mercredi 6 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | DERBALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, et des mémoires en production de pièces enregistrés le 21 octobre 2024, M. C B, représenté par Me Derbali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant un an ;
2°) d'annuler la décision du 7 octobre 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et de lui délivrer le temps de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou à titre subsidiaire sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
o L'obligation de quitter le territoire français :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- a été prise sans examen de sa situation personnelle ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
o La décision fixant le pays de destination :
- doit être annulée en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
o L'interdiction de retour sur le territoire français pendant une année :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires ;
- la durée de l'interdiction est disproportionnée.
o L'assignation à résidence :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme A comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 4 novembre 2024, en présence de Mme Lenfant, greffière d'audience, Mme A a présenté son rapport et entendu les observations orales de Me Derbali, représentant le requérant, ce dernier n'étant pas présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans ses écritures, et précise que contrairement à ce qui est indiqué dans la requête, il n'a pas de compagne ; sa mère est présente en France et titulaire d'une carte de résident ; il est bien intégré en France où il réside depuis 2011 ; il n'a jamais présenté de demande de titre de séjour car il a été mal accompagné par les associations auxquelles il s'est adressé.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant marocain né le 3 février 1984, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 2011. Le 7 octobre 2024, il a été contrôlé par les services de police et placé en retenue administrative. Par un arrêté du 7 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français en vertu des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une année. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence en vertu des dispositions du 1° de l'article L. 761-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait qui ont conduit le préfet de la Seine-Maritime à adopter une obligation de quitter le territoire français à l'encontre du requérant. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit donc être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation du requérant n'aurait pas été suffisamment examinée. Le moyen doit donc être écarté comme manquant en fait.
5. En dernier lieu, si le requérant soutient résider en France depuis 2011, il ne le démontre pas par les pièces qu'il produit, dont l'une seulement concerne l'année 2015, les autres étant relatives aux années 2022 à 2024. S'il invoque la présence en France de sa mère, il ne l'établit pas, et ne démontre pas davantage être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine qu'il déclare avoir quitté en 2011, soit à l'âge de 27 ans. Le requérant n'établit ni n'allègue exercer ou avoir exercé une activité professionnelle en France. Si les attestations versées aux débats tendent à démontrer que le requérant a créé des liens amicaux sur le territoire français et ses actions bénévoles, ces circonstances ne suffisent pas à caractériser une insertion sociale telle qu'une atteinte disproportionnée serait portée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle du requérant doit également être écarté, pour les mêmes motifs.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
6. Il résulte de ce qui a été précédemment que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français :
7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ".
8. En premier lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 5 que le requérant ne démontre pas l'existence de circonstances humanitaires propres à faire obstacle à l'adoption à son encontre d'une interdiction de retour sur le territoire français.
9. En second lieu, ainsi qu'il a été dit, si le requérant soutient résider en France depuis plus de dix années, il ne l'établit pas. Les liens qu'il justifie avoir créés en France, et les circonstances qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, et qu'il ne représente pas un danger pour l'ordre public ne suffisent pas à faire regarder la durée d'une année comme disproportionnée.
Sur la légalité de l'assignation à résidence :
10. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait qui ont conduit à son adoption. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit donc être écarté comme manquant en fait.
11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision portant assignation à résidence est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
13. Le requérant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise depuis moins de trois années, dont la légalité n'est pas remise en cause par le présent jugement. En se bornant à faire valoir que l'arrêté attaqué ne précise pas quelles sont les perspectives d'éloignement, le requérant ne conteste pas utilement la légalité de l'assignation à résidence en litige au regard des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées, ainsi que celles formulées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Derbali, et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2024.
La magistrate désignée,La greffière,
C. AA. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026