jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403882 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | BERRADIA NEJLA |
Vu les procédures suivantes :
I°./ Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024 sous le n° 2403881 et un mémoire en production de pièces enregistré le 7 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Berradia, demande au Tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français de trois ans dont il a fait l'objet par arrêté du 11 février 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que l'arrêté en litige :
- est insuffisamment motivé ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
II°./ Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024 sous le n° 2403882, M. A B, représenté par Me Berradia, demande au Tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
M. B soutient que l'arrêté en litige :
- est insuffisamment motivé ;
- a été pris sans examen de sa situation individuelle ;
- est illégal dès lors qu'il n'existe pas de perspective raisonnable d'éloignement ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020, notamment son article 92 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024, ont été entendus le rapport de Mme Jeanmougin, magistrate désignée, et les observations de Me Berradia, pour M. B, non présent, qui reprend ses conclusions et moyens, le préfet de la Seine-Maritime n'étant présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né en 1991 et de nationalité algérienne, demande au tribunal d'annuler, d'une part, par sa requête n° 2403881, l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français de trois ans dont il a fait l'objet par arrêté du 11 février 2022 et, d'autre part, par sa requête n° 2403882, l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence.
2. Les requêtes n°s 2403881 et 2403882 sont présentées par le même requérant, posent des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
3. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dans les instances n°s 2403881 et 2403882. En vertu de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles, la part contributive versée par l'État à l'avocat choisi ou désigné pour assister la même personne dans des litiges reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire. Tel est le cas en l'espèce ainsi qu'il est dit au point précédent entre les instances n°s 2403881 et 2403882. L'instance n° 2403882 donnera ainsi lieu à une réduction de 30 % appliquée à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Sur la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français :
4. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé, notamment la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B le 11 février 2022, sa nationalité, l'absence d'exécution de la mesure d'éloignement et de démarche engagée par l'intéressé depuis lors pour régulariser sa situation, la menace à l'ordre public qu'il représente et l'absence de preuve qu'il serait exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il est donc suffisamment motivé.
5. En deuxième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien qui ne régissent pas les prolongations d'interdiction de retour sur le territoire français prises à l'encontre de ressortissants algériens.
6. En dernier lieu, si M. B soutient avoir des attaches familiales en France, il ne le démontre pas en se bornant à produire un titre de séjour délivré au nom d'une homonyme qu'il présente comme sa sœur et il ne justifie par aucune pièce être dépourvu de toute attache en Algérie, son pays d'origine qu'il n'aurait quitté qu'à l'âge de 28 ans. Le requérant admet être entré irrégulièrement en France en 2019 et il a fait l'objet le 11 février 2022 d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans, qu'il n'a pas mise à exécution. Il a été condamné en 2021 à une peine d'emprisonnement pour vol. Il n'établit aucune insertion sociale en France ni aucune perspective d'insertion professionnelle. En prolongeant de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français de trois ans dont a fait l'objet l'intéressé, le préfet de la Seine-Maritime n'a donc pas porté, eu égard aux buts poursuivis, une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur l'assignation à résidence :
7. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, notamment la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B, sa résidence déclarée à Rouen, l'absence de remise par l'intéressé d'un document de voyage en cours de validité et la nécessité d'organiser son départ. Elle est donc suffisamment motivée.
8. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle de M. B n'aurait pas fait l'objet d'un examen avant l'édiction de la décision contestée.
9. En troisième lieu, en se bornant à soutenir que les services de la préfecture n'avaient pas pu obtenir un laisser-passer consulaire pour l'exécution d'office de la mesure d'éloignement prise à son encontre en 2022, M. B n'établit nullement qu'il n'existerait pas en 2024 de perspective raisonnable d'éloignement.
10. En dernier lieu, M. B fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas mise à exécution, et n'établit, par les pièces qu'il produit, ni disposer des moyens d'organiser son départ immédiat du territoire ni d'obstacles, familiaux ou professionnels, à ce qu'il respecte les modalités de son assignation. Le préfet de la Seine-Maritime pouvait donc, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, l'assigner à résidence.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est fondé à demander l'annulation ni de l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français de trois ans dont il a fait l'objet ni de l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans les instances n° 2403881 et n° 2403882 dans les conditions fixées au point 3.
Article 2 : Le surplus des requêtes de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Nejla Berradia et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2403881, 2403882
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026