jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024 et un mémoire en production de pièces enregistré le 3 octobre 2024, M. C A, représenté par la SELARL Mary et Inquimbert, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de 50 euros, et une carte de séjour temporaire dans le délai de trente jours, sous astreinte journalière de 100 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A soutient que l'arrêté en litige :
- est insuffisamment motivé ;
- a été pris en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- repose sur un refus de séjour illégal ;
- repose sur une mesure d'éloignement illégale dès lors qu'il a le droit à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour au titre des articles L. 425-10 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable à la date de l'obligation de quitter le territoire français du 19 septembre 2022 ;
- est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru tenu de prendre la décision en litige ;
- est entaché d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024, ont été entendus le rapport de Mme Jeanmougin, magistrate désignée, et les observations de Me Bidault, substituant la SELARL Mary et Inquimbert, pour M. A, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et insiste sur l'insuffisante motivation de la décision, le préfet de la Seine-Maritime n'étant présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité nigériane, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence.
2. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, notamment la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. A le 19 septembre 2022, sa nationalité, le domicile qu'il a déclaré, l'absence de présentation d'un document de voyage en cours de validité et la nécessité d'organiser son départ. Elle est donc suffisamment motivée, compte tenu de son objet et de ses effets, nonobstant la circonstance qu'elle ne fait pas état de l'ensemble des éléments de la situation personnelle et familiale de l'intéressé dont le préfet avait connaissance.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement en 2022 et, le 30 janvier 2023, d'un refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Il ne pouvait donc ignorer qu'à défaut d'exécution volontaire de la mesure d'éloignement prise à son encontre, il était susceptible d'être éloigné d'office à destination de son pays d'origine et assigné à résidence. M. A a en outre été auditionné par les services de police le 17 septembre 2024 et a pu, à cette occasion, présenter les observations qu'il souhaitait sur son séjour en France, sa situation familiale, ses moyens de subsistance et la perspective de son assignation à résidence. Le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit donc être écarté.
4. En troisième lieu, la décision en litige assignant M. A repose sur une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 19 septembre 2022, dont le tribunal n'a pas remis en cause la légalité, et non sur un refus de titre de séjour. Le moyen tiré, par exception, de l'illégalité d'un refus de titre de séjour qui n'existe pas doit donc être écarté.
5. En quatrième lieu, par les pièces qu'il produit et ses allégations générales, M. A n'établit ni que l'état de santé de l'une de ses filles aurait, en l'absence de prise en charge, des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni que sa famille, composée de sa compagne en situation irrégulière et de ses deux filles mineures de 4 et 6 ans, aurait fixé en France le centre de ses intérêts. Le recours contentieux qu'il a introduit contre le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour fondée sur l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas suspensif de l'exécution de cette décision. M. A ne démontre donc pas avoir le droit à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour qui ferait obstacle à ce que l'autorité préfectorale mette en œuvre l'exécution d'office de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 19 septembre 2022.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. / La décision d'assignation à résidence peut être prise pour l'étranger accompagné d'un mineur. "
7. A la date à laquelle elle a été prise, qui est celle à laquelle sa légalité doit être appréciée, aucun texte n'exige que l'assignation à résidence doit être fondée sur une obligation de quitter le territoire français prise moins d'un an auparavant. Par suite, c'est sans erreur de droit que le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. A à résidence en se fondant sur l'obligation de quitter le territoire français dont il avait fait l'objet le 19 septembre 2022, qui n'est pas devenue caduque par l'écoulement du temps et qui est toujours exécutoire.
8. En sixième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni de la rédaction de la décision en litige que le préfet se serait cru en situation de compétence liée pour assigner à résidence M. A. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
9. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A et sa compagne sont entrés en France en 2020 à la seule fin d'y demander l'asile. Leurs demandes, ainsi que celles de leurs deux filles mineures, ont été rejetées. Rien n'établit que la famille aurait vocation à rester sur le territoire français où ils n'établissent pas d'attaches particulières et alors qu'il n'est pas démontré par les pièces produites que l'état de santé de sa fille B, à le supposer grave, ne pourrait pas être pris en charge au Nigéria. M. A n'a pas mis à exécution la mesure d'éloignement prise à son encontre en septembre 2022 et, dépourvu de ressources stables, ne justifie pas organiser son départ volontaire. Il ne fait état d'aucun obstacle à ce qu'il respecte les modalités de son assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de sa situation personnelle ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la SELARL Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026