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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403733

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403733

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403733
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantBIDAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Bidault, demande au tribunal :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire :

2°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté 9 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une période de 45 jours en lui faisant interdiction de quitter les communes de la circonscription de sécurité publique de Rouen et l'a soumis à une obligation de présentation hebdomadaire au commissariat d'Elbeuf ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil, la somme de 1 500 euros TTC au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

Sur l'ensemble des décisions contestées

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'erreur de fait dès lors qu'il n'a pas été débouté de sa demande d'asile ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle dès lors qu'il a toujours la qualité de demandeur d'asile ;

Sur la décision d'obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'erreur de droit dès lors que sa demande d'asile n'ayant fait l'objet d'aucun examen, il n'entre pas dans le champ d'application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais dans celui de l'article L. 572-1 du même code ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle et familiale ;

Sur la décision de refus de délai de départ volontaire :

- elle méconnait les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a sollicité un titre de séjour au titre de l'asile lors de son arrivée en France ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français ou de celle refusant le délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnait l'article 33 de la convention de Genève et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est demandeur d'asile et qu'il n'a jamais été statué sur sa demande ;

Sur la décision d'assignation à résidence :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle Mme Galle a été désignée comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;

- la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Au cours de l'audience publique du 24 septembre 2024 ont été entendus :

- le rapport de Mme Galle, magistrate désignée,

- les observations de Me Bidault, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient en outre que la décision de transfert vers l'Espagne n'a jamais été exécutée, et que M. A n'a pas été convoqué à cette fin ; que la demande d'asile n'a jamais été examinée alors que la France est responsable de l'examen de cette demande dès lors que M. A n'est pas en fuite, ce qui faisait obstacle à l'intervention d'une mesure d'éloignement ; elle soutient que si la préfecture allègue n'avoir pas eu connaissance de la qualité de demandeur d'asile de l'intéressé, elle aurait pu néanmoins recueillir ses empreintes ;

- les observations de M. B A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 5 janvier 1988, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an. Il demande également au tribunal d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

5. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, (.) ". Aux termes de l'article L. 521-7 du même code : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'Etat. (.) ". Aux termes de l'article L. 541-1 de ce code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 541-2 de ce code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent.

6. D'autre part, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers : " 1. Le transfert du demandeur () de l'Etat membre requérant vers l'Etat membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'Etat membre requérant, après concertation entre les Etats membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre Etat membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3. () ; / 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'Etat membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'Etat membre requérant. Ce délai peut être porté () à dix-huit-mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. () ".

7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. () ". Aux termes de l'article L. 572-4 du même code : " Sans préjudice de l'article L. 352-4, la décision de transfert mentionnée à l'article L. 572-1 peut être contestée devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ou, lorsque l'étranger est placé en rétention administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 921-2.". Aux termes de l'article L. 572-2 du même code : " La décision de transfert ne peut faire l'objet d'une exécution d'office avant l'expiration d'un délai de quinze jours. Toutefois, ce délai est ramené à quarante-huit heures dans les cas où une décision d'assignation à résidence en application de l'article L. 751-2 ou de placement en rétention en application de l'article L. 751-9 a été notifiée avec la décision de transfert ou que l'étranger fait déjà l'objet de telles mesures en application des articles L. 731-1, L. 741-1, L. 741-2, L. 751-2 ou L. 751-9./ Lorsque le tribunal administratif a été saisi d'un recours contre la décision de transfert, celle-ci ne peut faire l'objet d'une exécution d'office avant qu'il ait été statué sur ce recours. "

8. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'introduction d'un recours devant le tribunal administratif contre la décision de transfert a pour effet d'interrompre le délai de six mois fixé à l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013, qui courait à compter de l'acceptation du transfert par l'Etat requis, délai qui recommence à courir intégralement à compter de la date à laquelle le tribunal administratif statue au principal sur cette demande, quel que soit le sens de sa décision. D'autre part, la notion de fuite au sens des dispositions précitées de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit s'entendre comme visant notamment le cas où un ressortissant étranger se serait soustrait de façon intentionnelle et systématique au contrôle de l'autorité administrative en vue de faire obstacle à une mesure d'éloignement le concernant.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B A a sollicité l'asile à son arrivée en France et s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile en procédure Dublin valable du 23 août au 22 septembre 2023. Si cette attestation comporte une date de naissance différente de celle indiquée par le requérant lors de son audition du 9 septembre 2024 et de celle qu'il mentionne dans la présente requête, il n'est pas contesté en défense par le préfet que le requérant, se présentant comme M. B A né le 5 janvier 1988 à Kapoundoune (Sénégal), et le titulaire de l'attestation de demande d'asile précitée, d'ailleurs produite par le requérant à l'appui de la présente requête, qui est " M. B A né le 7 septembre 1998 à Kapoundoune (Sénégal) " sont une seule et même personne. M. A a fait l'objet d'une décision de transfert vers l'Espagne en application de l'article 13 du règlement (UE) n°604/2013 en date du 4 septembre 2023. Il a contesté cette décision devant le tribunal administratif, qui a rejeté sa requête par un jugement n° 2304076 du 20 novembre 2023. M. A soutient sans être contesté qu'à la suite de ce jugement, l'arrêté de transfert vers l'Espagne n'a pas été exécuté, et qu'aucune mesure de convocation de la part de l'autorité administrative afin de procéder à l'exécution de cette mesure de transfert ne lui a été adressée dans le délai de six mois mentionné à l'article 29 du règlement (UE) n°604/2013. Par suite, dès lors que la notion de fuite au sens de cet article doit s'entendre des cas où un ressortissant étranger se serait soustrait de façon intentionnelle et systématique au contrôle de l'autorité administrative en vue de faire obstacle à une mesure d'éloignement, M. A, dont il n'est pas contesté qu'il ne s'est jamais soustrait à un tel contrôle, ne peut être regardé comme étant en fuite. En conséquence, à l'expiration du délai de six mois suivant l'intervention du jugement du 20 novembre 2023, qui est devenu définitif, la France est devenue responsable de l'examen de la demande d'asile de M. A, en application des dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013.

10. Il résulte de ce qui précède que, alors même que M. A ne s'est pas spontanément présenté dans les services de la préfecture à compter du 20 mai 2023 pour solliciter son admission au séjour au titre de l'asile, et alors même qu'il n'a pas davantage rappelé, lors de son audition du 9 septembre 2024, qu'il avait sollicité l'asile un an plus tôt et fait l'objet d'une décision de transfert vers l'Espagne non exécutée, le requérant, qui ne peut être regardé comme ayant explicitement ou tacitement entendu retirer sa demande de protection internationale doit être regardé comme ayant toujours la qualité de demandeur d'asile. La circonstance, invoquée par le préfet en défense, selon laquelle l'administration n'avait pas connaissance de la qualité de demandeur d'asile de M. A lors de son interpellation dès lors que l'intéressé avait mentionné une date de naissance différente lors du dépôt de sa demande d'asile est sans incidence sur la qualité de demandeur d'asile de M. A à la date de l'arrêté attaqué.

11. Dès lors que la France était, à la date de l'arrêté attaqué du 9 septembre 2024, responsable pour l'examen de sa demande d'asile, le préfet de la Seine-Maritime ne pouvait légalement, sans méconnaitre les dispositions citées au point 5 selon lesquelles l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit autorisé à demeurer provisoirement sur le territoire jusqu'à ce qu'il était été statué sur sa demande, prononcer à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité.

12. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 9 septembre 2024 est entachée d'un défaut d'examen de sa situation eu égard à sa qualité de demandeur d'asile, laquelle lui conférait le droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande.

13. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 9 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée, de même que, par voie de conséquence, les décisions portant refus de délai de départ volontaire, fixant le pays de destination, et portant interdiction de retour sur le territoire français. De même, l'arrêté du 9 septembre 2024 portant assignation à résidence sur le territoire français, fondé sur l'obligation de quitter le territoire français du 9 septembre 2024 doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'éloignement

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Aux termes de l'article L 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "

15. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Seine-Maritime réexamine la situation de M. A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Eu égard au motif de l'annulation prononcée par le présent jugement, il appartiendra au préfet de délivrer à l'intéressé l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le formulaire prévu à l'article R. 521-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui permettant d'introduire sa demande auprès de l'OFPRA.

Sur les frais liés au litige :

16. M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bidault, avocat de M. A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bidault de la somme de 1000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à M. A.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 9 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an est annulé.

Article 3 : L'arrêté du 9 septembre 2024 portant assignation à résidence de M. A est annulé.

Article 4 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin de lui permettre de déposer sa demande d'asile.

Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Bidault renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Bidault, avocat de M. A, une somme de 1000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. GALLELa greffière,

Signé

C. DUPONT

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

C. DUPONT

N°2403733

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