vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2024, Mme D A B, représentée par Me Mukendi Ndonki, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assignée à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser, à titre principal, à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, à titre subsidiaire à lui-même en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée:
- est insuffisamment motivée quant au choix des modalités d'assignation à résidence et quant à sa durée ;
- est insuffisamment motivée quant à la mesure elle-même ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier;
- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qui la fonde ;
- est illégale car son éloignement ne peut être regardé comme une perspective raisonnable ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2024 , le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 4 décembre 2024 à 9 heures 30, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Mukendi Ndonki, pour Mme A B ;
- les observations E A B qui s'exprime en français.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A B, ressortissante algérienne née en 1980, entrée régulièrement en France le 2 juin 2018, a fait l'objet, par arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 25 janvier 2024, de décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sous trente jours et fixation de son pays de destination. Par l'arrêté présentement critiqué du 5 novembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a assigné l'intéressée à résidence pour une durée de quarante cinq jours renouvelable deux fois.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2.Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; " et aux termes de l'article L 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ".
4. En premier lieu, la décision en litige, qui cite les articles visés au point 3, énonce que Mme A B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement exécutoire, qu'elle ne présente pas de document de voyage en cours de validité et ne peut donc immédiatement quitter le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable car l'obligation de quitter le territoire peut être exécutée dans un délai convenable notamment en cas d'obtention d'un laissez passer consulaire, qu'il est nécessaire de l'assigner à résidence afin d'effectuer les diligences consulaires et d'organiser matériellement son départ et, enfin, qu'il est nécessaire que l'intéressée se présente deux fois par semaine auprès des services de police pour vérifier qu'elle se conforme à l'assignation à résidence est suffisamment motivée en fait et en droit tant sur le choix de recourir à une assignation à résidence que sur la définition de ses modalités et de sa durée.
5. En deuxième lieu, il résulte de la motivation de l'arrêté en litige que celui-ci a été pris après un examen particulier de la situation de l'intéressée, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'ait pas mentionné que Mme A B avait introduit une requête contre l'arrêté du 25 janvier 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. La circonstance qu'un délai de neuf mois sépare l'édiction de l'arrêté du 25 janvier 2024 et celle de l'arrêté en litige, au cours duquel le fils aîné E Mme A B est devenu majeur et a entrepris des démarches en vue d'obtenir un titre de séjour, ne remet pas en cause l'analyse qui précède.
6. En troisième lieu, la requête E A B contre l'arrêté du 25 janvier 2024 a été rejetée par le tribunal administratif, par décision du 26 novembre 2024. Le moyen tiré de ce que ledit arrêté ne pouvait servir de base légale à la mesure en litige doit donc être écarté.
7. En quatrième lieu, la circonstance qu'à la date du 5 novembre 2024 le tribunal n'avait pas encore statué sur la requête dirigée contre l'arrêté du 25 janvier 2024 n'avait pas pour effet de permettre de regarder l'éloignement E A B comme ne relevant pas d'une perspective raisonnable. Le moyen articulé en ce sens doit donc être écarté.
8. En dernier lieu, eu égard notamment à la portée d'une mesure d'assignation à résidence, la circonstance que l'un des fils E A B ait sollicité son admission au séjour en France et que ses deux fils suivent leurs études dans ce pays n'est pas susceptible d'entacher la mesure d'assignation d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions E A B aux fins d'annulation doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, d'une part ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte, d'autre part, les conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : Mme D A B est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B, à Me Mukendi Ndonki et au préfet de la Seine-Maritime
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé :
A. CLa greffière,
Signé :
S. LECONTE
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026