vendredi 19 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | LABRUSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 novembre 2024 et 9 mai 2025, l'Association rogéroise pour une commune autonome, représentée par Me Labrusse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2024 du préfet de la Seine-Maritime portant indemnisation du commissaire enquêteur désigné pour conduire l'enquête publique relative à la demande de détachement de la commune déléguée de Bosc-Roger-sur-Buchy de la commune nouvelle de Buchy, et de la décharger de l'obligation de payer la somme qu'il met à sa charge ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été signé par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 134-18 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2025, le préfet de la Seine-Maritime, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations de M. A B, représentant le préfet de la Seine-Maritime.
L'association requérante n'était pas représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Après délibérations concordantes du 24 octobre 2016 des conseils municipaux respectifs des communes de Buchy, Estouteville-Écalles et Bosc-Roger-sur-Buchy et par un arrêté du 15 novembre 2016, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé la création de la commune nouvelle de Buchy à compter du 1er janvier 2017. Par deux courriers successifs des 9 septembre 2021 et 23 novembre 2023, au moins un tiers des électeurs inscrits sur la portion de territoire de la commune déléguée de Bosc-Roger-sur-Buchy a sollicité le préfet de la Seine-Maritime afin de prononcer son détachement de la commune nouvelle de Buchy, en application de l'article L. 2112-2 du code général des collectivités territoriales. Après avoir accusé réception de cette demande par un courrier du 28 décembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a prescrit l'organisation d'une enquête publique portant sur cette demande de détachement, qui s'est tenue du 20 avril au 18 mai 2024. Le commissaire enquêteur a rendu son rapport et ses conclusions le 5 juin 2024. Par l'arrêté attaqué du 21 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime a arrêté le montant de l'indemnisation due à ce dernier à la somme globale de 3 072,68 euros et l'a mise à la charge de l'Association rogéroise pour une commune autonome. Par courrier du 12 juillet 2024, reçu le 31 août, cette dernière a formé un recours gracieux contre cet arrêté, que le préfet a rejeté le 20 septembre 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2112-2 du code général des collectivités territoriale : " Les modifications aux limites territoriales des communes et le transfert de leurs chefs-lieux sont décidés après enquête publique, réalisée conformément au code des relations entre le public et l'administration, dans les communes intéressées sur le projet lui-même et sur ses conditions. / Le représentant de l'Etat dans le département prescrit cette enquête publique, réalisée conformément au code des relations entre le public et l'administration, lorsqu'il a été saisi d'une demande à cet effet soit par le conseil municipal de l'une des communes, soit par le tiers des électeurs inscrits de la commune ou de la portion de territoire en question. Il peut aussi l'ordonner d'office. () ".
3. Aux termes de l'article R. 134-18 du code des relations entre le public et l'administration : " Le commissaire enquêteur et les membres de la commission d'enquête ont droit à une indemnité, à la charge du maître d'ouvrage, qui comprend des vacations et le remboursement des frais qu'ils engagent pour l'accomplissement de leur mission ". Aux termes de l'article R. 134-19 dudit code : " Sous réserve des cas où une autre autorité administrative les a désignés, le préfet ayant désigné le commissaire enquêteur ou les membres de la commission d'enquête détermine le nombre de vacations qui leur sont allouées sur la base du nombre d'heures que le commissaire enquêteur ou les membres de la commission déclarent avoir consacrées à l'enquête, en tenant compte des difficultés de l'enquête ainsi que de la nature et de la qualité du travail fourni. / Il arrête, sur justificatifs, le montant des frais qui sont remboursés au commissaire enquêteur ou aux membres de la commission d'enquête. / Il fixe le montant de l'indemnité, par un arrêté qu'il notifie au commissaire enquêteur ou aux membres de la commission d'enquête et au maître d'ouvrage. () ". Aux termes de l'article R. 134-20 du même code : " Le maître d'ouvrage verse sans délai au commissaire enquêteur ou aux membres de la commission d'enquête le montant de l'indemnité arrêté conformément à l'article R. 134-19 ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'indemnité, qui comprend des vacations et le remboursement des frais qu'ils engagent pour l'accomplissement de leur mission, à laquelle ont droit le commissaire enquêteur ou les membres de la commission d'enquête, est à la charge du maître d'ouvrage. En l'absence de maître d'ouvrage au sens et pour l'application de ces dispositions, cette indemnité est à la charge de l'Etat.
5. Il résulte de l'instruction que, y fût-elle favorable ou à son initiative, l'association requérante n'est pas l'auteur, ni même la bénéficiaire, de la saisine du préfet de la Seine-Maritime ayant conduit à l'organisation de l'enquête publique prévue à l'article L. 2112-2 du code général des collectivités territoriales, portant sur la demande de détachement de la commune déléguée de Bosc-Roger-sur-Buchy de la commune nouvelle de Buchy. Elle ne saurait dès lors être regardée comme le maître d'ouvrage, au sens des dispositions précitées de l'article R. 134-18, auquel incombe la charge de l'indemnisation du commissaire enquêteur ayant conduit l'enquête publique. C'est ainsi à tort que le préfet de la Seine-Maritime a, par l'arrêté attaqué, mis à sa charge cette indemnisation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'association requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2024 du préfet de la Seine-Maritime.
Sur les conclusions à fin de décharge :
7. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent, et eu égard au principe rappelé au point 4, l'association est fondée à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 3 072,68 euros mise à sa charge par l'arrêté annulé.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'association requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 juin 2024 du préfet de la Seine-Maritime est annulé.
Article 2 : L'Association rogéroise pour une commune autonome est déchargée de l'obligation de payer la somme de 3 072,68 euros mise à sa charge.
Article 3 : L'Etat versera à l'Association rogéroise pour une commune autonome une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'Association rogéroise pour une commune autonome, au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation et à M. D C.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Favre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 septembre 2025.
Le rapporteur,
J. Cotraud
La présidente,
C. Van MuylderLe greffier,
J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026