mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Verilhac, associée de la Selarl Eden Avocats, demande au Tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation au versement de l'aide juridictionnelle ou, à titre subsidiaire, la même somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- la perspective raisonnable de son éloignement n'est pas démontrée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Armand comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024, ont été entendus :
- le rapport de M. Armand ;
- les observations orales de Me Dantier substituant Me Verilhac, pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 2 mars 1997, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, la décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, elle est suffisamment motivée.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
6. D'une part, il n'est pas contesté que M. A a fait l'objet, le 28 février 2024, d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire de trente jours, qui était donc expiré à la date à laquelle a été pris l'arrêté du 24 septembre 2024 l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Contrairement à ce qui est soutenu, la circonstance que le requérant se soit vu délivrer, le 13 mars 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 12 juin 2024 n'a pas eu pour effet, même implicitement et nécessairement, d'abroger l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 28 février 2024. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est dépourvu de base légale doit être écarté.
7. D'autre part, dès lors que M. A est titulaire d'un passeport ivoirien en cours de validité, le préfet de la Seine-Maritime a pu estimer que son éloignement demeurait une perspective raisonnable sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à la prise en charge des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Verilhac et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
G. ArmandLa greffière,
A. Lenfant
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403916
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