Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête de M. C..., ressortissant géorgien, contestant l'arrêté préfectoral du 8 octobre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai. La juridiction a estimé que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte était manifestement infondé, une délégation de signature régulière ayant été publiée. Elle a également jugé que l'arrêté était suffisamment motivé en droit et en fait, en application des articles L.611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, le moyen d'erreur manifeste d'appréciation, non assorti de précisions, a été rejeté comme irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024, M. A... C... demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 8 octobre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an ;
2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que :
-il est arrivé en France il y a une dizaine de jours en tant que touriste ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 13 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…) ».
M. C..., né le 28 février 1993 de nationalité géorgienne, a été interpellé par les services de police le 7 octobre 2024. Par un arrêté du 8 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an. Par un arrêté du 10 octobre 2024, le préfet a placé l’intéressé en rétention administrative. Par une ordonnance du 15 octobre 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné la libération de l’intéressé.
En premier lieu, par un arrêté n° 24-035 du 12 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime le même jour, le préfet de ce département a donné délégation à Mme E..., chargée de mission auprès de la cheffe du bureau de l’éloignement de la préfecture, à l’effet de signer, notamment, les décisions relatives à l’éloignement des étrangers, en cas d’absence ou d’empêchement de Mme B... D.... Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’arrêté attaqué, doit être écarté comme manifestement infondé.
En deuxième lieu, l’arrêté vise les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, notamment celles de l’article L.311-1 et L.611-1. La décision portant obligation de quitter le territoire français précise que M. C..., de nationalité géorgienne, présente un passeport dépourvu de tampon d’entrée sur le territoire français et que s’il n’est pas soumis à l’obligation de visa, il ne justifie pas de documents d’hébergement, d’assurance maladie, et de garanties de rapatriement tels que prévus au 2° de l’article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L’arrêté cite les 1° et 2° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l’intéressé ne justifie pas être entré régulièrement en France et se maintient en situation irrégulière sur le territoire. L’arrêté attaque vise, par ailleurs, les dispositions des articles L.612-2 et L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et mentionne, au surplus, que l’intéressé n’a entamé aucune démarche afin de faire régulariser sa situation administrative. En outre, l’arrêté vise les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne que M. C... sera éloigné à destination de son pays d’origine ou tout pays pour lequel il établit être légalement admissible. Enfin, la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime lui a fait interdiction de retour sur le territoire français vise les dispositions de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et précise que M. C... est arrivé récemment, qu’il ne démontre pas être dépourvu d’attaches dans son pays d’origine où réside l’intégralité de sa famille et, au surplus, qu’il ni justifie d’aucune insertion professionnelle ni de circonstances humanitaires justifiant qu’une telle mesure ne soit pas prononcée. Par suite, les décisions attaquées mentionnent les considérations de droit et de fait dont elles font application. Le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté comme manifestement infondé.
En dernier lieu, si le requérant soutient que l’arrêté attaqué est entaché d’erreur manifeste d’appréciation, ce moyen n’est manifestement assorti d’aucune précision permettant d’en apprécier le bien-fondé, alors que le requérant, qui n’a pas communiqué au tribunal son adresse ou un moyen de le contacter après sa libération du centre de rétention administrative, n’a pas mis la juridiction en mesure de le convoquer utilement à une audience ni de lui faire parvenir une ordonnance de clôture de l’instruction.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C... ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés, et un moyen de légalité interne qui n’est manifestement pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. Par suite, cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M A... C... et au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 13 janvier 2026.
La présidente de la 2ème chambre,
Signé
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.