vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | MERHOUM AMINA |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2403674 le 10 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Merhoum-Hammiche, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler " la décision assignant le requérant à résidence " ;
3°) de mettre à la charge de la préfecture la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil qui renoncera à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2403675 le 10 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Merhoum-Hammiche, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision l'assignant à résidence ;
3°) de mettre à la charge de la préfecture la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil qui renoncera à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que l'arrêté contesté :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Berthet-Fouqué, président du tribunal ;
- les observations de Me Merhoum-Hammiche, représentant M. B.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né en 1994, a déclaré être entré en France le 28 septembre 2022. Le 3 septembre 2024, il a été interpelé par la gendarmerie à l'occasion d'un contrôle routier, et a fait l'objet d'une retenue administrative aux fins de vérification de son droit de circulation et de séjour. Par un arrêté du 4 septembre 2024, dont M. B doit être regardé comme demandant l'annulation par sa requête enregistrée sous le n° 2403674, le préfet du Cher l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination. Par un arrêté du même jour, dont M. B demande l'annulation par sa requête enregistrée sous le n° 2403675, le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2403674 et 2403675 visées ci-dessus concernent la situation d'un même étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. "
4. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur les autres conclusions des requêtes :
5. Les arrêtés attaqués, qui n'avaient pas à exposer de manière exhaustive l'ensemble de la situation personnelle de M. B, mentionnent, avec une précision suffisante, les circonstances de fait et de droit qui constituent le fondement des décisions qu'ils comportent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté en ses deux branches.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
7. M. B fait valoir qu'il vit depuis plus d'un an en concubinage avec une ressortissante française née en 1964 et qu'il travaille dans la restauration. Il produit des factures d'énergie et d'eau de juillet et août 2024 justifiant d'une adresse commune à Barentin puis à Maromme, ainsi qu'un contrat de travail conclu le 1er juin 2023 avec un établissement de restauration rapide. Toutefois, après avoir passé vingt-huit ans dans son pays d'origine où vit sa famille, M. B serait entré en France il y a deux ans, sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles, et s'y est maintenu sans solliciter de titre de séjour. Dans ces conditions, compte tenu de la brièveté de la vie commune et de la durée de travail, pour lequel il ne ressort pas des pièces du dossier que son employeur ait demandé une autorisation à son profit, l'obligation de quitter le territoire français ne porte pas à son droit de mener une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
8. Il ressort de ce qui est dit aux points 5 à 7 que M. B ne peut exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
9. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
10. M. B fait valoir qu'il travaille dans un établissement de restauration rapide et qu'il vit à Maromme en concubinage avec une ressortissante française. Toutefois, ces seules circonstances ne sont pas de nature à établir que l'assignation à résidence, qui prescrit à M. B de se présenter deux fois par semaine aux services de police et de ne pas quitter sans autorisation la circonscription de sécurité publique de Rouen, laquelle comprend la commune de Maromme, serait entachée d'une erreur d'appréciation ou qu'elle porterait une atteinte excessive à son droit au respect de la vie privée et familiale.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 4 septembre 2024 par lesquels, d'une part, le préfet du Cher l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de sa destination et, d'autre part, le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2403674 et 2403675 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Merhoum-Hammiche, au préfet du Cher et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le président du tribunal,
Signé
J. Berthet-Fouqué
La greffière,
Signé
C. Dupont
La République mande et ordonne au préfet du Cher et au préfet de la Seine-Maritime en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Nos 2403674, 2403675
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026