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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403786

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403786

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403786
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête en référé de M. B, qui demandait à être affecté en classe de terminale STMG au lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly. Le juge a estimé que la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution de décisions administratives d'affectation prises par la directrice académique des services de l'éducation nationale (DASEN), en application de l'article D. 331-42 du code de l'éducation. Par conséquent, la condition de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'était pas remplie. La demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle a également été rejetée, l'action étant jugée manifestement dénuée de fondement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, et un mémoire, enregistré le 27 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Aït Taleb, demande :

1°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Normandie de l'affecter dans une classe de terminale Sciences et technologies du management et de la gestion (STMG) du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly dans le délai de huit jours, sous astreinte journalière de 500 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, subsidiairement, 1 500 euros de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- après avoir présenté des demandes sur les fondements des articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, il peut solliciter une mesure sur le fondement, subsidiaire, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ;

- en refusant de lui permettre de redoubler dans la classe de terminale STMG du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly, qui était sa demande principale, l'administration méconnaît directement son droit à une nouvelle inscription dans l'établissement dont il est issu, prévu par l'article D. 331-42 du code de l'éducation ;

- un simple lettre de l'inspectrice d'académie adressée à un proviseur de lycée ne peut s'analyser en une décision d'affectation ;

- aucune proposition sérieuse n'a été formulée ;

- déscolarisé plusieurs semaines après la rentrée scolaire, il justifie d'une situation d'urgence ;

- l'injonction demandée constitue une mesure dont l'utilité est justifiée par la nécessité de la scolariser ;

- cette mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, la rectrice de l'académie de Normandie conclut au non-lieu à statuer.

La rectrice soutient que :

- la condition tenant à l'urgence à intervenir n'est pas remplie, en raison en particulier de l'attitude du requérant et de ses parents ;

- la mesure demandée en référé ne présente pas de caractère d'utilité.

Par un mémoire et un mémoire rectificatif, enregistrés le 1er octobre 2024, M. B conclut aux mêmes dinas que sa requête, par les mêmes moyens et conclut en outre, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit enjoint au proviseur du lycée Val-de-Seine de communiquer les registres des effectifs des classes de terminale STMG des années 2022/2023, 2023/2024 et 2024/2025, tous élément justifiant de l'impossibilité d'admettre un élève de plus en classe de terminale STMG au titre de l'année scolaire 2024/2025 et tous éléments justifiant que les différentes possibilités de maintien du requérant dans cette classe ont été explorées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique permet d'admettre provisoirement un demandeur à l'aide juridictionnelle. S'il n'appartient qu'au bureau d'aide juridictionnelle de statuer sur toutes les conditions d'admission à l'aide juridictionnelle, l'admission provisoire à cette aide peut être refusée si une de ces conditions apparaît manifestement non remplie.

3. Les dispositions de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 prévoient que l'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement. Ainsi qu'il est dit ci-après, la requête de M. B ne remplit pas les conditions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et se trouve manifestement dénuée de fondement. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle doit être rejetée.

Sur la demande de référé :

4. Il ressort des termes mêmes de l'article D. 331-42 du code de l'éducation relatif à la procédure d'orientation des élèves dans les établissements d'enseignement publics, que, lorsqu'il est demandé par l'élève, le changement éventuel d'établissement scolaire relève de la compétence du directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) agissant sur délégation du recteur d'académie. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. B, la lettre du 29 août 2024 par laquelle la DASEN de la Seine-Maritime a demandé son inscription au proviseur du lycée Gustave Flaubert constitue une décision d'affectation exécutoire. Pour le même motif, la dernière décision, en date du 19 septembre 2024, par laquelle la DASEN de la Seine-Maritime demande l'inscription du requérant en classe de terminale STMG Ressources humaines et communication au proviseur du lycée Les Bruyères de Sotteville-lès-Rouen est une décision d'affectation exécutoire qui révèle en outre une décision de maintenir un refus d'affectation au lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly. Par suite, enjoindre à l'administration d'affecter l'intéressé dans ce dernier établissement reviendrait à faire obstacle à l'exécution de décisions administratives au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Compte tenu du motif énoncé au point 4, la communication de documents détenus par le lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly ne présente aucun caractère d'utilité. Au demeurant, le litige, mettant en cause l'Etat, ne peut être étendu à un établissement public local d'enseignement tel que ce lycée, sans conférer à l'instance en référé la nature d'un litige distinct.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander d'ordonner, à titre principal, à la rectrice de l'académie de Normandie de l'affecter dans une classe de terminale STMG du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly ni, à titre subsidiaire, au proviseur de ce lycée la production de documents relatifs à la situation des effectifs des élèves de cette classe. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Akli Aït-Taleb et à la ministre de l'éducation nationale.

Copie en sera transmise, pour information, à la rectrice de l'académie de Normandie.

Fait à Rouen, le 2 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. MINNE

N°2403786

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