vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404612 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Leprince, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé de son transfert aux autorités allemandes, considérées comme responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une attestation temporaire de demande d'asile en procédure normale et d'enregistrer sa demande d'asile dans le délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation au versement de l'aide juridictionnelle.
M. A soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- elle méconnaît l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 dès lors qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel a été réalisé par une personne qualifiée en vertu du droit national, qui ne peut être identifiée par la seule mention de ses initiales ;
- il appartient à l'administration d'apporter la preuve de la saisine des autorités allemandes et de leur accord à la reprise en charge ;
- la décision attaquée méconnait l'article 18 du règlement (UE) n°604/2013 ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation, méconnait l'article 17.1 du règlement (UE) n° 604/2013, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Leprince, représentant M. A,
- les observations de M. A, assisté de Mme B, interprète en langue russe.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1.M. C A, ressortissant russe né le 16 avril 1999, est entré en France irrégulièrement le 25 juillet 2022 et a déposé une demande d'asile en 2022 qui a été définitivement rejetée en 2024. Le 11 octobre 2024, il s'est présenté en préfecture de la Seine-Maritime pour solliciter un réexamen de sa demande d'asile. Les recherches entreprises par l'administration ont toutefois permis de relever qu'il avait précédemment déposé, en août 2024, une demande d'asile auprès des autorités allemandes, qui ont explicitement accepté, le 21 octobre 2024, la requête des autorités françaises aux fins de reprise en charge. Le 12 novembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a adopté un arrêté de transfert de M. A vers l'Allemagne. Par la présente instance, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, vise les dispositions dont il est fait application et relève que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être muni des documents et visa exigés par les textes, qu'il s'est présenté le 11 octobre 2024 en préfecture pour solliciter l'asile, qu'il avait précédemment déposé une demande d'asile auprès des autorités allemandes et que les autorités allemandes ont accepté la requête des autorités françaises aux fins de reprise en charge sur le fondement de l'article 18-1 b du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Il fait en outre état de la situation personnelle et familiale de M. A en France et indique qu'il n'est exposé à aucun risque en cas de retour en Allemagne. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application des dispositions du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de le remettre aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits et les modalités d'application du règlement, par écrit et dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Cette information doit comporter l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de ce même article 4 et constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est vu remettre, le 11 octobre 2024, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et la brochure B " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce-que cela signifie ' ". Ces documents, traduits en russe, langue que l'intéressé a déclaré comprendre, comportent toutes les informations prévues par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. [] 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'Etat membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. () ". Il résulte de ces dispositions que l'entretien individuel qu'elles prévoient n'a pour objet que de permettre de déterminer l'Etat responsable d'une demande d'asile et de veiller, dans l'hypothèse où les dispositions de l'article 4 du même règlement trouvent à s'appliquer, à ce que les informations prévues par cet article ont été comprises par l'intéressé. En outre, s'il ne résulte ni de ces dispositions ni d'aucun principe que devrait figurer sur le compte-rendu de l'entretien individuel la mention de l'identité de l'agent qui a mené l'entretien, il appartient à l'autorité administrative, en cas de contestation sur ce point, d'établir par tous moyens que l'entretien a bien, en application des dispositions précitées, été " mené par une personne qualifiée en vertu du droit national ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'entretien individuel a été conduit le 11 octobre 2024 avec l'aide d'une interprète en langue russe, langue que le requérant a déclaré comprendre. Cet entretien a été conduit par un agent de la préfecture de la Seine-Maritime ; le résumé de l'entretien comporte les initiales de l'agent l'ayant assuré et est revêtu d'un cachet numéroté de la direction des migrations de cette même préfecture. L'intéressé ne fait état d'aucune circonstance pouvant faire présumer que cet entretien, pourtant réalisé en préfecture, ne l'a pas été par un agent qualifié de celle-ci, affecté à la direction précitée, ou qu'il ne s'est pas déroulé dans des conditions en garantissant dûment la confidentialité. Enfin, l'entretien a donné lieu à l'établissement d'un résumé contenant les principales informations fournies par le requérant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que les autorités allemandes, saisie par la France, le 16 octobre 2024, d'une requête aux fins de reprise en charge sur le fondement de l'article 18-1 b du règlement (UE) n° 204/2013 du 26 juin 2013, ont explicitement accepté cette requête le 21 octobre 2024. Par suite le moyen tiré de l'absence de saisine et d'acceptation des autorités allemandes doit être écarté.
8. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article 18 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. L'État membre responsable en vertu du présent règlement est tenu de : () b) reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le demandeur dont la demande est en cours d'examen et qui a présenté une demande auprès d'un autre État membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d'un autre État membre ". D'autre part, aux termes de l'article 21 du même règlement: " L'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de l'examen de cette demande peut, dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois à compter de la date de l'introduction de la demande au sens de l'article 20, paragraphe 2, requérir cet autre État membre aux fins de prise en charge du demandeur. / Nonobstant le premier alinéa, en cas de résultat positif ("hit") Eurodac avec des données enregistrées en vertu de l'article 14 du règlement (UE) no 603/2013, la requête est envoyée dans un délai de deux mois à compter de la réception de ce résultat positif en vertu de l'article 15, paragraphe 2, dudit règlement. / Si la requête aux fins de prise en charge d'un demandeur n'est pas formulée dans les délais fixés par le premier et le deuxième alinéas, la responsabilité de l'examen de la demande de protection internationale incombe à l'État membre auprès duquel la demande a été introduite. ".
9. M. A soutient que le préfet de la Seine-Maritime aurait méconnu les dispositions de l'article 18 du règlement du 26 juin 2013 précité. En l'espèces, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que, le 5 août 2022, M. A a déposé une demande de protection internationale en France, puis qu'il a déposé le 9 août 2024 une semblable demande en Allemagne et que, ce même jour, l'Allemagne a reçu le résultat positif Eurodac daté du 5 août 2022. Toutefois, la demande de reprise en charge de l'Allemagne à la France n'a été envoyée qu'a la date du 10 octobre 2024, soit plus de deux mois après réception du résultat positif Eurodac. Ainsi, les autorités françaises ont refusé, à bon droit, contrairement à ce qui a été soutenu lors de l'audience, le 11 octobre 2024, la reprise en charge au motif que la demande était tardive. Il ressort également des pièces du dossier que les autorités allemandes, l'Allemagne étant devenue l'Etat responsable, saisies par la France, le 16 octobre 2024, d'une requête aux fins de reprise en charge sur le fondement de l'article 18-1 b du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ont explicitement accepté cette requête le 21 octobre 2024. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 18 du règlement (UE) n° 204/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 doit être écarté.
10. En sixième lieu, d'une part, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Il résulte des dispositions précitées que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
11. D'autre part, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
12. En l'espèce, le requérant fait valoir que l'examen de sa demande d'asile doit être pris en charge en France eu égard à sa situation personnelle. A l'appui de ce moyen, il se borne à soutenir, sans l'établir, qu'il a été contraint de déposer une demande d'asile en Allemagne. Par ailleurs, s'il soutient qu'il a fui son pays d'origine en raison des persécutions subies, la décision de transfert attaquée n'a ni pour objet ni pour effet d'éloigner le requérant vers la Russie mais seulement de prononcer son transfert aux autorités allemandes. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé ne serait pas en mesure de faire valoir devant ces mêmes autorités tout élément nouveau relatif aux risques auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine et résultant de l'évolution de sa situation personnelle ou de la situation qui prévaut actuellement dans son pays d'origine. La circonstance que M. A ait déposé en 2022 une demande d'asile en France, d'ailleurs définitivement rejetée, ne lui donne pas droit à voir sa demande d'asile examinée par la France en application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Enfin, l'intéressé se prévaut de la présence de l'intégralité de sa famille proche sur le territoire français, notamment de sa mère et de ses trois soeurs. Il ressort des pièces du dossier que, depuis le 10 septembre 2024, le requérant serait hébergé par sa sœur, Mme E, titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 19 février 2025. Toutefois, outre que cette dernière ne peut être regardée comme un " membre de famille " au sens de l'article 2 (g) du règlement (UE) n° 604/2013, qui réserve cette qualité au conjoint et aux enfants mineurs de l'intéressé, M. A, présent en France depuis 2022 alors que sa sœur y vit depuis 2012, ne justifie pas de l'intensité des liens avec celle-ci par la simple production d'une attestation de l'intéressée. Par ailleurs, M. A ne produit aucune pièce permettant d'apprécier l'existence des liens qu'il entretiendrait avec ses deux autres sœurs, mineures, ni avec sa mère, et, surtout, le préfet soutient, sans que les attestations anciennes de demande d'asile versées aux débats n'apportent la preuve contraire et notamment la preuve d'une demande de réexamen en cours, qu'elle n'a plus de droit au séjour en France après le rejet définitif de sa demande d'asile. Enfin, la seule allégation, non établie, que M. A aurait reçu une convocation pour partir au front en Ukraine ne permet pas de démontrer une situation particulière de nature à faire obstacle à l'examen de sa demande d'asile par l'Allemagne et à justifier l'application des dispositions de l'article 17 précité. Eu égard à tout ce qui précède, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, ni méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales, ni commis une erreur manifeste d'appréciation quant à la situation de l'intéressé. Dès lors, les moyens soulevés en ce sens doivent être écartés.
13. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision comporte les éléments pertinents de la situation de l'intéressé devant être pris en considération dans le cadre de l'adoption d'une mesure de transfert et qui ont été portées à la connaissance de l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation du requérant doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2024 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que de celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. C A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Solenn Leprince et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024
La magistrate désignée,
Signé :
A. D
La greffière,
Signé :
S. LECONTE
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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