mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | NJEM EYOUM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Njem Eyoum, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention " étudiant " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
* les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- sont insuffisamment motivées ;
- ont été prises en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- sont entachées d'une erreur matérielle de fait ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaissent l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaissent l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
* la décision portant sur un délai de départ volontaire de trente jours :
- méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit.
* la décision fixant le pays de renvoi :
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du 3 décembre 2024 fixant la clôture de l'instruction au 23 décembre 2024 à 12 h ;
- la décision du 26 septembre 2024 par laquelle M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Minne, président de chambre,
- et les observations de Me Njem Eyoum, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, est entré sur le territoire français le 6 septembre 2020 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 29 août 2021 ensuite renouvelé. Le 27 novembre 2023, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté du 5 juin 2024 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'y faire droit, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. L'arrêté préfectoral attaqué cite, notamment, les dispositions des articles L. 422-1, L. 611-1, L. 613-1 et L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application à M. B. Il mentionne également les considérations de fait, propres à ce dernier, qui constituent le fondement des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de ces décisions doivent être écartés.
Sur le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'étranger, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement, assortie d'un délai de départ volontaire et d'une décision fixant le pays de destination. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, et, le cas échéant, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. En l'espèce, il appartenait à l'intéressé de fournir spontanément à l'administration tout élément utile relatif à sa situation. Il n'établit pas avoir présenté ces éléments. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le motif de l'arrêté attaqué qui énonce que " sans aucun lien avec la licence Physique-Mécanique, Physique-Chimie, l'intéressé s'est inscrit en formation numérique " ne fait pas état de faits que l'autorité préfectorale tiendrait pour matériellement établis mais relèvent de l'appréciation portée sur la situation de l'intéressé et notamment, sur l'évolution de son parcours d'étude. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. " La délivrance d'une carte de séjour en qualité d'étudiant est subordonnée, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études poursuivies.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B était inscrit pour l'année 2020/2021 en 2ème année de licence physique-mécanique/physique-chimie, qu'il a redoublé deux fois avant de souscrire un contrat de formation professionnelle en qualité de " talent " avec la société Zone 01 Rouen en vue d'acquérir les connaissances nécessaires pour exercer, notamment, les fonctions de " développeur/codeur full stack junior " en mettant tout particulièrement en valeur l'intelligence collective au titre de la période de mai 2023 à mai 2025. Il n'est pas contesté que cette formation n'est sanctionnée par la délivrance d'aucun diplôme. Il en résulte que l'intéressé, qui n'a, en quatre ans d'études, validé aucun diplôme, n'établit pas le sérieux de ses études, pas plus qu'il n'apporte d'explications suffisamment crédibles quant à la cohérence, avec ses études, de sa réorientation dans une filière non diplômante. Par suite, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ayant estimé que le requérant ne remplissait pas les conditions pour obtenir le dernier renouvellement de son titre de séjour.
7. En dernier lieu, M. B, entré en France en septembre 2020 à la seule fin d'y poursuivre ses études, ne fait état d'aucune insertion sociale particulière en France ni d'aucune perspective sérieuse d'insertion professionnelle à la date de l'arrêté en litige. Il n'établit pas être dépourvu d'attache dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. En ayant refusé à l'intéressé la délivrance d'un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, eu égard aux buts poursuivis, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. "
9. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait fait état devant le préfet de la Seine-Maritime, lors du dépôt de sa demande de délivrance de titre de séjour, ou, à tout le moins, avant l'édiction de l'arrêté litigieux, de circonstances particulières propres à justifier qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Il ne justifie d'aucune circonstance permettant de caractériser l'existence d'une application erronée de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni celle d'une erreur de droit. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ce texte etde l'erreur de droit doivent être écartés.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
10. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3.
11. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. En dernier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés ainsi qu'il est dit ci-avant. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. B pourra être éloigné doit être écartée.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler sa carte de séjour " étudiant ", l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Marianne Njem Eyoum et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
Mme Ameline, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le président-rapporteur,
P. MINNE
L'assesseure la plus ancienne,
H. JEANMOUGINLe greffier,
H. TOSTIVINT
N°2404279
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026