LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2404627

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2404627

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2404627
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantMACREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 16 novembre 2024, enregistrée le 16 novembre 2024, le président du tribunal administratif d'Orléans a transmis au président du tribunal administratif de Rouen la requête de M. C ; par cette requête, enregistrée le 14 novembre 2024 au greffe du Tribunal administratif d'Orléans et le 16 novembre 2024 au greffe du Tribunal administratif de Rouen, M. E C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder au réexamen de sa situation.

Il soutient que :

- La décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale car :

* Elle a été prise par une autorité incompétente ;

* Son droit d'être entendu a été méconnu ;

* Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- La décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale car :

- *elle a été prise par une autorité incompétente,

- * elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- La décision fixant le pays de destination est illégale car :

*elle a été prise par une autorité incompétente,

* elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- La décision portant interdiction de retour sur le territoire est illégale car :

* Elle a été prise par une autorité incompétente ;

* Elle est insuffisamment motivée ;

* Elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;

* Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de M. C n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 4 décembre 2024 à 9 heures 30, présenté son rapport et entendu les observations de Me Macrel, pour M. C qui n'était pas présent.

Considérant ce qui suit :

1.M. C, ressortissant égyptien, a fait l'objet, le 13 novembre 2024, d'un arrêté du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du 14 novembre 2024 le préfet de la Seine-Maritime a assigné l'intéressé à résidence. M. C demande l'annulation du premier arrêté.

Sur le moyen commun commun tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :

2. Mme D A, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture de la Seine-Maritime a reçu délégation du préfet de ce département, par arrêté du 12 juillet 2024 publié au recueil des actes administratifs du même jour, pour signer l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.

Sur les moyens spécifiques à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, il résulte des pièces du dossier que M. C a fait l'objet d'une audition, le 12 novembre 2024, par un officier de police judiciaire et qu'il a, à cette occasion, été invité à s'exprimer sur sa situation administrative, sa situation personnelle et la perspective de faire l'objet d'une mesure d'éloignement vers son pays d'origine pouvant être assortie d'une assignation à résidence et d'une interdiction de retour en France. Le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu issu des principes généraux du droit de l'Union européenne doit donc être écarté.

4. En second lieu, il résulte des pièces du dossier que M. C est entré en France en 2023 selon ses déclarations, qu'il s'y maintient en situation irrégulière qu'il est célibataire, qu'il n'a aucune famille en France, qu'il est hébergé et ne travaille que de temps en temps. En outre, il a expressément déclaré vouloir rester en France lors de son audition. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la mesure en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il souhaiterait quitter la France ne peut qu'être écarté.

Sur le moyen dirigé spécifiquement contre la décision fixant le pays de destination :

5. La décision portant obligation de quitter le territoire opposée à M. C n'étant pas illégale, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que son illégalité priverait de base légale la décision portant fixation de son pays de renvoi.

Sur les moyens dirigés spécifiquement contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

6. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire opposée à M. C n'étant pas illégale, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que son illégalité priverait de base légale la décision portant fixation de son pays de renvoi.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :

1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;

() 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet " et aux termes de l'article L 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :

1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;

() 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;

()8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il () ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".

8. Il est constant que M. C n'est pas entré régulièrement en France et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Lors de son audition, il n'a pas donné d'adresse précise ayant déclaré être hébergé par un ami et a indiqué qu'il ne souhaitait pas quitter la France. Dans ces conditions, il entrait dans les prévisions des articles cités au point 7 et le préfet pouvait légalement refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire. La double circonstance qu'il n'ait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement à l'exécution de laquelle il se serait soustrait et qu'il ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, à supposer que tel ne soit pas le cas, ne suffit pas à montrer qu'il serait prêt à quitter spontanément le territoire français. Le moyen tiré de la disproportion de la mesure, soulevé lors de l'audience, ne peut donc être accueilli.

Sur les moyens dirigés spécifiquement contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

9. Aux termes de l'article L 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public " et aux termes de l'article L 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

10. En premier lieu, la décision en litige, qui cite l'article L 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce que M. C séjourne irrégulièrement en France depuis 2023, n'a pas de famille en France mais en a en Egypte, représente une menace pour l'ordre public mais n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement est suffisamment motivée en droit et en fait.

11. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire priverait de base légale la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté eu égard à ce qui a été dit précédemment.

12. En dernier lieu, M. C, s'il soutient n'avoir jamais été condamné, ne conteste pas être connu pour des faits de port d'arme blanche sans motif légitime, de vol en réunion sans violence, de détention non autorisée de stupéfiants, d'usage de faux documents administratifs, de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Il ne saurait, dès lors, soutenir qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public. En outre, sa durée de présence sur le territoire français est faible et il n'y dispose d'aucune famille. Dans ces conditions, et même s'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement avant celle en litige, le préfet a pu, sans méconnaître les dispositions des articles L 612-6 et L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, édicter à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

13. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé :

A. BLa greffière,

Signé :

S. LECONTE

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions