LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403799

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403799

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403799
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPrt, magistrat désigné R.778-3
Avocat requérantDA & MC SOCIETE D'AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. A... contestant les décisions de la commission de médiation de la Seine-Maritime des 26 juin et 28 août 2024. Ces décisions refusaient de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement sur le fondement du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Le requérant invoquait l’inadaptation de son logement à son handicap, son insalubrité et un délai d’attente anormalement long. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés n’étaient pas fondés, confirmant ainsi la légalité des décisions de la commission.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des pièces, enregistrés les 18 septembre, 30 septembre, 19 novembre, 13 décembre et 18 décembre 2024, et les 4 janvier, 7 mars et 22 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Suxe, demande au tribunal :

1°) d’annuler les décisions des 26 juin et 28 août 2024 par lesquelles la commission de médiation de la Seine-Maritime a rejeté son recours tendant à reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement présentée sur le fondement du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation ;

2°) d’enjoindre à la commission de médiation de la Seine-Maritime de lui reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.

Il soutient que :
- sa demande de logement social est en attente depuis deux ans et huit mois, ce qui constitue un délai anormalement long ;
-il a élargi les secteurs de recherche liés à sa demande de logement ;
- en raison de ses problèmes de santé, le logement qu’il occupe n’est plus adapté à sa situation, notamment eu égard à son insalubrité ;
- le logement qu’il occupe n’est pas adapté à sa situation de handicap ;
- le logement qu’il occupe est trop petit.


Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.


M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par décision du 3 février 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Armand, premier conseiller, en application de l’article R. 778-3 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à cet article.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Armand,
- les observations de Me Suxe, représentant M. A..., qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :


1. M. B... A... a saisi le 16 avril 2024 la commission de médiation du département de la Seine-Maritime d’un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, au motif que le logement qu’il occupe est inadapté à son handicap. Par une décision du 26 juin 2024, la commission de médiation a rejeté son recours. M. A... a formé un recours gracieux le 19 juillet 2024. Par une décision du 28 août 2024, la commission de médiation de la Seine-Maritime a rejeté son recours gracieux. M. A... demande au tribunal l’annulation des décisions du 26 juin 2024 et du 28 août 2024.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. Aux termes du II de l’article L.441-2-3 du code de la construction et de l’habitation : « La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / […] Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. / […] / Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence (...) ». Aux termes de l’article R. 441-14-1 de ce même code : « La commission, saisie sur le fondement du II (…) de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement (…) en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 / (…) / - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ». Aux termes de l’article R. 822-25 de ce code : « Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. »

3. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d’urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d’accès au logement social et justifier qu’il se trouve dans une des situations prévues au II de l’article L.441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, et qu’il satisfait à un des critères définis à l’article R.441-14-1 de ce même code. Dès lors que l’intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

4. Pour rejeter le recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. A..., la commission de médiation de la Seine-Maritime a retenu que la demande de logement social limitée aux communes de Rouen et Sotteville-lès-Rouen est très restrictive. Pour rejeter son recours administratif, la commission a retenu que M. A... n’apporte pas de nouveaux éléments permettant de reconsidérer la décision, la demande de logement restant très restrictive ce qui contribue ainsi à l’allongement des délais pour une proposition de logement adaptée, qu’en outre les problèmes de voisinage évoqués pour justifier le besoin d’un nouveau logement ne constituent pas des arguments susceptibles d’être examinés par la commission.

5. Pour contester les décisions par lesquelles la commission de médiation de la Seine-Maritime a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social et a rejeté son recours gracieux, M. A... fait valoir que son logement est insalubre. Il produit des photos du logement présentant des moisissures à différents endroit, principalement autour d’une fenêtre et sur le plafond. Il ressort également des pièces du dossier que, suite à une demande du requérant de visite du service hygiène et santé de la commune de Rouen, afin de constater l’insalubrité de son logement, un technicien est venu relever la température du logement. Cependant, ces seuls éléments ne suffisent pas à établir qu’à la date des décisions attaquées, son logement est impropre à l’habitation ou présente un caractère insalubre ou dangereux.

6. En outre, si M. A... fait valoir son handicap, il n’établit pas que son logement ne serait pas adapté à son handicap.

7. Si M. A... fait valoir dans sa demande de logement social que son logement est trop petit, il ressort de pièces du dossier que M. A... habite seul dans un logement d’une surface de 28m2. Ainsi, la surface habitable de ce logement est supérieure à la surface minimale exigée par les dispositions de l’article R. 822-25 du code de la construction et de l’habitation. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. M. A... fait état du caractère dégradé de l’environnement de son logement, compte tenu du voisinage, notamment en raison de tapage nocturne, de menace verbale et physique, et du fait qu’il subit du harcèlement suite à un dépôt de plainte. Toutefois, à supposer toutes ces circonstances établies et sans contester qu’elles puissent être source pour M. A... d’insatisfaction et de difficultés au quotidien, leur gravité n’est pas suffisante pour justifier que son logement soit considéré comme inadapté à ses besoins au sens des dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation.

9. Enfin, il ressort des termes mêmes de la demande de logement social et des décisions attaquées que M. A... a sollicité l’octroi d’un logement individuel de type F2, avec balcon et adapté à son handicap, situé sur les territoires des communes de Sotteville-lès-Rouen et certains quartiers de Rouen. Dans ces circonstances, malgré le fait qu’il ait accepté d’élargir le périmètre géographique à quelques quartiers supplémentaires de Rouen, la commission n’a pas fait une appréciation erronée de la demande de M. A... en la qualifiant de « très restrictive » et contribuant « ainsi à l’allongement des délais pour une proposition de logement adaptée ». Si dans le cadre de ses écritures M. A... fait valoir qu’il a étendu le périmètre géographique de sa demande de logement aux communes de Darnétal et Déville-lès-Rouen, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Par suite, le moyen doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d’injonction.


D E C I D E :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Suxe et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2025.


Le magistrat désigné,

Signé

G. ARMAND
Le greffier,

Signé

J-B. MIALON

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.







Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions