mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403749 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, et un mémoire, enregistré le 18 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Yousfi, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, à titre principal, la somme de 1000 euros à verser à Me Bilal Yousfi en application des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, la somme de 1 500 euros à verser à lui-même en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision en litige :
- est insuffisamment motivée ;
- est prise par une autorité incompétente ;
- méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ;
- méconnaît l'article L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- a été prise sans qu'il n'ait été procédé à un examen sérieux de sa situation.
Le Tribunal a été informé, par communication du 19 septembre 2024, que M. B jusqu'alors placé en rétention administrative, fait l'objet d'une assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable, décidée par arrêté du 17 septembre 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience fixée au 27 septembre 2024 à 10 heures 30.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et constaté qu'aucune des parties n'est présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1.M. A B, ressortissant tunisien, a fait l'objet, le 9 mars 2023, d'un arrêté du préfet des Hauts-de-Seine portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour d'une durée d'un an. Le 5 novembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé, à son encontre, une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par l'arrêté contesté du 14 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé une nouvelle prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français de deux ans.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2.Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () L'aide juridictionnelle provisoire devient définitive si le contrôle des ressources du demandeur réalisé a posteriori par le bureau d'aide juridictionnelle établit l'insuffisance des ressources ".
3. Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B à l'aide juridictionnelle dans les conditions rappelées au point 2.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants :1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
5. L'arrêté en litige, après avoir rappelé les décisions prises à l'encontre de M. B en 2023, retient que l'intéressé n'a pas cherché à régulariser sa situation administrative depuis le prononcé de la mesure d'éloignement, qu'il ne prouve pas avoir déféré à la mesure d'éloignement, qu'il ne prouve pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, qu'il représente une menace pour l'ordre public et que " compte tenu des éléments propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale ". Ainsi, l'arrêté en litige ne prend en compte ni la durée de présence de M. B sur le territoire français, ni la nature de ses liens avec la France, alors que l'intéressé s'était notamment prévalu d'une relation de concubinage et d'un projet de mariage avec une ressortissante française. Par suite, l'intéressé est fondé à soutenir que cet arrêté est entaché d'un défaut de motivation et a été pris sans qu'il n'ait été procédé à un examen sérieux de sa situation. Cet arrêté doit donc être annulé, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur les autres moyens soulevés à son encontre.
Sur les frais de justice :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre quelque somme que ce soit à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 ou de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. A B est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Bilal Yousfi et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A. CLa greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026