vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404213 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 et 21 octobre 2024, M. C B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans ;
2°) d'enjoindre à la préfecture de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que :
La décision portant refus de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise en violation de son droit d'être entendu ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant fixation du pays de renvoi :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Thielleux comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thielleux, magistrate désignée ;
- les observations de Me Zago, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe ;
- et les observations de M. B, qui répond aux questions posées par le tribunal ; il indique qu'après sa séparation avec son ex-compagne et avant son incarcération, il voyait ses enfants hors la présence de son ex-compagne ; il ajoute avoir versé de l'argent à l'intéressée pour contribuer aux besoins de ses enfants, puis leur avoir acheté de lui-même, lorsqu'il les voyait, des affaires pour subvenir à leurs besoins ;
- le préfet de la Loire-Atlantique n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant algérien né le 25 février 2000, serait entré en France en 2016 d'après ses déclarations. L'intéressé a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance jusqu'au 7 février 2019. Le 11 juin 2021, il a sollicité son admission au séjour en qualité de parent d'enfant français. A compter du 13 juillet 2023, M. B a été incarcéré au centre pénitentiaire de Nantes en application du jugement du 29 juin 2022 du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc par lequel il a été condamné à une peine de douze mois d'emprisonnement, dont quatre mois avec sursis probatoire de deux ans, pour des faits de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, usage illicite de stupéfiants, violence par une personne en état d'ivresse manifeste suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Par un jugement du 23 août 2023 du tribunal correctionnel de Nantes, M. B a été condamné à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois, dont huit mois avec sursis probatoire de deux ans, à l'interdiction de relation avec la victime et de paraître au domicile de la victime, ainsi qu'au retrait de l'autorité parentale, pour des faits d'usage illicite de stupéfiants, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, en présence d'un mineur, par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, violence sur un fonctionnaire de la police nationale sans incapacité, et port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D. Par un arrêté du 10 octobre 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 4 septembre 2024, publié le 10 du même mois au recueil n° 140 des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à M. Pierre-Emmanuel Portheret, secrétaire général, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait par ailleurs pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle de M. B, mentionne, avec une précision suffisante, les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement pour mettre utilement l'intéressé en mesure de discuter les motifs de cet arrêté et le juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
Sur la décision portant refus de séjour :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. En l'espèce, le requérant se prévaut de ce qu'il réside sur le territoire français depuis 2016, soit depuis près de huit années, ainsi que de la présence en France de ses deux enfants mineurs, nés en 2019 et 2023, de nationalité française, et de l'une de ses tantes, qui l'hébergerait. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B était scolarisé au titre de l'année 2016/2017 au lycée Saint Augustin à Annaba, en Algérie, et que son passeport alors valable comporte un visa Schengen de court séjour valable du 23 mars 2017 au 22 mars 2018. Le requérant n'établit ainsi pas résider en France de manière continue depuis 2016. De plus, il est constant M. B n'exerce plus l'autorité parentale sur ses enfants, en application d'un jugement du 23 août 2023 du tribunal correctionnel de Nantes portant notamment retrait de l'autorité parentale. En l'état de l'instruction, le dossier ne comporte aucune pièce permettant d'établir que l'intéressé contribuerait à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, le requérant n'établissant par ailleurs la réalité que d'un seul des deux liens de filiation dont il se prévaut. Le préfet fait valoir sans être contesté que l'intéressé n'a reçu aucune visite durant son incarcération, qui a débuté le 13 juin 2023, soit plus d'un an avant la décision en litige. De plus, il n'est pas établi que M. B serait hébergé par l'une de ses tantes, non plus que l'intensité et la stabilité de la relation qu'il entretiendrait avec elle. Il n'est pas démontré que M. B, célibataire, serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu à tout le moins jusqu'à l'âge de 16 ans et où résident, d'après ses déclarations, ses parents ainsi que " toute [sa] famille ". Par ailleurs, le requérant, dont il est constant qu'il a obtenu le 4 novembre 2016 un certificat d'aptitude en " menuiserie aluminium " dans son pays d'origine, ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle d'une particulière intensité et stabilité sur le territoire français. Dans ces conditions, notamment au regard des conditions de son séjour en France, et en l'état du dossier, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et n'a, dès lors, pas " méconnu sa situation personnelle " et n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, d'une part, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
7. D'autre part, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français, le délai qui lui est laissé pour y procéder et la décision fixant le pays de destination qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une demande de titre de séjour le 11 juin 2021. Convoqué le 27 juin 2023 en préfecture dans le cadre de l'instruction de sa demande, il est constant que l'intéressé ne s'est pas présenté à ce rendez-vous. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les éléments dont il se prévaut, s'ils avaient été portés à la connaissance de l'administration, auraient pu aboutir à une décision différente. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
9. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision contestée méconnaîtrait la situation personnelle de M. B, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doivent, en l'état du dossier, être écartés.
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
12. En l'espèce, le requérant ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Le préfet était fondé, pour ce seul motif, à refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire. Dès lors, la situation de M. B entre à tout le moins dans le champ d'application des dispositions précitées du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent, ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent, dès lors, être écartés.
13. En dernier lieu, au vu de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait la situation personnelle de M. B doit, en l'état du dossier, être écarté.
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
14. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
15. En second lieu, au vu de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision contestée méconnaîtrait la situation personnelle de M. B, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation, doivent, en l'état du dossier, être écartés.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par exception d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit être écarté.
17. En second lieu, Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Et aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
18. D'une part, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme inopérant.
19. D'autre part, M. B doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation. Toutefois, le requérant n'établit pas, en l'état du dossier, disposer d'attaches familiales intenses et stables sur le territoire français, ainsi que cela a été rappelé au point 5 du présent jugement. Il n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et sa présence sur le territoire représente, au vu des sept condamnations pénales dont il a fait l'objet entre le mois d'avril 2021 et le mois d'août 2023, une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et en l'état du dossier, le préfet n'a commis ni erreur de droit au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni erreur d'appréciation en fixant à quatre ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire en litige. Ces moyens, ainsi que celui tiré de la méconnaissance de sa situation personnelle, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent dès lors, et en l'état du dossier, être écartés.
20. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état du dossier, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 octobre 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé :
D. Thielleux
La greffière,
Signé :
P. HisLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026