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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2404541

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2404541

mardi 29 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2404541
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantYOUSFI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme A, ressortissante congolaise, qui contestait l'arrêté du 13 novembre 2024 du préfet du Nord l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée, que l'auteur de l'acte disposait d'une délégation de signature valable et que le droit d'être entendu de la requérante avait été respecté lors de son audition par les services de police. La solution s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 611-1 et L. 621-1.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 et 14 novembre 2024, et le 29 mars 2025, Mme D A, représentée par Me Yousfi, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le préfet du Nord, l'a obligée à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de supprimer son signalement aux fins de non admission dans l'espace Schengen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Elle soutient que :

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise en violation de son droit d'être entendu ;

- méconnaît les dispositions des articles L. 621-1 et L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'elle a sollicité sa réadmission en Belgique ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant fixation du pays de destination :

- est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai dont elle fait l'objet ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet du Nord a produit des pièces les 14 et 15 novembre 2024.

La clôture de l'instruction a été reportée au 2 avril 2025 à 16h00.

Le préfet du Nord a produit un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2025 à 00h13.

Par une ordonnance du 17 novembre 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné la remise en liberté de Mme A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Galle.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante congolaise née le 8 avril 1965, demande l'annulation de l'arrêté en date du 13 novembre 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, par un arrêté du 24 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs le même jour, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière de la préfecture du Nord, à l'effet de signer notamment les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment son article L. 611-1, 1° et indique que Mme A ne peut justifier de son entrée régulière en France et n'a pas sollicité de titre de séjour. Il comporte des éléments précis relatifs à la situation personnelle et familiale de l'intéressée, ainsi que sur sa situation administrative. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A a été entendue par les services de police lors d'une audition le 12 novembre 2024 et a été invitée à présenter ses observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7 () ". Aux termes de l'article L. 621-2 du code précité : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet Etat, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet Etat, en vigueur au 13 janvier 2009 ".

7. Il ressort de ces dispositions que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 621-1 ou des deuxième à quatrième alinéas de l'article L. 621-2, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'Etat membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un État membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne " délivrée par un tel Etat, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet Etat ou de le réadmettre dans cet Etat.

8. En l'espèce, si Mme A a exprimé, lors de son audition par les services de police le 12 novembre 2024, son souhait de retourner en Belgique, où elle affirme avoir un appartement, il ressort des termes de la décision attaquée, que le préfet du Nord a saisi les autorités belges, qui lui ont indiqué que la requérante ne dispose pas de titre de séjour valide, son dernier titre de séjour lui ayant été retiré en 2013. La circonstance que Mme A a présenté une nouvelle demande de titre de séjour en Belgique datée du 7 novembre 2024, et reçue le 13 novembre 2024, ne suffit pas à démontrer que Mme A était admise à séjourner en Belgique et qu'elle entrait dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, le préfet du Nord n'a pas méconnu les dispositions précitées en obligeant Mme A à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après avoir vérifié la possibilité de prononcer sa réadmission pour la Belgique. Ainsi, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 621-1 et L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés. En outre, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet du Nord a fait un examen approfondi de la situation de Mme A après ses déclarations relatives à son souhait d'être renvoyée en Belgique, en saisissant le centre de coopération policière franco-belge de Tournai, qui l'a informé que l'intéressée n'était pas en situation régulière en Belgique, son titre de séjour lui ayant été retiré en 2013. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation doit être écarté.

9. En dernier lieu, si Mme A soutient qu'elle a des problèmes de santé, elle ne fournit aucune pièce de nature à corroborer cette allégation, de sorte que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.

10. Les conclusions dirigées contre la décision d'obligation de quitter le territoire français doivent donc être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :

11. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, et alors que l'arrêté contesté ne comprend au demeurant pas de décision portant refus de séjour, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par exception d'illégalité de la " décision portant refus de séjour " et de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

13. Mme A ne produit pas d'éléments de nature à établir la réalité qu'elle encourt un risque pour sa vie ou des menaces en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

14. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 7 et 8, les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

15. Les conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

16. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :() 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : ()1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

17. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition, que Mme A, interpellée à bord d'un train à proximité de Lille le 12 novembre 2024, a soutenu qu'elle arrivait de Belgique, où elle réside habituellement avec ses enfants, pour rendre visite à sa sœur hospitalisée à Amiens, et qu'elle entendait retourner en Belgique juste après sa visite. Elle a précisé son adresse en Belgique, et elle fournit à l'appui de sa requête la preuve de virements bancaires pour le règlement des loyers. Elle était en possession de son passeport lorsqu'elle a été interpellée. Elle a en outre précisé qu'elle venait de déposer une demande de régularisation de sa situation administrative en Belgique, où elle avait déjà séjourné légalement par le passé. Dans ces conditions, la requérante doit être regardée comme justifiant de circonstances particulières justifiant que lui soit octroyé un délai de départ volontaire, alors même qu'elle entrait dans le cas visé au 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

18. Par suite, le préfet du Nord ne pouvait légalement prendre une décision de refus de délai de départ volontaire en application de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision, l'annulation de la décision de refus de délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () "

21. La décision de refus de délai de départ volontaire étant annulée, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de Mme A sur le fondement des dispositions précitées est privée de base légale. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est fondée sur une décision de refus de délai départ volontaire elle-même illégale et doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigée contre cette décision.

22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 novembre 2024 du préfet du Nord en tant seulement qu'il porte refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. Aux termes de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ".

24. L'exécution du présent jugement implique seulement, en application des dispositions précitées, la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, dans les conditions prévues à l'article 7 du décret du 28 mai 2010 susvisé, en tant qu'il découle de l'interdiction de retour et dans la mesure de l'annulation prononcée. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet compétent de procéder à cette suppression dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

25. Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire par le présent jugement. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Yousfi, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Yousfi de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme A.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les décisions du 13 novembre 2024 du préfet du Nord portant refus de délai volontaire et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au préfet compétent de procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dont fait l'objet Mme A dans les conditions fixées au point 24 dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Yousfi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Yousfi, avocat de Mme A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à Mme A.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Youfsi et au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience du 3 avril 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Galle, présidente,

- M. Bellec, premier conseiller,

- Mme Esnol, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2025.

La présidente-rapporteure,

signé

C. GALLE

L'assesseur le plus ancien,

signé

C. BELLECLa greffière,

signé

A. HUSSEIN

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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