mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404225 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2024, M. C B, représenté par Me Siffert, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 30 août 2024 du directeur du centre hospitalier intercommunal du Pays des Hautes Falaises portant prolongation de suspension de ses fonctions et réduction de 50 % de ses émoluments, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal du Pays des Hautes Falaises la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 septembre 2024 sous le n°2403941 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 5 février 2022 fixant le montant et les modalités de versement de la part variable des praticiens recrutés par les établissements publics de santé en application du 2° de l'article R. 6152-338 du code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire et sans audience, une requête notamment lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. M. B a été recruté, sur le fondement du 2° de l'article R 6152-338 du code de la santé publique, par le centre hospitalier (CH) des Hautes Falaises comme praticien contractuel à temps plein, au sein du service gynécologie-obstétrique, par un contrat conclu pour la période du 1er décembre 2023 au 31 décembre 2024. Il devait percevoir, après service fait, des émoluments mensuels et une part variable versée mensuellement " dans les conditions définies par l'arrêté du 5 février 2022 en application du 2° de l'article R 6152-338 du code de la santé publique ". Par décision du 11 avril 2024, le directeur du centre hospitalier a suspendu M. B de ses fonctions à titre provisoire et conservatoire et prévu que le praticien conservait la totalité de ses émoluments. Par décision du 9 août 2024, la même autorité a prolongé la suspension jusqu'au 8 décembre 2024 et prévu que l'intéressé conservait la totalité de ses émoluments. Toutefois, par décision du 30 août 2024, dont la suspension de l'exécution est demandée, le directeur du centre hospitalier a prolongé la suspension du 9 août 2024 au 31 décembre 2024 inclus et prévu que le praticien conserverait 50 % de ses émoluments.
3. Pour soutenir que la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, M. B, dont le bulletin de salaire pour le mois de septembre 2024 fait apparaître le versement d'une somme de moins de 1 000 euros, soutient que la décision en litige a pour effet de diviser sa rémunération par 12 si l'on compare les rémunérations nettes d'avril et de septembre 2024 ou par 4 si l'on compare les rémunérations brutes imposables des mêmes périodes, ce qui porte atteinte aux conditions de vie normale de lui-même et de sa famille. Toutefois, en premier lieu, il résulte de la lecture du bulletin de salaire de septembre 2024 que le montant qui y figure s'explique par la régularisation du trop versé du mois précédent, de sorte que ce montant n'est pas représentatif, ce que le requérant admet d'ailleurs en proposant une comparaison des montants bruts imposable. En deuxième lieu, alors que le versement de la part variable est normalement lié à la réalisation d'engagements particuliers et d'objectifs prévus au contrat, ainsi que le prévoit l'arrêté du 5 février 2022 précité, il ne résulte pas de l'instruction que M. B, placé sous contrôle judiciaire et interdit d'exercer la médecine, pourrait prétendre à percevoir la part variable de ses émoluments même en l'absence de décision de suspension. Enfin, il n'apparaît pas que la rémunération à laquelle peut encore prétendre le requérant, hors régularisation d'un trop perçu, serait insuffisante pour lui permettre, notamment, de s'acquitter de la pension alimentaire mise à sa charge par le jugement de divorce du 8 décembre 2023, seule pièce permettant de justifier de ses charges, alors, au surplus, que les relations contractuelles entre l'hôpital des Hautes Falaises et le requérant doivent, en principe, prendre fin dans un peu plus de deux mois à la date à laquelle la juge des référés statue. Par suite, en l'état de l'instruction et compte tenu des justifications fournies, il n'apparaît pas que la décision contestée porterait, de manière suffisamment grave et immédiate, une atteinte à la situation du requérant de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Copie en sera adressée au centre hospitalier intercommunal du Pays des Hautes Falaises.
Fait à Rouen, le 22 octobre 2024.
La juge des référés,
A. A
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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