mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403872 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CHALES MARGAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Châles, demande :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, contenue dans un courriel du 23 juillet 2024, par laquelle le préfet de l'Eure a refusé de le munir d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de le munir du récépissé demandé l'autorisant à exercer une activité professionnelle dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
' la condition tenant à l'urgence à suspendre est remplie ;
' la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :
- cette décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- son dossier de demande étant complet, le refus de lui délivrer un récépissé méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la décision par laquelle le président a désigné M. A comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 23 septembre 2024 sous le n° 2403877, par laquelle M. B demande, notamment, l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Après avoir régulièrement convoqué à une audience publique :
- Me Châles ;
- et le préfet de l'Eure.
Après la présentation du rapport, au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024 à 9 h 07, ont été entendues les observations de Me Châles, pour M. B, qui reprend, en les développant, les conclusions et moyens de la requête.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience à 9 h 18.
Connaissance prise du mémoire, enregistré le 7 octobre 2024 à 9 h 25, présenté par le préfet de l'Eure.
Considérant ce qui suit :
1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. B, ressortissant sénégalais, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () "
3. M. B a produit l'intégralité des pièces justificatives de contribution à l'entretien de ses enfants et des documents relatifs à leur nationalité et à leur filiation qu'il était en mesure de produire. Ainsi, son dossier de demande de carte de séjour doit être regardé comme complet au sens de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie son article R. 433-1. Dans ces conditions, la demande de suspension, formée contre une décision faisant grief, est recevable.
4. Les services de la préfecture de l'Eure n'ignorent pas que M. B, ressortissant sénégalais, a régulièrement séjourné sur le territoire national en qualité de parent d'enfants français mineurs de 2017 à 2021. L'instruction de la dernière demande de carte de séjour en cette qualité a donné lieu à diverses correspondances en vue de faire produire des pièces et justifications relatives aux enfants du couple, depuis séparé. Il résulte suffisamment de l'instruction que le requérant est effectivement père de deux enfants de nationalité française nés en 2016 et 2019 et que la pension alimentaire de cent euros par mois et par enfant fixée par le dernier jugement du tribunal judiciaire doit, en vertu de cette décision de justice, être versée par l'intermédiaire de l'organisme débiteur des prestations familiales. Alors que l'intéressé s'était vu remettre un récépissé de demande de titre de séjour, le fait d'en être dorénavant dépourvu a entraîné la rupture du contrat d'aide-soignant qui le liait à un établissement hospitalier depuis plusieurs années et le place désormais dans une situation financière qui l'empêche précisément de s'acquitter, notamment, de son obligation alimentaire. Dans ces conditions, la condition de l'urgence doit être regardée, dans les circonstances particulières de l'espèce, comme étant remplie.
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la décision attaquée, qui consiste en un courrier électronique émanant d'une adresse fonctionnelle de la préfecture de l'Eure signée des initiales MH, méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et le moyen tiré de la méconnaissance directe des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui imposent à l'autorité préfectorale de munir d'un récépissé l'auteur d'une demande de carte de séjour complète sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander la suspension de l'exécution du message électronique du 23 juillet 2024 par lequel un agent de la préfecture de l'Eure a refusé de le munir d'un récépissé de demande de carte de séjour ou d'une attestation de demande de titre de séjour.
7. Eu égard à son caractère provisoire, la suspension de la décision préfectorale attaquée implique seulement que l'autorité compétente réexamine la situation de M. B à la lumière, notamment, du motif de suspension énoncé au point 5. Il y a lieu d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros à verser à Me Châles en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous la double réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation de son avocat à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision, contenue dans le message électronique du 23 juillet 2024, par laquelle un agent de la préfecture de l'Eure a refusé de munir M. B d'un récépissé de demande de carte de séjour ou d'une attestation de demande de titre de séjour est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 500 euros à Me Châles en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous la double réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Châles à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Margaux Châles et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de l'Eure.
Fait à Rouen, le 8 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. A Le greffier,
N. BOULAY
N°2403872
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026