mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404765 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HUON SARFATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 novembre et 11 décembre 2024, la société DGS, représentée par Me Griffiths, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Maromme de suspendre l'exécution de toute décision se rapportant à la passation du lot n°8 " Electricité Courant fort et courant faible - SSI GTB " du marché public de travaux concernant la restructuration de l'ancienne mairie et l'extension de la médiathèque Le Sequoia phase B et, si elle entend maintenir sa procédure, de reprendre cette dernière au stade de l'analyse des offres ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Maromme une somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Maromme a dénaturé son offre concernant son appréciation du premier sous-critère technique " Fiches techniques " pour lequel elle aurait dû obtenir la note maximale de 15/15 et non de 9/15 dans la mesure où elle a produit l'ensemble des fiches techniques et que la fiche technique du luminaire de la salle des mariages correspond au CCTP ;
- la commune a dénaturé son offre concernant son appréciation du deuxième sous-critère technique " Dispositif d'autocontrôle de l'entreprise en phase études et travaux " pour lequel elle aurait dû obtenir la note maximale de 10/10 et non de 6/10 dans la mesure où son offre répond aux exigences posées par le règlement de consultation ainsi que cela ressort de la pièce B.03 fournie avec son offre ;
- la commune a dénaturé son offre concernant son appréciation du troisième sous-critère technique " gestion de la garantie de parfait achèvement " pour lequel elle aurait dû obtenir la note maximale de 10/10 et non de 5/10 dans la mesure où elle a fourni toutes les explications utiles, avec la précision nécessaire, dans le cadre de ses réponses aux questions de la commune sur son offre ;
- la commune a dénaturé son offre concernant le critère " Performance en matière de gestion des déchets " en lui attribuant la note de 3,5 / 5 alors que son offre répond aux exigences du CCTP et est suffisamment précise sur ce point.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2024, la commune de Maromme, représentée par Me Sarfati de la Selarl Huon et Sarfati, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société DGS au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Maromme fait valoir qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait dénaturé l'offre de la société requérante quant aux sous-critères techniques et au critère " Performance en matière de gestion des déchets ".
La requête a été communiquée à la société Oisselec qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- la décision du président du tribunal désignant Mme Van Muylder, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon, greffier :
- le rapport de Mme Van Muylder,
- les observations de Me Roche substituant Me Griffiths pour la société DGS qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Duterde substituant Me Sarfati, pour la commune de Maromme.
La clôture de l'instruction a été reportée au 12 décembre 2024 à 16 heures.
Un mémoire a été enregistré le 12 décembre 2024, présenté pour la commune de Maromme, représentée par Me Sarfati.
Un mémoire a été enregistré le 12 décembre 2024, présenté pour la société DGS, représentée par Me Griffiths.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Maromme a lancé, le 26 août 2024, une consultation portant sur la réalisation de travaux de restructuration de l'ancienne mairie et d'extension de la médiathèque Le Sequoia phase B. Le marché a été passé en huit lots, la date limite de réception des offres étant fixée au 2 octobre 2024. La société DGS a remis une offre pour le lot n° 8 " Electricité courant fort et courant faible - SSI-GTB ". Par une lettre du 13 novembre 2024, le pouvoir adjudicateur a avisé la société DGS que son offre avait été classée troisième, et que le marché était attribué à la société Oisselec, car économiquement la plus avantageuse au regard des critères de jugement énoncés dans le règlement de consultation. La société DGS demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler les décisions rejetant son offre et attribuant le marché à la société Oisselec.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". Aux termes de l'article L. 551-2 du même code : " I. - Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations. ". L'article L. 551-10 prévoit que : " Les personnes habilitées à engager les recours prévus aux articles L. 551-1 et L. 551-5 sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat ou à entrer au capital de la société d'économie mixte à opération unique et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué, ainsi que le représentant de l'Etat dans le cas où le contrat doit être conclu par une collectivité territoriale, un groupement de collectivités territoriales ou un établissement public local. () ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la procédure :
4. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
5. Aux termes de l'article 8-2 " Attribution des marchés " du règlement de consultation du marché en litige, le critère du prix des prestations est pondéré à 60%, le critère de la valeur technique à 35% et le critère de la performance en matière de gestion des déchets à 5%. La valeur technique est composé de trois sous-critères, les " fiches techniques " pour 15%, le " dispositif d'autocontrôle de l'entreprise en phase études et travaux " pour 10% et, le " dispositif du candidat dans la gestion de la garantie de parfait achèvement " pour 10%.
6. La société DGS soutient que la commune de Maromme a dénaturé son offre en retenant une note de 9/15 au sous-critère technique 1 " Fiches techniques " dès lors qu'elle a produit l'ensemble des fiches techniques conformément au cahier des charges techniques particulières (CCTP). Toutefois, la commune fait valoir qu'elle a considéré que la fiche technique n°11 de la société requérante n'indiquait pas le modèle retenu et était incomplète, que la fiche technique n° 20 de la société DGS prévoit un matériel avec un spot encastré en finition blanc en contradiction avec le CCTP qui le prévoyait en nickel brossé et que la fiche technique GTB ne contient pas les fiches du logiciel de supervision, passerelles et routeurs, et est donc également incomplète. Ces constatations ne sont pas sérieusement contestées par la société requérante qui ne peut dès lors soutenir que son offre aurait été dénaturée sur ce point.
7. La société DGS soutient que la commune de Maromme a dénaturé son offre concernant son appréciation du deuxième sous-critère technique " Dispositif d'autocontrôle de l'entreprise en phase études et travaux " pour lequel elle aurait dû obtenir la note maximale de 10/10 et non de 6/10 dans la mesure où son offre répond aux exigences posées par le règlement de consultation ainsi que cela ressort de la pièce B.03 fournie avec son offre. Toutefois, la commune a retenu, sans dénaturer l'offre, que si le déroulement de l'opération était décrit, il n'y a pas de précisions quant aux actions mises en œuvre dans le cadre des autocontrôles.
8. La société DGS soutient que la commune de Maromme a dénaturé son offre concernant son appréciation du troisième sous-critère technique " Gestion de la garantie de parfait achèvement " pour lequel elle aurait dû obtenir la note maximale de 10/10 et non de 5/10 dans la mesure où elle a fourni toutes les explications utiles, avec la précision nécessaire, dans le cadre de ses réponses aux questions de la commune sur son offre. Toutefois, en retenant que la description contenue dans la mémoire technique de la société requérante était très générique et qu'il n'y avait pas de " process précis indiqué ", la commune n'a pas dénaturé l'offre de la société DGS.
9. La société DGS soutient que la commune de Maromme a dénaturé son offre en retenant une note de 3,5/5 au critère " Performance en matière de gestion des déchets " dès lors que son offre est suffisamment précise et complète quant aux moyens mis en œuvre pour le recyclage des produits. Toutefois, à supposer même que la société ait reçu la note maximale, elle n'aurait pas pu obtenir une note totale supérieure à la société Oisselec de 88,15/100. En l'absence de droits lésés, le moyen tiré de la dénaturation des éléments de l'offre DGS s'agissant du critère de performance en matière de gestion des déchets ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence de manquement du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence, les conclusions de la société DGS tendant à l'annulation de la procédure de passation du marché ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Maromme, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société DGS sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentée par la commune de Maromme sur le même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société DGS est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Maromme présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société DGS, à la commune de Maromme et à la société Oisselec.
Fait à Rouen, le 17 décembre 2024.
La juge des référés
Signé : C. Van Muylder
Le greffier,
Signé : J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026