de Petit-Quevilly, représentée par Me Gillet conclut aux mêmes fins.
Considérant ce qui suit :
1. Le conseil municipal de Petit Quevilly a décidé, par délibération du 12 octobre 2023, de céder à la SA d'HLM Seine Habitat au prix de l'euro symbolique, des parcelles cadastrées section AM n°475, 584 et 658 pour 768m² situées 8 rue Jacquard à Petit-Quevilly, composé de quinze appartements et d'une pharmacie au rez-de-chaussée. La valeur de ce bien avait été estimée à 1 290 000 euros le 5 juillet 2023 par le service du domaine. Le préfet de la Seine-Maritime a demandé, par courrier du 13 décembre 2023, à la maire de la commune de Petit-Quevilly de retirer cette délibération qu'il estimait illégale. Par délibération du 11 avril 2024, le conseil municipal de Petit-Quevilly a de nouveau décidé de procéder au transfert de propriété à l'euro symbolique au profit de la SA d'HLM Seine-Habitat. Le préfet de la Seine-Maritime demande par la présente requête la suspension de l'exécution de la délibération du 11 avril 2024.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Petit-Quevilly :
2. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales ci-après reproduit : " Art. L. 2131-6, alinéa 3.-Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes d'autres collectivités ou établissements suivent, de même, les règles fixées par les articles L. 2541-22, L. 2561-1, L. 3132-1, L. 4142-1, L. 4411-1, L. 4421-1, L. 4431-1, L. 5211-3, L. 5421-2, L. 5711-1 et L. 5721-4 du code général des collectivités territoriales ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. "
3. Lorsque le représentant de l'Etat dans le département a demandé des pièces complémentaires nécessaires à l'exercice de son contrôle de légalité d'un acte d'une commune, le délai de recours court à compter de la réception des documents sollicités.
4. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Seine-Maritime a reçu la délibération en litige en préfecture le 15 avril 2024, que les services ont adressé à la commune de Petit-Quevilly, par courrier du 22 mai 2024, une demande de transmission des pièces complémentaires suivantes : le décompte assorti des pièces justificatives, l'étude de réhabilitation thermique, les éléments chiffrés permettant d'établir le bilan financier de l'ensemble immobilier sur la période du 1er février au 31 décembre 2023. La commune de Petit-Quevilly fait valoir que cette demande de pièces complémentaires n'étaient pas justifiées pour apprécier la légalité de la délibération et n'a, dès lors, pas interrompu le délai de recours. Toutefois, les pièces sollicitées, et notamment l'étude de réhabilitation thermique dès lors que cette réhabilitation était présentée dans les motifs de la délibération comme une contrepartie du prix à l'euro symbolique, doivent être regardées comme nécessaires pour apprécier l'ensemble des contreparties justifiant le montant de la cession. Les pièces ont été réceptionnées en préfecture le 11 juillet 2024, la requête tendant à l'annulation et celle tendant à la suspension de la délibération du 11 avril 2024 ayant été enregistrées le 9 septembre 2024, soit avant l'expiration du délai de recours de deux mois, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Petit-Quevilly ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
5. Pour déterminer si la décision par laquelle une collectivité publique cède à une personne privée un élément de son patrimoine à un prix inférieur à sa valeur est, pour ce motif, entachée d'illégalité, il incombe au juge de vérifier si elle est justifiée par des motifs d'intérêt général. Si tel est le cas, il lui appartient ensuite d'identifier, au vu des éléments qui lui sont fournis, les contreparties que comporte la cession, c'est-à-dire les avantages que, eu égard à l'ensemble des intérêts publics dont la collectivité cédante a la charge, elle est susceptible de lui procurer, et de s'assurer, en tenant compte de la nature des contreparties et, le cas échéant, des obligations mises à la charge des cessionnaires, de leur effectivité. Il doit, enfin, par une appréciation souveraine, estimer si ces contreparties sont suffisantes pour justifier la différence entre le prix de vente et la valeur du bien cédé.
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'insuffisance des contreparties de la cession du bien situé au 8 rue Jacquard au prix de l'euro symbolique est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération du 11 avril 2024 du conseil municipal de Petit-Quevilly.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la délibération du 11 avril 2024 du conseil municipal de Petit-Quevilly jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Petit-Quevilly la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la délibération du 11 avril 2024 du conseil municipal de Petit-Quevilly décidant de la cession d'un bien immobilier situé au 8 rue Jacquard pour le prix de l'euro symbolique est suspendue jusqu'à ce que le tribunal se prononce au fond sur sa légalité.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Petit-Quevilly sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Seine-Maritime et à la commune de Petit-Quevilly.
Fait à Rouen, le 1er octobre 2024.
La juge des référés
Signé
C. Van Muylder
La greffière,
Signé
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026